Pas de changement sur la chaleur accablante: 35 degrés bien comme il faut toute la journée. Je cuits encore et le nouveau décompte des piqûres est peu reluisant: 18 pour les jambes, 11 pour le dos, 5 sur les bras. Je m'intoxique au Off! sans effet marqué, je ne suis qu'un super buffet pour les maringouins bretons, visiblement une proie facile et appréciée.
Mais quelle belle journée! Soleil radieux, petit prise, air chaud qui sent bon, je me suis vautrée dans le sable de la plage (2 plages plutôt qu'une!) avec la béatitude d'être à la mer. Ça ne m'arrive pas souvent, mais quand j'y suis, j'en profite. Gênée de ne m'être même pas baignée pour de vrai la dernière fois qu'on y était allés, je me suis dit "allez à l'eau!". Puis croise une méduse, et une autre, et une autre, jamais je n'ai scruté le fond marin avec autant d'attention. Vu ma grande proximité avec Murphy (tout ce qui peut arriver m'arrive...), je me disais que mes chances d'en sortir indemne était minces... Finalement je me suis trouvée un bout de mer plein d'enfant, et je me suis dit que si eux étaient épargnés par le flot de bêtes, je devrais l'être. Une fois à l'eau, j'exultais, elle était juste fraîche, pas si froide finalement, et les vagues étaient géniales. Oubliant vite, trop vite, tout pour me lancer dans les vagues, je m'en suis mangé une bonne sur la tête, perdant du coup le maillot et les lunettes. J'ai voulu prioriser le rhabillage, alors les lunettes sont parties à l'eau. Dire que c'était le premier jour que les avait! Elles étaient neuves du voyage, mais me connaissant, je les avais payé pas grand chose (ça devait arriver) et j'avais acheté un paire à 1$ comme paire de rechange...
Nous sommes allés en bateau, mais clairement les Français sont un peu coincés, sans permis de navigation, un moteur 6 chevaux c'est tout ce que tu peux avoir, et les gendarmes t'arrêtent si tu n'as pas un gilet de sauvetage... tout ça pour se balader dans un baie de 3 m de fond! On avançait à pas de tortue, mais ça ne me dérangeait pas, je me suis roulée en boule à la proue (pour autant qu'on puisse appeler ça une proue!) et je me pensais sur l'annexe du bateau de mes parents.
Mais le soleil breton, même s'il est rare, tape dur, malgré la crème, j'ai un peu (pas beaucoup!) rougi, et ma population de tâches de rousseur à quintuplé. Comme nos hôtes ont aussi cramé, je me dis que c'est normal. Ils nous ont même refait de la lotte et des oranges au barbecue, et je suis tellement vendue à l'idée que pour peu je m'achèterais un barbecue juste pour m'y faire des oranges à mon retour!
On a essayé d'expliquer le concept des banlieues aux Français, ça ne marchait pas du tout. Pour eux, les banlieues c'est la "racaille" et le crime... la conversation a dévié sur l'immigration, et ils ne semblaient pas prêts à avouer que la France a pas fait génial niveau intégration. Ensuite on m'a expliqué que "non, non, on est pas racistes, Sarkozy c'est un immigrant!". Moi perplexe... "C'est un Hongrois de 2e génération!". Ouais, bon. Pour me faire ajouter que "On va quand même pas mettre n'importe quel trucmuche à l'Élysée pour avoir plus d'Arabes en politique là!". Mais voyons, là n'est pas la question: on ne veut pas mettre n'importe qui président, mais si vous avez une forte immigration et pas d'immigrants en politique, il faut se poser des questions. Et je ne vois pas exactement Sarkozy comme le sucess story... Entre lui et Barack Obama comme président "minorité", je sais qui je choisis...
Plus que 2 jours en Bretagne, dire que je commençais à m'y faire. Sauf qu'à force de manger des camemberts ramollis sur le feu tous les soirs et du proscuitto tous les midis (du jambon de parme par ici...) j'ai bien du prendre 5 livres en moins de jours. Je commence à avoir très hâte à l'Indonésie, d'autant plus que ma famille d'accueil m'a écrit, confirmant qu'ils se souvenaient bien de mon existence et que j'étais attendue, nous devrions être 3 étudiants à loger là, de 3 pays différents. La fille, Aninda, a mon âge, mais sans doute une vie très différente de la mienne... En prévision des règles vestimentaires là-bas, je ne porte que des shorts ici, avant de retourner au pantalon pas mal long là-bas. Si je crève ici en camisole, je n'ose pas imaginer en chemise et pantalon en bas du genou, restes à espérer que les salles de cours sont minimalement ventilées! Qui vivra verra bien.
Je surfe toujours sur une vague de contre-décalage: je ne dors plus. Bon, je dors encore, mais 3 fois moins, et je suis en pleine forme. Je me sens guérie de mes épisodes de 12h de sommeil par nuit du dernier mois, qui ne donnaient pas de résultats au niveau énergie. Même si ce soir, après 8h au soleil (parce que à 18h30 le soleil tape toujours ici! Et il ne se couche que vers 22h30, voir 23h...), je pense que je vais quand même réussir à dormir avant 5h du matin!
