Les visites à l’hôpital étaient source de grands espoirs, surtout après les ateliers cliniques, assez instructifs puisqu’ils poussaient l’examen physique et de laboratoire spécifique au bloc étudié, et que ça je n’en avais rien vu. Je crois que je n’ai pas été la seule déçue de savoir que l’on avait que 2 visites à l’hôpital finalement. Et les choses ne se sont pas améliorés en arrivant au BBKPM, l’hôpital de pneumo, et de facto spécialisé en TB : une conférence qui remâchait ce qu’on avait entendu 100 fois, une cérémonie d’ouverture qui n’en finissait plus, des interventions de 1001 fonctionnaires et administrateurs en indonésien, parfois avec traduction (ce qui rendait le tout désespérément long), parfois sans (ce qui était mortellement ennuyant). Et puis on prenait des photos, les officiels présents s’échangeaient des cadeaux, il y avait d’autres photos, on nommait tous les pays présents comme si nous étions ambassadeurs de quelque chose, et on recevait une collation, et on reprenait des photos. Finalement, avant la cérémonie de clôture (parce qu’il y avait ça aussi), il ne restait que quelques heures. Quand finalement on entrait dans le vif de la chose, on réalisait vite que les patients ne seraient pas au rendez-vous, sauf si on considère ceux que l’on a croisé dans la salle d’attente. Cette visite est restée très instructive, même si absolument non-clinique. L’hôpital semblait assez bien géré, était propre et assez organisé. Les mesures de protection du personnel et des autres patients étaient inexistantes : pas de masque, pas d’isolation, rien. Une telle chose créerait un tollé au Québec ou ailleurs en Europe et en Amérique, et plusieurs étudiants ont flippé, mais il faut prendre le contexte local en perspective. L’Indonésie comptabilise le 3e plus haut nombre de cas de tuberculose au monde chaque année, tout juste derrière la Chine et l’Inde (que l’on retrouve sans surprise en tête de liste, avec plus d’1 milliard de citoyens chacun). Sans avoir les chiffres, il est largement admis là-bas que la majorité de la population est infectée de façon latente. Dans un hôpital, ça doit être tout le monde, ou presque. Or, une TB latente protège (pas complètement, mais quand même) d’une autre infection. Du coup, isoler les patients n’est pas une priorité, et encore moins traiter la TB latente : pourquoi donner un prophylaxie à quelqu’un pour le débarrasser des bactéries dormantes si l’on sait qu’il est tellement exposé qu’il rattrapera une souche rapidement ? C’était le choc des cultures médicales. Les plus éberlués se révoltait contre l’absence de prophylaxie, je faisais figure compréhensive à côté d’une telle position, même si ma tutrice s’est bien marrée de moi quand elle m’a demandé ce que je faisais pour mon cas fictif : « je demande une formule sanguine, un test de sputum, un test de VIH et une culture de sang, d’un prélèvement du foie et du poumon à cause des signes de possible dissémination ». Elle riait. Et quand je lui ai dit qu’avant de commencer un traitement je testerais les fonctions hépatiques et rénales elle a aussi un sourcil et ouverts de grands yeux ronds. C’était pigé. Dans les conditions typiques indonésiennes, on ne traitera pas différemment si la TB est disséminée, aussi bien commencer le traitement standard directement, et la patient ne peut payer pour tous ces tests, et puis les risques de mortalité sont assez élevés pour la possible toxicité rénale et hépatique soit un souci extrêmement mineur. Je n’étais pas moins mal à l’aise face au fait qu’on nous avait dit de nous ganter et masquer, et que personne ne le faisait à l’hôpital, sauf au labo. Extrêmement inconfortable avec l’idée de porter un masque quand personne ne le fait et que le risque me paraît faible et bénin, je n’ai pas mis le mien, sauf quand on me l’a dit. L’idée que moi je doive en mettre, comme si ma vie valait plus que celle des autres patients, des médecins, des infirmières, me révoltait. On a rit de moi : « tu prends des risques pour rien ». Sauf que la tuberculose se transmet sur une longue période de temps, et que je n’ai examiné personne se jour là. Et puis, avec le taux d’infection en Indonésie, on en respirait sans aucun doute tous les jours du Mycobacterium ! À l’université, au marché, dans les rues et les magasins, etc.
C’est donc en m’attendant à une reprise de la visite du BBKPM que je suis arrivée à l’hôpital pour la visite de la « zone endémique » de malaria. Après un cérémonial similaire, et vaguement plus bref, et des conférences avec des présentations en indonésien, le chat est sorti du sac sur une diapo : il n’y avait eu qu’un seul cas de malaria admis à l’hôpital cette année. Et même pas 30 depuis 5 ans. Stupéfaction générale : vous appelez ça une zone endémique ?! En fait c’était que, même si la zone l’était, les cas étaient maintenant pris en charge par les petits centres de santé, et du coup, personne ne se rendait à l’hôpital pour ça. Exit l’espoir de voir un patient atteint de malaria, et beaucoup de questionnement sur la pertinence des 2h de route pour se rendre... Alors qu’on recommençait à nous faire faire une visite administrative de l’hôpital, des protestations se sont exprimées de plus en plus vigoureusement. Grosso modo, ça sonnait comme « on veut voir des patients ». La demande fut exaucée, mais l’éthique de la chose s’est rapidement montrée fort douteuse : par groupe d’une vingtaine, on nous a ouvert la porte d’une aile et on nous a dit d’aller voir des patients. Sans médecins, sans infirmières, sans les dossiers, les gens se sont essaimés, avec un membre de comité comme interprète, pour aller voir des patients, lesquels n’avaient rien demandé. Je me sentais mal : je n’avais rien à offrir, rien à donner, qui étais-je pour aller palper des abdomens et écouter des souffles si ça ne bénéficiait à personne ? Les familles des patients étaient excitées, pleins de blancs qui venaient les voir, même si cela ne me rendait pas plus utile. Déchirée, j’ai quand même décidé d’aller voir des patients, le plus possible seule ou en petit groupe, en amenant une fille du comité pour m’aider avec la barrière de la langue. Il y avait cette magnifique fillette, le ventre distendue par une ascite d’origine douteuse. Elle avait une forte fièvre, et était là depuis 2 jours, mais personne n’avait donné à sa mère ni diagnostic, ni résultat de tests, ni une idée sur la marche à suivre. L’histoire s’est ensuite répétée de lit en lit : des patients à qui on ne dit rien, qui sont « sous observation », mais personne ne les observe, à qui on donne tous un soluté de dextrose 5% indépendamment des besoins, dont on n’attend pas de tests, mais qui sont là. J’ai demandé à la mère de la fillette si je pouvais l’examiner, et elle était enthousiaste. Elle était brûlante, le ventre gonflé, le pouls rapide, le front en sueur et les pupilles dilatés. Mis à part palper son ventre, prendre son pouls, je ne pouvais rien faire de plus, alors je lui ai flatté les cheveux et j’ai questionné la mère. On a rit. Une Indonésienne prenait des photos, même si je ne voulais pas, la mère était heureuse de tant d’attention, je me sentais prise au piège.
Il y avait aussi une veille dame avec une hépatite. C’était une hépatite C, très traitable, et assez facilement. Ça ne semblait pas être sur l’agenda de qui que ce soit de la mettre sur antibiotiques. Son foie ne faisait plus grand-chose, son plasma fuyait de partout, ses membres étaient enflés à un point tel qu’elle pouvait difficilement serrer la main de celui qui la tenait (et elle a insisté pour serré la notre malgré tout…) et son abdomen était tellement distendu par le liquide qu’on avait l’impression qu’il allait exploser. Elle avait toujours un soluté, et sans elle aurait sans doute été en hypovolémie, mais ce dont elle avait besoin, c’était d’une infusion de protéines, pour retenir le plasma dans les vaisseaux. Je n’ai même pas mentionné l’idée : une telle infusion requiert du plasma en grand quantité, qui a été purifié, concentré et congelé. C'est-à-dire une infrastructure inexistante. Assez sombre face à son pronostic, j’ai questionné un copain allemand qui finissait ses études : « Torben, elle a combien de temps ? ». sa réponse ne m’a pas surpris, même si elle blessait « une semaine, au plus ».
C’était pareil à chaque lit : des réponses confuses, ou pas du tout. Une femme enceinte était là pour une raison obscure. J’ai fini par apprendre qu’elle venait de compléter un traitement pour la TB, malgré un crachat négatif, à cause d’évidence clinique de la maladie. Comme elle avait testé négatif avant, un nouveau test ne nous disait rien sur son était actuel. On l’avait déclarée guérie. Pourtant en écoutant ses poumons, mêmes une novice comme moi pouvait dire qu’elle avait un sacré épanchement pleural. Et que ça soit une TB ou pas, il fallait y porter attention. Un autre patient avait la TB, et lui c’était évident. D’un seul coup d’œil j’aurais pu le dire : la TB ne s’appelle pas la « consumption » pour rien, il était littéralement en train de se consommer devant nous, maigre et courbé, le souffle difficile, les yeux saillants. C’était un TB multi-résistante, le premier traitement n’avait pas fonctionné, et je crois bien que la 2e ligne était trop peu trop tard : affaibli comme il était, même avec une hospitalisation digne de ce nom, le pronostic était mauvais… et là il n’avait rien. Quand il a voulu s’asseoir pour se faire examiner, il a eu une toux violente et une hémoptysie soudaine : il a craché un caillot de sang et de mucus de la taille d’une balle de golf. A côté de moi, une fille du comité a levé sa caméra et on cliqué pour prendre un cliché. J’ai crié. Je n’avais encore rien dit sur l’attitude général de visite au zoo que les membres du comité avaient, sur cette manie de photos qui ne s’arrêtait pas devant des patients, je ne voulais rien dire car je n’étais pas chez moi et eux si, mais là c’est sorti sans que je puisse rien y faire : je veux bien croire que l’éthique est variable, mais dans tous les systèmes au monde il me semble que d’avoir le réflexe de prendre une photo quand quelqu’un crache ses poumons est inacceptable.
J’allais changer d’aile quand on m’a dit que l’un d’entre nous s’était évanoui. Pas devant la souffrance et les lits sales, les patients classés en 1ère, 2e et 3e classe, mais sous le soleil qui tapait, après avoir été malade depuis deux jours. Finalement ça a été le seul patient avec qui j’ai pu communiquer sans interprète ! Son pouls était si faible que je le détectais à peine, il était plus pâle que les draps. Une infirmière à suggéré une ligne intraveineuse et nous nous sommes tous écriés d’une seule voix « non ! ». Devant la stérilité douteuse du matériel, même dans le besoin je crois que nous aurions refusé, et là c’était loin d’être nécessaire.
On ne sort pas d’un hôpital aussi mal géré avec des réponses, mais seulement plus de questionnements. C’est une question de ressources, oui, mais aussi de gestion, de logistique, de personnel, d’inventaire, de leadership et de volonté politique. Ce soir là je me suis dit qu’un stage qui m’aurait fait faire ça tous les jours aurait été beaucoup plus intense, mais aussi que j’en avais assez pour m’écrire un roman de réflexions, et donc que le but était atteint.
mardi 28 juillet 2009
Bon matin Paris, 1ère partie
J’ai vu un lever de soleil qui n’en finissait plus. L’aéroport est propre et on me parle français. Rebienvenue en France. Je cherche du riz sans en trouver. Mon pouvoir d’achat vient de s’effondrer. Il m’en a coûté 19 euros pour changer d’aéroport, 10 pour me connecter un instant à internet, tout autant pour prendre un dîner rapide. Mon avion pour Bratislava est retardé de deux bonnes heures : j’ai pris ça de façon on ne peut plus stoïque. Au point où j’en suis, 2h de plus ou de moins ! Et mon stratagème de mettre des trucs lourds dans mon bagage à main à fonctionné à merveille pour libérer ma valise des deux kilos qu’elle semble avoir pris malgré moi en Asie (l’expansion naturelle ?).
Quelque part au-dessus du Moyen-Orient et sur les banquettes de Charles de Gaulle, j’ai écrit encore et encore. Personne n’est obligé de lire, mais j’ai décidé qu’il était temps de parler de ces visites à l’hôpital que j’ai faite, des patients qui m’ont bouleversée, de mes réflexions sur ce stage. Ce sera donc mon entrée du jour. Et mes péripéties européennes attendront. J’ai 3 avions sur 4 de fait, le pire est derrière moi, je donnerai des nouvelles de Vienne, quand j’y serai arrivée, Dieu sait comment, de Bratislava…
J’ai beau avoir écrit presque à tous les jours, j’ai en toute connaissance de cause choisi de me limiter aux faits, aux péripéties, aux activités sociales et à des commentaires sur l’Indonésie en général. Rarement, voir pas du tout, ais-je abordé mes réflexions sur mon cours en Indonésie, ou sur le fait que ce cours, avec du travail fait au Québec avant et après mon voyage, était mon stage pour le CASI, le Comité d’action sociale internationale. Plusieurs fois je me suis dit que j’aurai préféré faire un « vrai » stage CASIen, ce qui général veut dire se trouver un village, reculé de préférence, et travailler avec une ONG. Forcée de rester à Montréal pour le mois de juin, et déjà inscrite en Indonésie pour mon cours à l’université, j’aurais pu choisir de reporter mon stage, mais après un an avec plus de 20 autres CASIens, j’avais envie de faire « ça » cette année, c’était le plan depuis longtemps après tout. Et d’un côté, je me sentais rassurée par le fait que je n’avais pas tant à me questionner quant à savoir si mon stage était utile, accepté, compensé dans mon lieu d’accueil : le programme était fait pour ça, les familles et l’université étaient compensés, on ne s’attendait pas à ce que je fasse quoi que ce soit de vaguement médical, je ne suis pas en état d’être utile médicalement donc aussi bien apprendre à l’être était ma logique. Sur ça, je dois dire que ça a très bien fonctionné. Même si j’aurais voulu que mon stage soit plus un stage que cela, je me dis qu’un stage, comme le voyage, est un état d’esprit. Si je termine l’été avec une expérience sociale et culturelle et un paquet de réflexions sur mon utilité relative ou la meilleure façon d’agir sur le monde qui m’entoure, je me dis que j’aurai fait un stage aussi bien que tous les autres que j’aurais pu…
Le point commun qu’un programme organisé ne m’aura pas évité, c’est bien les attentes qui divergent… Le comité qui organisait le programme à Yogya mettait de l’avant les visites à l’hôpital, les grands conférenciers et le travail par APP. Force a été pour moi de constater à l’arrivée que le programme était beaucoup moins soutenu que prévu : les cours étaient au nombre d’un seul par bloc, vraiment, commençaient avec du retard, finissaient à l’avance et étaient donné par des médecins dont l’anglais était tellement limité que le fait qu’ils soient des experts ou des novices ne nous apportait pas grand-chose. Au début cela me frustrait beaucoup : aller à l’autre bout du monde pour se faire dire que la TB est une maladie qui se transmet via des microgouttelettes, c’est un peu fort. J’étais particulièrement empathique envers mes collègues qui étaient là, après 6 ans sur 7 de médecine, espérant devenir des experts des maladies tropicales, et qui se retrouvaient à se faire dire ça. Si, académiquement, je n’ai pas appris grand-chose, imaginez eux…
Les APP offraient peu de choses de plus, mais au moins on pouvait se pousser un peu. Nos tuteurs, encore une fois loin d’être capables de parler anglais, ne nous étaient pas très utiles, et quand personne n’a fait d’APP, ou tous différemment, on n’est pas sortis du bois, mais au moins on apprenait, et beaucoup. Je me sens mal de faire un tel commentaire sur la langue : après tout c’est moi qui était en Indonésie, et mon javanais était déplorable d’inexistence, mais quand on a un programme qui reçoit 75 étrangers depuis plusieurs années et que l’on publicise que c’est en anglais, il faut que les enseignants (et les tuteurs, et le comité, ce qui n’était pas plus le cas) aient un niveau décent, fonctionnel au moins.
Quelque part au-dessus du Moyen-Orient et sur les banquettes de Charles de Gaulle, j’ai écrit encore et encore. Personne n’est obligé de lire, mais j’ai décidé qu’il était temps de parler de ces visites à l’hôpital que j’ai faite, des patients qui m’ont bouleversée, de mes réflexions sur ce stage. Ce sera donc mon entrée du jour. Et mes péripéties européennes attendront. J’ai 3 avions sur 4 de fait, le pire est derrière moi, je donnerai des nouvelles de Vienne, quand j’y serai arrivée, Dieu sait comment, de Bratislava…
J’ai beau avoir écrit presque à tous les jours, j’ai en toute connaissance de cause choisi de me limiter aux faits, aux péripéties, aux activités sociales et à des commentaires sur l’Indonésie en général. Rarement, voir pas du tout, ais-je abordé mes réflexions sur mon cours en Indonésie, ou sur le fait que ce cours, avec du travail fait au Québec avant et après mon voyage, était mon stage pour le CASI, le Comité d’action sociale internationale. Plusieurs fois je me suis dit que j’aurai préféré faire un « vrai » stage CASIen, ce qui général veut dire se trouver un village, reculé de préférence, et travailler avec une ONG. Forcée de rester à Montréal pour le mois de juin, et déjà inscrite en Indonésie pour mon cours à l’université, j’aurais pu choisir de reporter mon stage, mais après un an avec plus de 20 autres CASIens, j’avais envie de faire « ça » cette année, c’était le plan depuis longtemps après tout. Et d’un côté, je me sentais rassurée par le fait que je n’avais pas tant à me questionner quant à savoir si mon stage était utile, accepté, compensé dans mon lieu d’accueil : le programme était fait pour ça, les familles et l’université étaient compensés, on ne s’attendait pas à ce que je fasse quoi que ce soit de vaguement médical, je ne suis pas en état d’être utile médicalement donc aussi bien apprendre à l’être était ma logique. Sur ça, je dois dire que ça a très bien fonctionné. Même si j’aurais voulu que mon stage soit plus un stage que cela, je me dis qu’un stage, comme le voyage, est un état d’esprit. Si je termine l’été avec une expérience sociale et culturelle et un paquet de réflexions sur mon utilité relative ou la meilleure façon d’agir sur le monde qui m’entoure, je me dis que j’aurai fait un stage aussi bien que tous les autres que j’aurais pu…
Le point commun qu’un programme organisé ne m’aura pas évité, c’est bien les attentes qui divergent… Le comité qui organisait le programme à Yogya mettait de l’avant les visites à l’hôpital, les grands conférenciers et le travail par APP. Force a été pour moi de constater à l’arrivée que le programme était beaucoup moins soutenu que prévu : les cours étaient au nombre d’un seul par bloc, vraiment, commençaient avec du retard, finissaient à l’avance et étaient donné par des médecins dont l’anglais était tellement limité que le fait qu’ils soient des experts ou des novices ne nous apportait pas grand-chose. Au début cela me frustrait beaucoup : aller à l’autre bout du monde pour se faire dire que la TB est une maladie qui se transmet via des microgouttelettes, c’est un peu fort. J’étais particulièrement empathique envers mes collègues qui étaient là, après 6 ans sur 7 de médecine, espérant devenir des experts des maladies tropicales, et qui se retrouvaient à se faire dire ça. Si, académiquement, je n’ai pas appris grand-chose, imaginez eux…
Les APP offraient peu de choses de plus, mais au moins on pouvait se pousser un peu. Nos tuteurs, encore une fois loin d’être capables de parler anglais, ne nous étaient pas très utiles, et quand personne n’a fait d’APP, ou tous différemment, on n’est pas sortis du bois, mais au moins on apprenait, et beaucoup. Je me sens mal de faire un tel commentaire sur la langue : après tout c’est moi qui était en Indonésie, et mon javanais était déplorable d’inexistence, mais quand on a un programme qui reçoit 75 étrangers depuis plusieurs années et que l’on publicise que c’est en anglais, il faut que les enseignants (et les tuteurs, et le comité, ce qui n’était pas plus le cas) aient un niveau décent, fonctionnel au moins.
dimanche 26 juillet 2009
Yogya, ne me quitte pas
Hier je me suis réveillée les yeux encore collants d'un maquillage dont on m'avait affublée pour mon numéro de danse javanaise. Quelque chose clochait, ce n'était pas net. J'ai suspicieusement ouvert un oeil, puis deux: il était tard, Bilka ne m'avait pas réveillée. Et pour cause: les chambres de mes trois colocs étaient vides, les rideaux tirés. Aninda n'était pas sortie en trombe de la maison pour nous amener à l'Université, sa mère n'avait pas mis de riz sur la table à déjeuner, l'horaire ne prévoyait aucun cours. C'était fini.
Je me retrouve donc dans l'aéroport de Jakarta, encore, pour une escale de 8h (oui, 8h). Avec 3h de sommeil cette nuit, une sieste dans l'avion Yogya/Jakarta s'est imposée, même si ce sont les bancs les moins confortables de l'univers. J'ai ensuite filé vers la navette qui va d'un terminal à l'autre, en prenant soin de faire des ronds et de ne pas débarquer. Après 30 min le chauffeur me réveille, perplexe de me voir encore là. Comme je ne savais pas comment lui expliquer que j'utilisais son bus pour passer le temps et dormir, j'ai débarqué la fois suivante où on a fait un arrêt au terminal 2. Après 2h de sieste sur un banc miteux, j'ai abandonné l'idée de dormir et je me suis fait le luxe d'une visite au spa de l'aéroport. Il n'y a bien qu'en Indonésie où c'est abordable. Et pour le temps que ça m'a permis d'utiliser, ainsi que la merveilleuse douche chaude incluse, ça en valait mille fois la peine. C'était 3 fois plus cher qu'à Yogya, mais encore 3 fois moins qu'au Québec. Et c'est une bonne façon de dépenser mes derniers rupeeas!
À 5h ce matin, nous étions 5 Québécois dans le microscopique aéroport de Yogya. Plein de câlins plus tard, j'ai du les laisser partir vers leur prochaine île, et me résigner à prendre mon avion seule, tout en noyant ma peine dans une énorme carambole que j'avais achetée, et dans le paquet d'oreos qu'Éric, quel amour, m'a offert. Une rangée sur deux est maintenant dans mon estomac. Mais comme mon activité principale, ou presque, était d'engraisser depuis mon arrivée ici, je me suis dit que je n'en suis plus à un paquet de biscuits près!
Ça me fend le coeur de quitter l'Asie déjà, ce saut était beaucoup trop court. Mais je me dis que ça a du bon: plus de fibres dans mon alimentation (ici j'ai bu plus de Bin Tang que je n'ai mangé de fruits et légumes...), plus de gens qui me prennent en photo comme une bête de cirque (ça n'arrête pas, surtout hors de la ville, et on ne nous demande pas notre consentement, on se pitche sur nous, c'est tout), des installations sanitaires dignes de ce nom, un régime alimentaire avec moin de 98% de riz, des facilités de lavage où on ne repasse pas les sous-vêtements (mon signe "ne pas repasser" a été vain), et bien d'autres...
Dans les péripéties il y a l'adoption d'un chat, un chaton abandonné en fait, que Catherine et moi avons prénommé Java. Après 2 jours de tentatives d'approche, on l'a attrapé et en 2 secondes il avait délaissé les cris pour le ronronnement. Il est vite devenu la mascotte de l'École, passant d'une paire de bras à une autre, dans son sac attitré.
La dernière activité du "programme social" était la visite de la Kete pass et de Borobudur. La Kete pass était une bonne blague: point de vue apparemment superbe du volcan Merapi, il y avait tant de brûme qu'on ne voyait pas son nez. Et voir un film sur l'ascension du Merapi quand les 2/3 des participants l'ont grimpé en début de séjour, c'était quand même drôle. Le temple de Borobudur, le plus grand temple bouddhiste au monde, était pas mal plus chouette. Mis à part la horde de jeunes Belges chiants qui faisaient de la "conservation", i.e. brandir des pancartes énormes expliquant de façon ultra-caricaturale qu'il ne fallait pas détruire le temple (noter qu'ils parlaient des pierres comme des êtres vivants et considéraient comme des offenses égales arracher la tête de Bouddha ou toucher une pierre, pourtant on marchait dessus). Les signes "ne pas grimper, gratter ou arracher" (fouillez-moi pourquoi je gratterais une pierre...) étaient tellement omniprésent que de prendre une photo sans en avoir 2 dans le portrait était très complexe. Je trouvais que c'était de l'abus. Surtout que ces zoufs faisaient ça dans un programme de "stage", i.e. ils se chouppent 2 semaines en Indonésie pour expliquer aux Indonésiens comment ils ne devraient pas trop toucher à leur patrimoine. Ça me titillait comme principe. Et ils nous expliquaient comme ils était heureux de se sacrifier pour éduquer la masse... Beurk beurk. Le temple, hormis ses "conservateurs" était très beau, et nous avons marché tous les étages une fois dans le sens des aiguilles, ce qui permet d'atteindre le nirvana (mais je l'ai fait à l'envers, j'irai donc sans doute en enfer).
Déterminée à poursuivre un train de vie d'enfer avant de quitter Yogya, on s'est mis à une quinzaine pour filer dans un resto de fruits de mer et poissons après l'ascencion de Borobudur. C'était la meilleure chose au monde! La table s'est en un instant garnie de poissons, de calmars, de crevettes, de petites moules et moi j'avais abandonné toute conversation, entièrement dévouée à manger. Andréanne ne cessait de recommander des crevettes en agitant une carcasse de crustacé devant le serveuse unilingue indonésienne et en s'esclamant "more!". Le message passait. Assises entre deux Danois, j'ai été la cible de regards perplexes de la part de ma tablée. Jamais ils n'avaient vu de fille aussi peut consciencieuse de son apparence et de sa tenue à table. Manger avec mes mains ne me répugnait pas, gratter les os non plus, fini les plats, en avoir partout sur le visage, pas de problème. J'étais en extase en train de manger un des meilleurs repas de ma vie, pas question de penser à bien me tenir!
Ce soir là nous sommes allés danser dans un club indonésien, qui était assez moche en fait, mais les choses sont devenues encore plus étranges quand des femmes en petite tenue ce sont mis à danser sur la scène. Perplexes comme jamais, nous nous fixions d'un regard éberlué. Des danseuses pour nous, ça allait dans un bar de danseuses, pas dans un club... pas en Indonésie il paraît. Je me suis dit que c'était un moment idéal pour rentrer chez moi. La même chose s'est passée quand on est sortis le dernier soir ailleurs: poles et petites tenues. Peu intéressés par un tel spectacle, nous avons tourné le dos. Il semble que la répression sexuelle donne naissance à de drôles de choses...
Le dernier jour de l'École d'été était dédié à une journée de conférence sur les "maladies tropicales émergentes", bien que rien de ce qui a été discuté n'était tropical ou émergent, et que généralement on avait vu ça 3 fois en cours déjà. Du couop, ça dormait ferme, ça écrivait des cartes postales, ça lisait, ça classait des photos, etc. Le point positif: on ne nous a pas servi une des ses rebutantes boîte à lunch qu'on a eu si souvent, mais un bon buffet. On s'est lancé comme des défoncés sur le poulet saté, qui a lui seul devrait empêcher le végétarianisme. Chaque fois que ma mère d'accueil en faisant, j'étais partie pour 30 min pendant lesquelles elle remplissait mon assiette sans répit.
Alors que la plupart étaient libérés suite à 5h de conférence aussi longues et pénibles les unes que les autres, nous avons du filer à l'université pour pratiquer cette fichue danse javanaise. Surpris, nous avons réaliser que l'on en avait vraiment pour l'après-midi à se faire coiffer, maquiller et habiller. Je ne me reconnaissais plus. Ils ont du refaire mon corsage 2 fois, même selon des standards indonésiens je n'ai pas de poitrine. Puis la jupe tient grâce une bande qu'on enroule 6 ou 7 sept fois autour des côtes, faisant l'effet d'un corset. Et avec tous les trucs qu'ils m'avaient mis sur la tête, j'avais peur de simplement en dodeliner. Les costumes étaient vraiment magnifiques, et c'était toute une expérience. Qui valait de s'humilier en dansant devant un public indonésien une danse traditionnelle que la plupart d'entre eux n'ont jamais dansé, nous, une bande de blancs. Puisque l'on était tous si joliment habillés, il a fallu faire des heures de séances photos ensuite. Puis c'était les adieux, tout le monde se dispersant pour la suite des périples... Notre cher Peter-le-Polonais (notre copain le plus drôle, de loin) a bien résumé l'ambiance en terminant sa présentation de photos du voyage: "Guys, it's sad to leave you all so soon... but Bali is waiting". Grand comique, il a inclus dans le diaporama une photo de notre boîte à lunch typique, pleine de riz, avec la légende suivante: "Whatever you want, whatver you do, there's already rice, waiting for you!".
Ce qui m'a amené à me réveiller seule hier matin. Mais comme nous étions déterminés à profiter de cette dernière journée, fusse-t-elle post-École d'été, nous avons fait le truc le plus indonésien possible: de la moto. On est débarqués chez un "loueur de moto", on a eu un crash course de 10 min, et on est embarqués. Andréanne est embarquée derrière moi, ce qui me fait dire que cette femme n'a peur de rien. Après quelques départ et arrêts secs, la chose était maîtrisée, et on a roulé, hurlant de bonheur, vers la plage ou on a répété le festin de poissons de l'autre soir, sauté dans les vagues et été pris en photo par 200 indonésiens. Le retour, dans le noir et le traffic, était plus corsé et plein de péripéties, mais nous sommes revenues à bon port saines, sauves et exaltées par notre promenade. L'estomac ouvert par cette aventure nous sommes allées, 3 copines, dans notre restaurant préféré où nous avons entrepris de commander tous les plats qui nous tentaient. Les serveurs, éberlués, nous ont amené jus de mangues, d'avocats, nasi goreng (un riz frit), sandwich aux tomates, crêpe au chocolat, guacamole et bananes frites napées de miel. C'était un festin.
Et c'était ça, mon Indonésie. J'avais les larmes aux yeux en serrant Aninda dans mes bras ce matin, en empruntant ma petite ruelle une dernière fois, on lavant le visage avec un sceau dans la salle de bain. Je lui ai laissé des biscuits au sirop d'érable, elle m'a donné une tasse sur laquelle elle avait fait imprimé une photo de nous avons Bilka, Stéfie et Julia. Et puis je suis partie.
Vous excuserez la diarrhée littéraire. Quelques jours sans écrire, qui plus est les derniers, et beaucoup de temps dans cet aéroport. Je vais aller m'enregistrer, et dans 9h je serai à Abu Dhabi, ou j'écrirai peut-être mes milles réflexions médico-philosophiques, qui se bousculent au portillon depuis mon arrivée.
Je me retrouve donc dans l'aéroport de Jakarta, encore, pour une escale de 8h (oui, 8h). Avec 3h de sommeil cette nuit, une sieste dans l'avion Yogya/Jakarta s'est imposée, même si ce sont les bancs les moins confortables de l'univers. J'ai ensuite filé vers la navette qui va d'un terminal à l'autre, en prenant soin de faire des ronds et de ne pas débarquer. Après 30 min le chauffeur me réveille, perplexe de me voir encore là. Comme je ne savais pas comment lui expliquer que j'utilisais son bus pour passer le temps et dormir, j'ai débarqué la fois suivante où on a fait un arrêt au terminal 2. Après 2h de sieste sur un banc miteux, j'ai abandonné l'idée de dormir et je me suis fait le luxe d'une visite au spa de l'aéroport. Il n'y a bien qu'en Indonésie où c'est abordable. Et pour le temps que ça m'a permis d'utiliser, ainsi que la merveilleuse douche chaude incluse, ça en valait mille fois la peine. C'était 3 fois plus cher qu'à Yogya, mais encore 3 fois moins qu'au Québec. Et c'est une bonne façon de dépenser mes derniers rupeeas!
À 5h ce matin, nous étions 5 Québécois dans le microscopique aéroport de Yogya. Plein de câlins plus tard, j'ai du les laisser partir vers leur prochaine île, et me résigner à prendre mon avion seule, tout en noyant ma peine dans une énorme carambole que j'avais achetée, et dans le paquet d'oreos qu'Éric, quel amour, m'a offert. Une rangée sur deux est maintenant dans mon estomac. Mais comme mon activité principale, ou presque, était d'engraisser depuis mon arrivée ici, je me suis dit que je n'en suis plus à un paquet de biscuits près!
Ça me fend le coeur de quitter l'Asie déjà, ce saut était beaucoup trop court. Mais je me dis que ça a du bon: plus de fibres dans mon alimentation (ici j'ai bu plus de Bin Tang que je n'ai mangé de fruits et légumes...), plus de gens qui me prennent en photo comme une bête de cirque (ça n'arrête pas, surtout hors de la ville, et on ne nous demande pas notre consentement, on se pitche sur nous, c'est tout), des installations sanitaires dignes de ce nom, un régime alimentaire avec moin de 98% de riz, des facilités de lavage où on ne repasse pas les sous-vêtements (mon signe "ne pas repasser" a été vain), et bien d'autres...
Dans les péripéties il y a l'adoption d'un chat, un chaton abandonné en fait, que Catherine et moi avons prénommé Java. Après 2 jours de tentatives d'approche, on l'a attrapé et en 2 secondes il avait délaissé les cris pour le ronronnement. Il est vite devenu la mascotte de l'École, passant d'une paire de bras à une autre, dans son sac attitré.
La dernière activité du "programme social" était la visite de la Kete pass et de Borobudur. La Kete pass était une bonne blague: point de vue apparemment superbe du volcan Merapi, il y avait tant de brûme qu'on ne voyait pas son nez. Et voir un film sur l'ascension du Merapi quand les 2/3 des participants l'ont grimpé en début de séjour, c'était quand même drôle. Le temple de Borobudur, le plus grand temple bouddhiste au monde, était pas mal plus chouette. Mis à part la horde de jeunes Belges chiants qui faisaient de la "conservation", i.e. brandir des pancartes énormes expliquant de façon ultra-caricaturale qu'il ne fallait pas détruire le temple (noter qu'ils parlaient des pierres comme des êtres vivants et considéraient comme des offenses égales arracher la tête de Bouddha ou toucher une pierre, pourtant on marchait dessus). Les signes "ne pas grimper, gratter ou arracher" (fouillez-moi pourquoi je gratterais une pierre...) étaient tellement omniprésent que de prendre une photo sans en avoir 2 dans le portrait était très complexe. Je trouvais que c'était de l'abus. Surtout que ces zoufs faisaient ça dans un programme de "stage", i.e. ils se chouppent 2 semaines en Indonésie pour expliquer aux Indonésiens comment ils ne devraient pas trop toucher à leur patrimoine. Ça me titillait comme principe. Et ils nous expliquaient comme ils était heureux de se sacrifier pour éduquer la masse... Beurk beurk. Le temple, hormis ses "conservateurs" était très beau, et nous avons marché tous les étages une fois dans le sens des aiguilles, ce qui permet d'atteindre le nirvana (mais je l'ai fait à l'envers, j'irai donc sans doute en enfer).
Déterminée à poursuivre un train de vie d'enfer avant de quitter Yogya, on s'est mis à une quinzaine pour filer dans un resto de fruits de mer et poissons après l'ascencion de Borobudur. C'était la meilleure chose au monde! La table s'est en un instant garnie de poissons, de calmars, de crevettes, de petites moules et moi j'avais abandonné toute conversation, entièrement dévouée à manger. Andréanne ne cessait de recommander des crevettes en agitant une carcasse de crustacé devant le serveuse unilingue indonésienne et en s'esclamant "more!". Le message passait. Assises entre deux Danois, j'ai été la cible de regards perplexes de la part de ma tablée. Jamais ils n'avaient vu de fille aussi peut consciencieuse de son apparence et de sa tenue à table. Manger avec mes mains ne me répugnait pas, gratter les os non plus, fini les plats, en avoir partout sur le visage, pas de problème. J'étais en extase en train de manger un des meilleurs repas de ma vie, pas question de penser à bien me tenir!
Ce soir là nous sommes allés danser dans un club indonésien, qui était assez moche en fait, mais les choses sont devenues encore plus étranges quand des femmes en petite tenue ce sont mis à danser sur la scène. Perplexes comme jamais, nous nous fixions d'un regard éberlué. Des danseuses pour nous, ça allait dans un bar de danseuses, pas dans un club... pas en Indonésie il paraît. Je me suis dit que c'était un moment idéal pour rentrer chez moi. La même chose s'est passée quand on est sortis le dernier soir ailleurs: poles et petites tenues. Peu intéressés par un tel spectacle, nous avons tourné le dos. Il semble que la répression sexuelle donne naissance à de drôles de choses...
Le dernier jour de l'École d'été était dédié à une journée de conférence sur les "maladies tropicales émergentes", bien que rien de ce qui a été discuté n'était tropical ou émergent, et que généralement on avait vu ça 3 fois en cours déjà. Du couop, ça dormait ferme, ça écrivait des cartes postales, ça lisait, ça classait des photos, etc. Le point positif: on ne nous a pas servi une des ses rebutantes boîte à lunch qu'on a eu si souvent, mais un bon buffet. On s'est lancé comme des défoncés sur le poulet saté, qui a lui seul devrait empêcher le végétarianisme. Chaque fois que ma mère d'accueil en faisant, j'étais partie pour 30 min pendant lesquelles elle remplissait mon assiette sans répit.
Alors que la plupart étaient libérés suite à 5h de conférence aussi longues et pénibles les unes que les autres, nous avons du filer à l'université pour pratiquer cette fichue danse javanaise. Surpris, nous avons réaliser que l'on en avait vraiment pour l'après-midi à se faire coiffer, maquiller et habiller. Je ne me reconnaissais plus. Ils ont du refaire mon corsage 2 fois, même selon des standards indonésiens je n'ai pas de poitrine. Puis la jupe tient grâce une bande qu'on enroule 6 ou 7 sept fois autour des côtes, faisant l'effet d'un corset. Et avec tous les trucs qu'ils m'avaient mis sur la tête, j'avais peur de simplement en dodeliner. Les costumes étaient vraiment magnifiques, et c'était toute une expérience. Qui valait de s'humilier en dansant devant un public indonésien une danse traditionnelle que la plupart d'entre eux n'ont jamais dansé, nous, une bande de blancs. Puisque l'on était tous si joliment habillés, il a fallu faire des heures de séances photos ensuite. Puis c'était les adieux, tout le monde se dispersant pour la suite des périples... Notre cher Peter-le-Polonais (notre copain le plus drôle, de loin) a bien résumé l'ambiance en terminant sa présentation de photos du voyage: "Guys, it's sad to leave you all so soon... but Bali is waiting". Grand comique, il a inclus dans le diaporama une photo de notre boîte à lunch typique, pleine de riz, avec la légende suivante: "Whatever you want, whatver you do, there's already rice, waiting for you!".
Ce qui m'a amené à me réveiller seule hier matin. Mais comme nous étions déterminés à profiter de cette dernière journée, fusse-t-elle post-École d'été, nous avons fait le truc le plus indonésien possible: de la moto. On est débarqués chez un "loueur de moto", on a eu un crash course de 10 min, et on est embarqués. Andréanne est embarquée derrière moi, ce qui me fait dire que cette femme n'a peur de rien. Après quelques départ et arrêts secs, la chose était maîtrisée, et on a roulé, hurlant de bonheur, vers la plage ou on a répété le festin de poissons de l'autre soir, sauté dans les vagues et été pris en photo par 200 indonésiens. Le retour, dans le noir et le traffic, était plus corsé et plein de péripéties, mais nous sommes revenues à bon port saines, sauves et exaltées par notre promenade. L'estomac ouvert par cette aventure nous sommes allées, 3 copines, dans notre restaurant préféré où nous avons entrepris de commander tous les plats qui nous tentaient. Les serveurs, éberlués, nous ont amené jus de mangues, d'avocats, nasi goreng (un riz frit), sandwich aux tomates, crêpe au chocolat, guacamole et bananes frites napées de miel. C'était un festin.
Et c'était ça, mon Indonésie. J'avais les larmes aux yeux en serrant Aninda dans mes bras ce matin, en empruntant ma petite ruelle une dernière fois, on lavant le visage avec un sceau dans la salle de bain. Je lui ai laissé des biscuits au sirop d'érable, elle m'a donné une tasse sur laquelle elle avait fait imprimé une photo de nous avons Bilka, Stéfie et Julia. Et puis je suis partie.
Vous excuserez la diarrhée littéraire. Quelques jours sans écrire, qui plus est les derniers, et beaucoup de temps dans cet aéroport. Je vais aller m'enregistrer, et dans 9h je serai à Abu Dhabi, ou j'écrirai peut-être mes milles réflexions médico-philosophiques, qui se bousculent au portillon depuis mon arrivée.
jeudi 23 juillet 2009
Java Java Java
Je suis dans un état lamentable selon les standards indonésiens, ce qui est normal selon les miens. On m’a dit que je semblais faire un cours de sport extrêmes plutôt que de médecine, et c’est semi-vrai. Au sens où c’est pas le cours, ou l’Indo, c’est moi et mes idées de nager là où il faut pas, de grimper les statues de Bouddha, de me lancer des falaises pour saborder d’autres rafts et cetera ! Conséquence : mes jambes sont une masse de bleus, de coupures (les coraux de Kukup), de brûlures (les chutes de raft), de piqûres (on sait de quoi) et aussi de trous d’épines d’oursin. Eh bien oui, c’est ma dernière : en voulant sauver ma vie dans les remous de Kukup, je me suis foutue un pic d’oursin dans le talon. J’ai essayé de l’enlever, sans succès, je me suis donc résignée: il y restera, que je me disais. Mais le lendemain j’ai lâché un cri en posant mon pied par terre : mon corps avait fait une chouette inflammation. Mes 3 colocs, riant gaiement alors que je grimaçais, se sont donc armées de pinces à épiler, coupe-ongles et d’antiseptique, ce sont mises à trois, et en pleine table à déjeuner m’ont fait une mini-pseudo-chirurgie-simili-stérile. Un grand succès je dois dire.
Je me suis risquée à faire du lavage une 2e fois. Le retour de mes vêtements devrait être demain. On verra si le signe géant « NE PAS REPASSER » en javanais les a découragé de passer mes vêtements en synthétique super-séchage au fer…
On se gâte : on est allés manger du sushi en quantité démente pour pas grand-chose. Première fois que je mélange bière (la bonne Bintang locale) et sushis. Pas si mal. Et on est même retournés au karaoké : on s’indonésifie il faut croire !
Notre dernière pratique de danse javanaise était aujourd’hui. Ça ne ressemble pas encore tout à fait à une danse qui a de l’allure, mais bon. Pour terminer à temps, on a eu recours a une technique drastique : il manquait aux hommes la moitié de la chorégraphie, alors on les fait sortir à la moitié de la musique. Et ensuite on se démerde seules. Les petits mouvements de mains, ça craint, mais je maitrise bien mon éventail, avant de l’envoyait promener. Des photos de mon humiliation en costume traditionnel suivront (le « spectacle » est samedi soir…).
Je suis allée voir un tailleur, en fait une couturière, pour me faire faire une robe avec mes 3 mètres de batik sublime achetés 3 fois rien. C’était quelque chose de me voir expliquer que mes vêtements seraient « non musulmans » et préciser que oui je voulais que ça soit cintré, non pas juste à moitié sous le buste, vraiment cintré. Et quand mon amie a expliqué qu’elle voulait une robe sans dos, l’incompréhension a atteint son comble. Une chance que des Indonésiens traduisaient et expliquaient « que chez nous c’est pas pareil ». Conclusion : selon les standards locaux, je vais en enfer.
Et aujourd’hui j’ai bu un vrai café. Et non pas le machin immonde pompeusement appelé mochaccino qui n’est si un chocolat, ni en café et simplement trop sucré. C’était divin.
Je suis toujours hautement traumatisée à l’idée de quitter l’Indo. Encore 3 jours puis l’Europe de nouveau.
Mes réflexions plus philosophico-éthiques suivront, probablement écrites dans mes 2000h d’avion à venir.
Je me suis risquée à faire du lavage une 2e fois. Le retour de mes vêtements devrait être demain. On verra si le signe géant « NE PAS REPASSER » en javanais les a découragé de passer mes vêtements en synthétique super-séchage au fer…
On se gâte : on est allés manger du sushi en quantité démente pour pas grand-chose. Première fois que je mélange bière (la bonne Bintang locale) et sushis. Pas si mal. Et on est même retournés au karaoké : on s’indonésifie il faut croire !
Notre dernière pratique de danse javanaise était aujourd’hui. Ça ne ressemble pas encore tout à fait à une danse qui a de l’allure, mais bon. Pour terminer à temps, on a eu recours a une technique drastique : il manquait aux hommes la moitié de la chorégraphie, alors on les fait sortir à la moitié de la musique. Et ensuite on se démerde seules. Les petits mouvements de mains, ça craint, mais je maitrise bien mon éventail, avant de l’envoyait promener. Des photos de mon humiliation en costume traditionnel suivront (le « spectacle » est samedi soir…).
Je suis allée voir un tailleur, en fait une couturière, pour me faire faire une robe avec mes 3 mètres de batik sublime achetés 3 fois rien. C’était quelque chose de me voir expliquer que mes vêtements seraient « non musulmans » et préciser que oui je voulais que ça soit cintré, non pas juste à moitié sous le buste, vraiment cintré. Et quand mon amie a expliqué qu’elle voulait une robe sans dos, l’incompréhension a atteint son comble. Une chance que des Indonésiens traduisaient et expliquaient « que chez nous c’est pas pareil ». Conclusion : selon les standards locaux, je vais en enfer.
Et aujourd’hui j’ai bu un vrai café. Et non pas le machin immonde pompeusement appelé mochaccino qui n’est si un chocolat, ni en café et simplement trop sucré. C’était divin.
Je suis toujours hautement traumatisée à l’idée de quitter l’Indo. Encore 3 jours puis l’Europe de nouveau.
Mes réflexions plus philosophico-éthiques suivront, probablement écrites dans mes 2000h d’avion à venir.
mercredi 22 juillet 2009
Le temps file
Épisode 2...
Et puis il y a eu Kukup. La plage. Enfin. Dire qu’on est sur une île et qu’on n’y était toujours pas allés. On nous avait averti que l’on ne pouvait pas vraiment se baigner, mais, téméraires, nous avions mis cette mise en garde sur l’indice de peur des Indonésiens, qui considèrent un rien une aventure terrifiante… Finalement, ils n’avaient pas si tort cette fois. On pouvait entrer dans l’eau, difficilement c’était des roches et des coraux couverts d’oursins et de coquilles coupantes, mais y rester était une autre histoire. En fait, se baigner consistait à se trouver un coin de corail pas trop plein d’oursins, s’accrocher à deux mains et se laisser écrabouiller par les vagues sur les dits coraux. Quelques aventureux ensemble, on a trouvé un microscopique coin d’une petite anfractuosité où le fond était en sable. Heureux comme des larrons, nous n’avons pas réalisé combien la contre-vague était forte et ce qui devrait arriver arriva : Andréanne et moi nous sommes fait emportés par le retrait d’une grosse vague, entre deux cris et des regards paniqués, nous nous sommes attrapées in extremis au bout du corail et avons passé un trop long moment à se faire lancer contre les roches, perdant prise et filant dans le courant sans cesse. Une fois sorties du bois, on s’est dit que ça suffirait pour l’eau. J’ai fêté ma survie par une grande noix de coco.
Puis c’était la fête d’un copino, et nous avons tous fini dans un bar a shisha, après 30 min à 7 dans un taxi (et moi sur le dessus, bien sûr). C’était sublime. Nous étions morts de faim et crevés et plusieurs plats et deux shishas plus tard nous étions tous bienheureux, couchés sur les bancs de bois. Une pure merveille et une douzaine de corps bronzés ou brûlés enfin détendus après trop d’heures de bus, des amitiés internationales autour d’une table.
Parce que ces évènements internationaux sont un couteau à double tranchant. On se fait dans amis dans 12 pays. On découvre ce qui universel, ce qui l’est moins. On en apprend sur soi et les autres. Mais on réalise surtout qu’on se ressemble tant que si la vie l’aurait voulu autrement, on aurait pu être autre chose. Que tout ça est un peu n’importe quoi : où on est, qui on rencontre, qui nous entoure, … Qu’en Écosse, Hollande, Danemark, Koweït et Allemagne, il y a des gens avec qui j’aurais pu vivre. Et qui maintenant vont me manquer.
La vie poursuivant son cours, entre nos tutos (séances d’APP : apprentissage par problèmes) et nos cours, il y a eu le 4e et avant dernier cours de danse. Oh là là. Après 3 cours à ne rien faire ou presque, les profs nous ont sorti 1min30 de chorégraphie, et n’arrêtent pas de la changer. Leur pédagogie avoisinne zéro : pas de temps sur lesquels compter, pas d’explication, on s’en tient au mîmes, pas de progression constant et logique, … juste un paquet de mouvement de mains et de pieds absolument pas naturels trop vite pour nos petites têtes. Et dire que samedi je fais ça sur une scène. Je prédis un désastre…
Et puis il y a eu le spa. Le plan était d’aller faire un truc, un traitement quelconque, qui impliquait un bain de lait et Dieu sait quoi d’autre. Enthousiasmées par l’idée de jouer à Cléopâtre, nous sommes allées. Finalement après s’êtres faites crémées, exfoliées (sans tendresse) on nous a enduit d’un genre de lait pseudo-caillé (au pinceau !), de la tête au pied. D’un côté de la cloison à l’autre on questionnait l’autre : « ils te font quoi ? », « moi ils me badigeonnent ! », « je me sens comme une dinde à Noël ! », « ensuite ils nous foutent au four ou quoi ? ». En fait oui : on nous a mis au sauna, vêtues de robes de chambre roses en rétine. 4 filles, deux Danoises et deux Québécoises, à demi-nues, ne sachant pas ce qu’elles font là. On nous a ensuite mises dans des bains, où notre lait caillé se liquéfiait, et l’on se baignait alors vraiment danse du lait… Comme leur logistique n’est pas impec, ils ont mis Andréanne dans une douche, puis dit à la Danoise : « vas là ». elle ouvre le rideau, trouve Andréanne nue qui pousse un cri, pousse elle-même un cri, je sors dans le couloir. Bref tout le monde qui crie, nu, dans le couloir. Surréaliste et hilarant.
Le reste demain ou après-demain. Je vais me rattraper.
Et puis il y a eu Kukup. La plage. Enfin. Dire qu’on est sur une île et qu’on n’y était toujours pas allés. On nous avait averti que l’on ne pouvait pas vraiment se baigner, mais, téméraires, nous avions mis cette mise en garde sur l’indice de peur des Indonésiens, qui considèrent un rien une aventure terrifiante… Finalement, ils n’avaient pas si tort cette fois. On pouvait entrer dans l’eau, difficilement c’était des roches et des coraux couverts d’oursins et de coquilles coupantes, mais y rester était une autre histoire. En fait, se baigner consistait à se trouver un coin de corail pas trop plein d’oursins, s’accrocher à deux mains et se laisser écrabouiller par les vagues sur les dits coraux. Quelques aventureux ensemble, on a trouvé un microscopique coin d’une petite anfractuosité où le fond était en sable. Heureux comme des larrons, nous n’avons pas réalisé combien la contre-vague était forte et ce qui devrait arriver arriva : Andréanne et moi nous sommes fait emportés par le retrait d’une grosse vague, entre deux cris et des regards paniqués, nous nous sommes attrapées in extremis au bout du corail et avons passé un trop long moment à se faire lancer contre les roches, perdant prise et filant dans le courant sans cesse. Une fois sorties du bois, on s’est dit que ça suffirait pour l’eau. J’ai fêté ma survie par une grande noix de coco.
Puis c’était la fête d’un copino, et nous avons tous fini dans un bar a shisha, après 30 min à 7 dans un taxi (et moi sur le dessus, bien sûr). C’était sublime. Nous étions morts de faim et crevés et plusieurs plats et deux shishas plus tard nous étions tous bienheureux, couchés sur les bancs de bois. Une pure merveille et une douzaine de corps bronzés ou brûlés enfin détendus après trop d’heures de bus, des amitiés internationales autour d’une table.
Parce que ces évènements internationaux sont un couteau à double tranchant. On se fait dans amis dans 12 pays. On découvre ce qui universel, ce qui l’est moins. On en apprend sur soi et les autres. Mais on réalise surtout qu’on se ressemble tant que si la vie l’aurait voulu autrement, on aurait pu être autre chose. Que tout ça est un peu n’importe quoi : où on est, qui on rencontre, qui nous entoure, … Qu’en Écosse, Hollande, Danemark, Koweït et Allemagne, il y a des gens avec qui j’aurais pu vivre. Et qui maintenant vont me manquer.
La vie poursuivant son cours, entre nos tutos (séances d’APP : apprentissage par problèmes) et nos cours, il y a eu le 4e et avant dernier cours de danse. Oh là là. Après 3 cours à ne rien faire ou presque, les profs nous ont sorti 1min30 de chorégraphie, et n’arrêtent pas de la changer. Leur pédagogie avoisinne zéro : pas de temps sur lesquels compter, pas d’explication, on s’en tient au mîmes, pas de progression constant et logique, … juste un paquet de mouvement de mains et de pieds absolument pas naturels trop vite pour nos petites têtes. Et dire que samedi je fais ça sur une scène. Je prédis un désastre…
Et puis il y a eu le spa. Le plan était d’aller faire un truc, un traitement quelconque, qui impliquait un bain de lait et Dieu sait quoi d’autre. Enthousiasmées par l’idée de jouer à Cléopâtre, nous sommes allées. Finalement après s’êtres faites crémées, exfoliées (sans tendresse) on nous a enduit d’un genre de lait pseudo-caillé (au pinceau !), de la tête au pied. D’un côté de la cloison à l’autre on questionnait l’autre : « ils te font quoi ? », « moi ils me badigeonnent ! », « je me sens comme une dinde à Noël ! », « ensuite ils nous foutent au four ou quoi ? ». En fait oui : on nous a mis au sauna, vêtues de robes de chambre roses en rétine. 4 filles, deux Danoises et deux Québécoises, à demi-nues, ne sachant pas ce qu’elles font là. On nous a ensuite mises dans des bains, où notre lait caillé se liquéfiait, et l’on se baignait alors vraiment danse du lait… Comme leur logistique n’est pas impec, ils ont mis Andréanne dans une douche, puis dit à la Danoise : « vas là ». elle ouvre le rideau, trouve Andréanne nue qui pousse un cri, pousse elle-même un cri, je sors dans le couloir. Bref tout le monde qui crie, nu, dans le couloir. Surréaliste et hilarant.
Le reste demain ou après-demain. Je vais me rattraper.
Sur la rivière
Salut les galopins ! Je crois que je tente de vivre mes derniers moments en Indonésie avec frénésie, parce que ça n’arrête plus. Comme ça fait plusieurs jours, mes récentes aventures seront relatées en quelques parties, que vous pouvez lire séparément, parce que sinon c’est un bon moton. C’est parti.
J’avais donc terminé mon dernier épisode sur mon départ pour le karaoké, un truc très prisé par les Indonésiens il semble. C’est un fait un grand édifice plein de petites salles insonorisées de capacités diverses, dans lesquelles l’on peut se ridiculiser en paix. On s’est donc ramassés là, une bonne demi-douzaine de pays, incluant une trâlée d’Indonésiens. À mon grand désespoir, partagé par mes colocs, nous avons appris qu’Aninda a été chanteuse dans un groupe pendant des années. Elle a une voix sublime. Nous avons du coup déclaré que nous ne chanterions pas sans quelques bières.
L’épisode du karaoké en tant que tel s’étant somme toute bien déroulé, nous sommes partis en ville galopiner dans les bars, et nous sommes retrouvés dans notre lieu de prédilection, le bar Lucifer, ou joue toujours un band live. Avant de poursuivre cette péripétie, je tiens à mentionner que je ne chante pas. Je ne chante pas, et surtout pas en public. Mais l’Indonésie a décidé de remédier à ça : une fois dans le bar, le chanteur a vu que je connaissais les paroles et m’a sans donner le choix mis un micro dans les mains. Terrorisée, j’ai entamé le refrain, mais n’ait pas pu me souvenir du reste. L’humiliation du siècle. Mis à part Catherine, mon Albertaine préférée, qui était là pour voir la chose arriver, les autres, qui étaient à la mezzanine, n’ont rien remarqué. Ne lâchant pas le morceau, quand j’ai fait une demande spéciale plus tard, le dit chanteur a réitéré, mais en pire : il m’a avoué ne pas connaître les paroles, m’a soulevé du sol et fichue sur la scène, a donné l’autre micro a un rastamen soul qui semblait connaître les chanson et m’a intimé de chanter, et là là. Trop confuse pour protester j’ai fait l’improbable : j’ai chanté, qui plus est une chanson de Bob Marley, moi la petite Québécoise, dans un band indonésien dans le sud de Java. Une chanson au complet. Seigneur. Fort heureusement aucun film ne prouve cette histoire.
Cette soirée a été suivie d’une journée en rafting. Un pur délice sur la rivière. Par standard québécoise, cette rivière manquait sérieusement d’eau, et les Européens d’entrain à la pagaie, mais je dois avouer que de se laisse dériver dans l’eau chaude des îles, palmiers et jungle au-dessus de la tête, en sautant occasionnellement d’une falaise dans la douce rivière. Nous étions des enfants de premier ordre : chaque fois que nous apercevions un autre raft, nous faisions un abordage sanglant et le but était de foutre tout le monde à l’eau. Comme l’eau était bonne, ce n’était pas bien grave, après un moment, je m’y lançais moi-même si ça ne venait pas assez vite. Et on a eu droit à une glorieuse noix de coco fraîche à la mi-chemin dans la rivière. Sans aucune grâce, je me suis mis la tête dans le noix et j’ai bu le lait et j’ai ensuite attaqué le reste sans vergogne.
On a tout remis le lendemain pour le tourisme, s’enfilant successivement le Palais d’eau, le marché des oiseaux (qui est un marché à animaux en général en fait), la fabrique de batik, le marché à argent (et autres machins précieux).
Le palais d’eau était beau, mais pas renversant. Le marché était un bordel d’immondices déconcertant et excitant à la fois. Serpents, oiseaux, chiens, scorpions et singes s’y trouvaient. Et mes photos vous en montreront plus. J’ai quand même tenu un singe dans mes mains. Il m’a ensuite chié dessus. Le malin. Et joué avec des chiots. Ouvert des grand yeux devant les méga-chauve-souris, plissé le nez face à l’odeur, sourcillé devant les conditions et ai utilisé mon désinfectant sans arrière-pensée ensuite…
Fin de l'épisode 1!
J’avais donc terminé mon dernier épisode sur mon départ pour le karaoké, un truc très prisé par les Indonésiens il semble. C’est un fait un grand édifice plein de petites salles insonorisées de capacités diverses, dans lesquelles l’on peut se ridiculiser en paix. On s’est donc ramassés là, une bonne demi-douzaine de pays, incluant une trâlée d’Indonésiens. À mon grand désespoir, partagé par mes colocs, nous avons appris qu’Aninda a été chanteuse dans un groupe pendant des années. Elle a une voix sublime. Nous avons du coup déclaré que nous ne chanterions pas sans quelques bières.
L’épisode du karaoké en tant que tel s’étant somme toute bien déroulé, nous sommes partis en ville galopiner dans les bars, et nous sommes retrouvés dans notre lieu de prédilection, le bar Lucifer, ou joue toujours un band live. Avant de poursuivre cette péripétie, je tiens à mentionner que je ne chante pas. Je ne chante pas, et surtout pas en public. Mais l’Indonésie a décidé de remédier à ça : une fois dans le bar, le chanteur a vu que je connaissais les paroles et m’a sans donner le choix mis un micro dans les mains. Terrorisée, j’ai entamé le refrain, mais n’ait pas pu me souvenir du reste. L’humiliation du siècle. Mis à part Catherine, mon Albertaine préférée, qui était là pour voir la chose arriver, les autres, qui étaient à la mezzanine, n’ont rien remarqué. Ne lâchant pas le morceau, quand j’ai fait une demande spéciale plus tard, le dit chanteur a réitéré, mais en pire : il m’a avoué ne pas connaître les paroles, m’a soulevé du sol et fichue sur la scène, a donné l’autre micro a un rastamen soul qui semblait connaître les chanson et m’a intimé de chanter, et là là. Trop confuse pour protester j’ai fait l’improbable : j’ai chanté, qui plus est une chanson de Bob Marley, moi la petite Québécoise, dans un band indonésien dans le sud de Java. Une chanson au complet. Seigneur. Fort heureusement aucun film ne prouve cette histoire.
Cette soirée a été suivie d’une journée en rafting. Un pur délice sur la rivière. Par standard québécoise, cette rivière manquait sérieusement d’eau, et les Européens d’entrain à la pagaie, mais je dois avouer que de se laisse dériver dans l’eau chaude des îles, palmiers et jungle au-dessus de la tête, en sautant occasionnellement d’une falaise dans la douce rivière. Nous étions des enfants de premier ordre : chaque fois que nous apercevions un autre raft, nous faisions un abordage sanglant et le but était de foutre tout le monde à l’eau. Comme l’eau était bonne, ce n’était pas bien grave, après un moment, je m’y lançais moi-même si ça ne venait pas assez vite. Et on a eu droit à une glorieuse noix de coco fraîche à la mi-chemin dans la rivière. Sans aucune grâce, je me suis mis la tête dans le noix et j’ai bu le lait et j’ai ensuite attaqué le reste sans vergogne.
On a tout remis le lendemain pour le tourisme, s’enfilant successivement le Palais d’eau, le marché des oiseaux (qui est un marché à animaux en général en fait), la fabrique de batik, le marché à argent (et autres machins précieux).
Le palais d’eau était beau, mais pas renversant. Le marché était un bordel d’immondices déconcertant et excitant à la fois. Serpents, oiseaux, chiens, scorpions et singes s’y trouvaient. Et mes photos vous en montreront plus. J’ai quand même tenu un singe dans mes mains. Il m’a ensuite chié dessus. Le malin. Et joué avec des chiots. Ouvert des grand yeux devant les méga-chauve-souris, plissé le nez face à l’odeur, sourcillé devant les conditions et ai utilisé mon désinfectant sans arrière-pensée ensuite…
Fin de l'épisode 1!
samedi 18 juillet 2009
Jour 21 de 53
Dans une semaine, je quitte l'Indonésie. La réalisation de ce fait inéluctable aujourd'hui m'a terrorisée...
Mais d'ici là, encore plein de péripéties à raconter.
Donc: 3e cours de danse javanaise, 2e session de futsal, un tour d'éléphant, un festival de Gamelan et un cours sur la malaria. Il y a aussi mille et une réflexion que je voudrais partager sur ma visite à l'hôpital (pour mon bloc "tuberculose") et la médication des étrangers ici, mais je ne sais pas si j'aurai le temps ce soir...
Je me suis donc farcie mon 3e cours de danse javanaise, ce qui n'en laisse que deux avant que l'on me fasse enfiler une robe traditionnelle et me lance sur une scène, ne me demandez pas comment je me suis rendue là... En fait, aujourd'hui on nous annonce comme ça qu'il n'y a pas de place pour qu'on fasse tous la danse dite "mixte" et qu'on va nous sélectionner. Quoi?! Des auditions? Et ben oui toi. On donnait des petits papiers aux élus. J'ai "fait" la sélection, sans grand mérite à mon avis et il s'agira maintenant d'exécuter la chorégraphie gracieusement, ce qui n'est pas une mince affaire.
Ma 2e session de futsal s'est ouverte sur une entrée majesteuse: j'ai eu un lift du comité en moto. Pendant les autres marchaient dans la chaleur sur le goudron, je filais les cheveux au vent. La joie. Globalement, je suis toujours aussi pourrie à ce jeu, mais des vagues améliorations semblent émerger. Hier, j'ai même compté un but.
L'éléphant. Le clou de ma journée, de mon voyage, de ma semaine. La gloire incarnée. J'ai fait du pachyderme! On s'est pointés, toute une petite troupe, à côté du palais du sultan, et on a discuté du prix d'un tour d'éléphant autour du parc. Finalement, à deux sur la bête à la fois, il ne nous â coûté que 3$ par personne pour se balader autour du square, béats de bonheur. Andréanne et moi nous sommes donc enlacées sur le dos du mastodonte, émerveillées, piaillant notre joie sans bornes. Décidément, la vie gagne à être vécue sur le dos d'un éléphant. Je crois avoir réaliser le fantasme de mon enfance, sublimé par des visionnement répétitifs de "Dumbo". Conclusion du jour: je veux un éléphant.
Le gamelan, ah oui. Quelle histoire. Le gamelan, c'est un espèce de xylophone tradiotionnel indonésien. On devait aller voir ça en grand groupe. À l'heure dite, et même d'avance, je me pointe dans ce trou de la ville, et je suis seule. Je marche, tourne en rond, monte, descend, rien. Je suis, bien sûr, la seule fille blanche à l'horizon, à part deux ou trois types louches. Après une demie-heure de ce régime un peu stressant, je trouve Andréanne, aussi perdue. Mais 2 sur 15, ça reste un mauvaise taux. On refait le tour mille fois, rien. Finalement, bien en retard, on trouve 4 ou 5 filles, qui nous annonce que le reste des gens nous attendait dans un restaurant, alors qu'on ne savait ni qu'elles y étaient, ni où c'était. Enfin. On a donc été voir ce spectable de gamelan, dans le cadre du festival de la chose. Restes que du gamelan, c'est pas accessible tout de suite pour un occidental, qui plus est une fille qui ne va pas trop au concert même chez elle. Et là, c'était du gamelan expériemental! Seigneur. C'était intense. Disons donc qu'après un moment, Andréanne et moi avons filé vers une bar se prendre une bonne Bin Tang fraîche, l'immersion culturelle suffisant pour la journée.
Aujourd'hui, cours sur la malaria. C'est un peu triste, c'est le dernier bloc, déjà. Mais pur bonheur: la conférencière parlait véritablement anglais. Comparativement à ces collègues prédécesseurs, qui ne faisaient que marmonner un truc vaguement similaire. Le cours en était que plus excitant.
Je crois que ce sera tout pour aujourd'hui, il fait deux cents degrés il me semble, il faudrait donc que je file me doucher avant que Aninda, ma host, m'amène au karaoké (la honte, mais les Indonésiens adorent!). Demain c'est le rafting, de nouvelles histoires et cicatrices en perspective!
Bon bisous de Yogya.
Mais d'ici là, encore plein de péripéties à raconter.
Donc: 3e cours de danse javanaise, 2e session de futsal, un tour d'éléphant, un festival de Gamelan et un cours sur la malaria. Il y a aussi mille et une réflexion que je voudrais partager sur ma visite à l'hôpital (pour mon bloc "tuberculose") et la médication des étrangers ici, mais je ne sais pas si j'aurai le temps ce soir...
Je me suis donc farcie mon 3e cours de danse javanaise, ce qui n'en laisse que deux avant que l'on me fasse enfiler une robe traditionnelle et me lance sur une scène, ne me demandez pas comment je me suis rendue là... En fait, aujourd'hui on nous annonce comme ça qu'il n'y a pas de place pour qu'on fasse tous la danse dite "mixte" et qu'on va nous sélectionner. Quoi?! Des auditions? Et ben oui toi. On donnait des petits papiers aux élus. J'ai "fait" la sélection, sans grand mérite à mon avis et il s'agira maintenant d'exécuter la chorégraphie gracieusement, ce qui n'est pas une mince affaire.
Ma 2e session de futsal s'est ouverte sur une entrée majesteuse: j'ai eu un lift du comité en moto. Pendant les autres marchaient dans la chaleur sur le goudron, je filais les cheveux au vent. La joie. Globalement, je suis toujours aussi pourrie à ce jeu, mais des vagues améliorations semblent émerger. Hier, j'ai même compté un but.
L'éléphant. Le clou de ma journée, de mon voyage, de ma semaine. La gloire incarnée. J'ai fait du pachyderme! On s'est pointés, toute une petite troupe, à côté du palais du sultan, et on a discuté du prix d'un tour d'éléphant autour du parc. Finalement, à deux sur la bête à la fois, il ne nous â coûté que 3$ par personne pour se balader autour du square, béats de bonheur. Andréanne et moi nous sommes donc enlacées sur le dos du mastodonte, émerveillées, piaillant notre joie sans bornes. Décidément, la vie gagne à être vécue sur le dos d'un éléphant. Je crois avoir réaliser le fantasme de mon enfance, sublimé par des visionnement répétitifs de "Dumbo". Conclusion du jour: je veux un éléphant.
Le gamelan, ah oui. Quelle histoire. Le gamelan, c'est un espèce de xylophone tradiotionnel indonésien. On devait aller voir ça en grand groupe. À l'heure dite, et même d'avance, je me pointe dans ce trou de la ville, et je suis seule. Je marche, tourne en rond, monte, descend, rien. Je suis, bien sûr, la seule fille blanche à l'horizon, à part deux ou trois types louches. Après une demie-heure de ce régime un peu stressant, je trouve Andréanne, aussi perdue. Mais 2 sur 15, ça reste un mauvaise taux. On refait le tour mille fois, rien. Finalement, bien en retard, on trouve 4 ou 5 filles, qui nous annonce que le reste des gens nous attendait dans un restaurant, alors qu'on ne savait ni qu'elles y étaient, ni où c'était. Enfin. On a donc été voir ce spectable de gamelan, dans le cadre du festival de la chose. Restes que du gamelan, c'est pas accessible tout de suite pour un occidental, qui plus est une fille qui ne va pas trop au concert même chez elle. Et là, c'était du gamelan expériemental! Seigneur. C'était intense. Disons donc qu'après un moment, Andréanne et moi avons filé vers une bar se prendre une bonne Bin Tang fraîche, l'immersion culturelle suffisant pour la journée.
Aujourd'hui, cours sur la malaria. C'est un peu triste, c'est le dernier bloc, déjà. Mais pur bonheur: la conférencière parlait véritablement anglais. Comparativement à ces collègues prédécesseurs, qui ne faisaient que marmonner un truc vaguement similaire. Le cours en était que plus excitant.
Je crois que ce sera tout pour aujourd'hui, il fait deux cents degrés il me semble, il faudrait donc que je file me doucher avant que Aninda, ma host, m'amène au karaoké (la honte, mais les Indonésiens adorent!). Demain c'est le rafting, de nouvelles histoires et cicatrices en perspective!
Bon bisous de Yogya.
jeudi 16 juillet 2009
Vivante
Oui il y a eu deux bombes qui ont explosées ce matin. Mais c’était à Jakarta, et je suis à Yogykarta, c’est encore Java, mais c’est considéré loin.
Donc, je suis vivante, je vais bien.
Il y a aussi une alerte de tsunami, mais ça ne concerne que la Nouvelle-Zélande.
Le mot d’ordre: pas de panique.
Donc, je suis vivante, je vais bien.
Il y a aussi une alerte de tsunami, mais ça ne concerne que la Nouvelle-Zélande.
Le mot d’ordre: pas de panique.
Beaucoup de sueur et un peu de sang
J’en suis déjà à 2 cours de danse javanaise. Je me sens toujours aussi stupide, mais apparemment c’est mieux. Le groupe des hommes est encore hautement divertissant, mais le progrès phénoménal. On nous a annoncé que nous présentions notre numéro à la soirée d’adieu : les regards horrifiés s’ensuivirent. Visiblement, je n’étais pas la seule à n’avoir pas saisi cette implication. Notre expérience culturelle a un tout autre goût maintenant…
Nous avons visité une panoplie de musées d’une lourdeur absolue. Le musée de l’indépendance encensait le 9ième sultan, héro de cet évènement historique, au point d’exposer les objets de sa vie courante. Comme le sultan était un grand fan de cuisine, les mitaines royales étaient exposées. Avec sa cuillère préférée et son torchon. Sérieux… D’autres musées étaient plus obscurs : je ne comprenais pas l’intérêt du musée de calèches (ceci n’est pas un blague), ni rien à l’exposition du musée d’un fort. Les guides parlant un anglais aussi épais qu’une mélasse, j’ai abandonné. Surtout quand le guide du palais du sultan s’est mis à expliquer que l’excision des jeunes filles avait un sens hygiénique. Mon grognement en disait long, mais devant tant de certitude, je n’ai pas voulu publiquement l’insulter, mon opinion (une femme blanche !) n’aurait certainement eu aucun effet. Mais je n’étais pas la seule à ouvrir grand rond les yeux.
Par contre, le temple de Prambanan était un vrai délice. Le site archéologique était immense, les temples sublimes et le guide fluides et une douzaine de langues il semblait. Nous nous sommes régalés. Moult photos et escalade plus tard (je me suis perchée sur la tête d’un bonhomme qui ressemblait à un Bouddha, mais devrait être autre chose, c’est quand même un temple hindou…) c’était l’heure du « ballet ». Qui n’a du ballet que le nom. Une chance que notre guide au temple nous a expliqué que la culture javanaise encense la lenteur et le doux court du temps (à ce moment des explications, notre groupe a fait un « aaah ! » collectif, signe d’une compréhension soudaine de la lenteur incroyable de nos organisateurs et hôtes, ainsi que des Indonésiens en général), c’était bien la danse la plus lente du monde. Parfois ça s’accélérait un peu, mais on restait dans le mouvement de détail, les petits jeux de mains, les grands masques et costumes et les mouvements lents. J’ai saisi qu’il y avait un prince, une princesse, une histoire de chasse au cerf et une bataille entre le bien et le mal, mais c’est tout. C’était tout de même une expérience incroyable.
J’ai aussi récupéré mon lavage de la laverie du coin : quelle surprise d’avoir des bobettes repassées ! Disons que si je pouvais avoir du linge lavé, séché, repassé et plié pour 50 sous à Montréal, je ferai la grève de ma laveuse…
Et il y a eu le futsal, du football européen sur un terrain pas mal plus petit en fait. Bien que mon équipe se soit faite massacrer, ce fut un après-midi des plus sympathiques et un peu de sport bienheureux, malgré force roulades lors de chutes soudaines dans le terrain synthétique et un incident impliquant mon nez, un ballon et un saignement soudain. Ayant reçu la balle bien en pleine figure, le nez dégoulinant de sang, j’ai promptement essuyé le tout de mes mains pour continuer la partie, et ayant droit à un penalty pour avoir subi le tout, j’ai sublimé mon agressivité dans le seul but que j’aie compté de la journée. Nous étions suants comme jamais, et ce ne fut pas une mince affaire de se décrasser les pieds par la suite, nous jouions pieds nus... mais quelle journée, vraiment.
Sinon la santé générale se porte bien ici. Les problèmes intestinaux sévères sont virtuellement absents, nous sommes en voie de déclarer la nourriture comme bien propre. Je ne me suis pas résolue à manger des abats, ou du poumon je ne suis pas certaine, de bœuf pour déjeuner. Un soir, passe, mais pas à 7h. les déjeuners oscillent entre européens et indonésiens, mes colocs ne semblent pas enchantées de ma demande de nourriture plus indonésienne, donc on est de retour aux expérimentations culinaires pseudo-occidentales. Une vilaine toux touche par contre une bonne part du groupe, il semble que l’air climatisé méga-puissant que l’on a une minute sur deux, combiné à la pollution assez intense (mille milliards de motos qui fument et des déchets qu’on brûle) et beaucoup de cigarettes, ne soit pas bien tolérées par nos gorges…
Les aventures de Geneviève en Asie se continuent donc par ses petites péripéties, beaucoup de sueur et un peu de sang quoi, et des courses en taxi pleines de rebondissements. J’ai de plus en plus de questions sur la vie, mais pas tant de réponses. Le départ pour l’Europe approche, un peu trop vite, je suis bien ici, et je suis aussi déçue de ne pas passer un peu plus de temps en Asie avec les autres, Bali, la Malaisie et le Vietnam attendront.
Adios les galopins, la soirée internationale (des recettes de chacun, mais sans porc, ni alcool, ce que les Polonais ont trouvé difficile il semble) m’attend.
Nous avons visité une panoplie de musées d’une lourdeur absolue. Le musée de l’indépendance encensait le 9ième sultan, héro de cet évènement historique, au point d’exposer les objets de sa vie courante. Comme le sultan était un grand fan de cuisine, les mitaines royales étaient exposées. Avec sa cuillère préférée et son torchon. Sérieux… D’autres musées étaient plus obscurs : je ne comprenais pas l’intérêt du musée de calèches (ceci n’est pas un blague), ni rien à l’exposition du musée d’un fort. Les guides parlant un anglais aussi épais qu’une mélasse, j’ai abandonné. Surtout quand le guide du palais du sultan s’est mis à expliquer que l’excision des jeunes filles avait un sens hygiénique. Mon grognement en disait long, mais devant tant de certitude, je n’ai pas voulu publiquement l’insulter, mon opinion (une femme blanche !) n’aurait certainement eu aucun effet. Mais je n’étais pas la seule à ouvrir grand rond les yeux.
Par contre, le temple de Prambanan était un vrai délice. Le site archéologique était immense, les temples sublimes et le guide fluides et une douzaine de langues il semblait. Nous nous sommes régalés. Moult photos et escalade plus tard (je me suis perchée sur la tête d’un bonhomme qui ressemblait à un Bouddha, mais devrait être autre chose, c’est quand même un temple hindou…) c’était l’heure du « ballet ». Qui n’a du ballet que le nom. Une chance que notre guide au temple nous a expliqué que la culture javanaise encense la lenteur et le doux court du temps (à ce moment des explications, notre groupe a fait un « aaah ! » collectif, signe d’une compréhension soudaine de la lenteur incroyable de nos organisateurs et hôtes, ainsi que des Indonésiens en général), c’était bien la danse la plus lente du monde. Parfois ça s’accélérait un peu, mais on restait dans le mouvement de détail, les petits jeux de mains, les grands masques et costumes et les mouvements lents. J’ai saisi qu’il y avait un prince, une princesse, une histoire de chasse au cerf et une bataille entre le bien et le mal, mais c’est tout. C’était tout de même une expérience incroyable.
J’ai aussi récupéré mon lavage de la laverie du coin : quelle surprise d’avoir des bobettes repassées ! Disons que si je pouvais avoir du linge lavé, séché, repassé et plié pour 50 sous à Montréal, je ferai la grève de ma laveuse…
Et il y a eu le futsal, du football européen sur un terrain pas mal plus petit en fait. Bien que mon équipe se soit faite massacrer, ce fut un après-midi des plus sympathiques et un peu de sport bienheureux, malgré force roulades lors de chutes soudaines dans le terrain synthétique et un incident impliquant mon nez, un ballon et un saignement soudain. Ayant reçu la balle bien en pleine figure, le nez dégoulinant de sang, j’ai promptement essuyé le tout de mes mains pour continuer la partie, et ayant droit à un penalty pour avoir subi le tout, j’ai sublimé mon agressivité dans le seul but que j’aie compté de la journée. Nous étions suants comme jamais, et ce ne fut pas une mince affaire de se décrasser les pieds par la suite, nous jouions pieds nus... mais quelle journée, vraiment.
Sinon la santé générale se porte bien ici. Les problèmes intestinaux sévères sont virtuellement absents, nous sommes en voie de déclarer la nourriture comme bien propre. Je ne me suis pas résolue à manger des abats, ou du poumon je ne suis pas certaine, de bœuf pour déjeuner. Un soir, passe, mais pas à 7h. les déjeuners oscillent entre européens et indonésiens, mes colocs ne semblent pas enchantées de ma demande de nourriture plus indonésienne, donc on est de retour aux expérimentations culinaires pseudo-occidentales. Une vilaine toux touche par contre une bonne part du groupe, il semble que l’air climatisé méga-puissant que l’on a une minute sur deux, combiné à la pollution assez intense (mille milliards de motos qui fument et des déchets qu’on brûle) et beaucoup de cigarettes, ne soit pas bien tolérées par nos gorges…
Les aventures de Geneviève en Asie se continuent donc par ses petites péripéties, beaucoup de sueur et un peu de sang quoi, et des courses en taxi pleines de rebondissements. J’ai de plus en plus de questions sur la vie, mais pas tant de réponses. Le départ pour l’Europe approche, un peu trop vite, je suis bien ici, et je suis aussi déçue de ne pas passer un peu plus de temps en Asie avec les autres, Bali, la Malaisie et le Vietnam attendront.
Adios les galopins, la soirée internationale (des recettes de chacun, mais sans porc, ni alcool, ce que les Polonais ont trouvé difficile il semble) m’attend.
dimanche 12 juillet 2009
Quelques réflexions...
Et mes quelques réflexions accumulées depuis l’arrivée…
1. Insectes et animaux
-Une coquerelle dans la cuisine? No big deal, c’est seulement la cuisine, et puis souviens-toi de feu ta vie aux Antilles, c’en était plein.
-Un lézard sur le mur de ton lit ? Un peu de bruit et il s’en ira, il aime la lumière, donc tu dis que la nuit ta chambre ne sera pas son endroit de prédilection…
-Une araignée sur ton oreiller ? On retire l’importune, on vérifie s’il était en famille et on se dit « non, non et non, mon matelas n’en est pas infesté ».
-Une fourmi flotte gaiement dans ta bouteille d’eau : transvases encore et encore entre deux bouteilles, jusqu’à attraper la bestiole.
2. La ville
-Tu piles dans une flaque d’eau douteuse en ville ? Ton meilleur ami le déni est là : « c’était de l’eau de pluie, je suis certaine ». Ouais, ouais, c’est ça.
-Les routes sont magnifiques, mais les trottoirs, pas toujours là… et puis pour traverser on apprend à se lancer devant les véhicules, sinon ça ne vient jamais.
-Motos à profusion. Quand je dis à profusion, c’est que c’est peut-être 60 à 70% des véhicules sur la route, avec généralement 2, 3, voir 4 personnes sur une… sans compter ceux qui transportent des marchandises comme ça : deux gros paniers de chaque côté, emplis de pastèques, casseroles, fourrage pour les animaux, etc.
-Les voies sont souvent séparées par un terre-plein, ce qui fait qu’il faut souvent aller plus loin, jusqu’au prochain « trou » dans le terre-plein, pour sortir. Ces « trous » sont là spécifiquement pour faire des « u-turns ». Gare à la voie de gauche, aussi séparée par un terre-plein : c’est pour les motos, ou pour les voitures qui prennent la prochaine sortie.
3. Les taxis
-Tu comprends que dalle de ce que le chauffeur de taxi demande pour la course : dans le doute, tu lui demande d’écrire le prix pour que ce soit bien le bon nombre de zéros (entre 20 000 et 200 000, une erreur est si vite faite !).
-Les chauffeurs de taxis (ici « taksi ») ne parlent généralement pas anglais, et ils aiment bien rendre le mauvais change, et puis ils ne savent pas toujours c’est où chez toi… Il faut comprendre, ici les rues ne sont pas indiquées, et les adresses sont données en fonction de la grosse artère la plus proche. Par exemple, j’habite officiellement sur Gedong Kuning, mais dans les faits, je suis deux ruelles miteuses plus loin. Le positif dans tout ça : maintenant je connais mon cartier, j’arrive à savoir quand les chauffeurs vont n’importe où et à marcher jusque chez moi d’un peu partout autour. Et le plus important : à savoir expliquer où j’habite, parce que Gedong Kuning c’est une rue et un cartier et j’habite sur cette rue, mais dans le cartier de Karangsari, et quand ça ne fait toujours pas, je sais maintenant que le resto à côté de chez moi est très connu, le Suharti.
-Un chauffeur veut te charger 30 000 pour rentrer chez toi : tu quittes le lieu et dit au chauffeur suivant qu’on t’a offert 15 000. Vous vous entendez sur 20 000 et la vie est belle…
4. Les gens
-On te questionne sur ta religion et celle de ton groupe… moment de flottement, répondre fermement et définitivement : « nous sommes tous Chrétiens, mais je respecte beaucoup l’islam, d’ailleurs je vis chez des musulmans ».
-Hyper gentils, vraiment, mais un peu enfantins (les jeunes adultes par exemple) et assez craintifs, dans le sens de socialement conformés. Par exemples les jeunes du comité organisateur ici s’extasient devant des jeux que des enfants au camp de jour à 10 ans commencent à trouver ringard. On peine à suivre. Et tout le monde est si sage et poli, que toute action un peu aventureuses est considérée comme dangereuse et grave. A la campagne, se mettre les pieds de l’eau était intense, s’asseoir avec les jambes dans le vide sur un pont, un danger, grimper les cailloux trop difficile, … c’est comme si la jauge de peur se remplissait plus vite pour nos guides que nous.
-Polis au point d’utiliser des formulations du genre « We’ll try to move towards the question period ». Et si on faisait juste le faire ? Ou « Let’s prepare for the briefing ». Je cherche encore ce qu’il faut faire quand on est déjà assis dans une salle avant de recevoir des informations.
-Lents. Mignons dans leurs mille détours pour arriver à un point si simple, mais très, très lents. Tout est compliqué : il faut mille règles, mille explications, mille horaires qui changent et ne sont jamais suivis, et pas trop de spontanéité. Mais ça c’est peut-être juste le comité organisateur ici.
5. Les vêtements
-Les femmes se voilent, mais vraiment pas toutes ! Et encore moins en toute occasion. Aninda, mon hôte, met son voile pour à l’université, c’est obligatoire, mais le reste du temps, jamais. Elle porte même du rouge à lèvres, des robes au genou et des talons hauts parfois, les cheveux dans le vent. Et pas un niqab ou une burqa en vue, mes dernières datent de l’aéroport d’Abu Dhabi. Juste un foulard sur la date, généralement joliement coloré ou brodé. Le modèle avec petite casquette intégrée est populaire ici, probablement à cause du soleil. Et quand on sort de la ville, le taux de hijab baisse en flèche. Le statut du la femme reste assez bon, bien meilleur que beaucoup de pays asiatiques non-musulmans d’ailleurs. Foulard ou pas, les femmes sont médecins, guides de montagne, informaticiennes et musiciennes. J’en ai même vu une avec la casquette de son orchestre par-dessus sont hijab…
-Tout le monde s’habille chaudement, et pas seulement à cause de la pudeur collective, les vestes à manches longues à 25 degrés, des gants des fois, les bas dans les sandales (ils en mettent pour la moto aussi), ça se voit.
-Finalement, hors de l'université, j'ai osé la camisole à quelques reprises, rien de très fou, juste un truc sans manche, et le résultat est encourageant: on ne semble pas me trouver plus ou moins hors-normes qu'avant, je reste une blanche, mais je n'ai pas l'air d'être diabolisée à cause d'une épaule, même si pour le moment je n'ai pas tenté l'expérience souvent.
6. Installations
-Encore une putain de toilette turque (on est à l’université et c’est comme ça, seule certaines maisons et le McDo sont épargnés il semble…). Une chose à la fois : d’abord se déshabiller au grand complet, ensuite trouver les réserves de papier de toilette dans son sac, et agir promptement. Puis il faut mettre de l’eau à la petite cuillère dans la cuvette immonde jusqu’à que ça soit l’équivalent d’une chasse d’eau. Et essayer de ne pas boire trop, sans se déshydrater, parce qu’on ne veut par répéter l’expérience trop souvent dans une journée…
-Le « social program » de l’École d’été t’amène à la campagne, on t’as promis « un bel hôtel »… flairez l’arnaque, c’était plutôt un vieux camp de jour (ou ça ressemblait) avec des chambres à deux étages, et 8 matelas sur le sol de chacun et des araignées qui tombent du plafond. Les toilettes, turques, étaient à côté des « douches », une case avec une cruche. L’horaire prévoyait 1h pour « prendre son bain », tout le monde a préféré dormir.
7. Nourriture
-Du riz. Des pâtes de riz. Du poulet. Des crevettes. Légumes et fruits ? Peu, et pas dans les repas.
-Le but de tout voyageur ici est d’augmenter sa diète en fibres : jus de mangues, petites oranges, brocoli chinois dans les sautés, tout ce qui est possible.
-Mais la nourriture est généralement très bonne. Leurs entrées et gâteux sont particulièrement étranges, très gras, ni salés, ni sucrés, au goût imprécis et à la couleur louche (ils aiment bien les colorer…). Mais les plats de riz et de pâtes sont généralement délicieusement assaisonnés.
1. Insectes et animaux
-Une coquerelle dans la cuisine? No big deal, c’est seulement la cuisine, et puis souviens-toi de feu ta vie aux Antilles, c’en était plein.
-Un lézard sur le mur de ton lit ? Un peu de bruit et il s’en ira, il aime la lumière, donc tu dis que la nuit ta chambre ne sera pas son endroit de prédilection…
-Une araignée sur ton oreiller ? On retire l’importune, on vérifie s’il était en famille et on se dit « non, non et non, mon matelas n’en est pas infesté ».
-Une fourmi flotte gaiement dans ta bouteille d’eau : transvases encore et encore entre deux bouteilles, jusqu’à attraper la bestiole.
2. La ville
-Tu piles dans une flaque d’eau douteuse en ville ? Ton meilleur ami le déni est là : « c’était de l’eau de pluie, je suis certaine ». Ouais, ouais, c’est ça.
-Les routes sont magnifiques, mais les trottoirs, pas toujours là… et puis pour traverser on apprend à se lancer devant les véhicules, sinon ça ne vient jamais.
-Motos à profusion. Quand je dis à profusion, c’est que c’est peut-être 60 à 70% des véhicules sur la route, avec généralement 2, 3, voir 4 personnes sur une… sans compter ceux qui transportent des marchandises comme ça : deux gros paniers de chaque côté, emplis de pastèques, casseroles, fourrage pour les animaux, etc.
-Les voies sont souvent séparées par un terre-plein, ce qui fait qu’il faut souvent aller plus loin, jusqu’au prochain « trou » dans le terre-plein, pour sortir. Ces « trous » sont là spécifiquement pour faire des « u-turns ». Gare à la voie de gauche, aussi séparée par un terre-plein : c’est pour les motos, ou pour les voitures qui prennent la prochaine sortie.
3. Les taxis
-Tu comprends que dalle de ce que le chauffeur de taxi demande pour la course : dans le doute, tu lui demande d’écrire le prix pour que ce soit bien le bon nombre de zéros (entre 20 000 et 200 000, une erreur est si vite faite !).
-Les chauffeurs de taxis (ici « taksi ») ne parlent généralement pas anglais, et ils aiment bien rendre le mauvais change, et puis ils ne savent pas toujours c’est où chez toi… Il faut comprendre, ici les rues ne sont pas indiquées, et les adresses sont données en fonction de la grosse artère la plus proche. Par exemple, j’habite officiellement sur Gedong Kuning, mais dans les faits, je suis deux ruelles miteuses plus loin. Le positif dans tout ça : maintenant je connais mon cartier, j’arrive à savoir quand les chauffeurs vont n’importe où et à marcher jusque chez moi d’un peu partout autour. Et le plus important : à savoir expliquer où j’habite, parce que Gedong Kuning c’est une rue et un cartier et j’habite sur cette rue, mais dans le cartier de Karangsari, et quand ça ne fait toujours pas, je sais maintenant que le resto à côté de chez moi est très connu, le Suharti.
-Un chauffeur veut te charger 30 000 pour rentrer chez toi : tu quittes le lieu et dit au chauffeur suivant qu’on t’a offert 15 000. Vous vous entendez sur 20 000 et la vie est belle…
4. Les gens
-On te questionne sur ta religion et celle de ton groupe… moment de flottement, répondre fermement et définitivement : « nous sommes tous Chrétiens, mais je respecte beaucoup l’islam, d’ailleurs je vis chez des musulmans ».
-Hyper gentils, vraiment, mais un peu enfantins (les jeunes adultes par exemple) et assez craintifs, dans le sens de socialement conformés. Par exemples les jeunes du comité organisateur ici s’extasient devant des jeux que des enfants au camp de jour à 10 ans commencent à trouver ringard. On peine à suivre. Et tout le monde est si sage et poli, que toute action un peu aventureuses est considérée comme dangereuse et grave. A la campagne, se mettre les pieds de l’eau était intense, s’asseoir avec les jambes dans le vide sur un pont, un danger, grimper les cailloux trop difficile, … c’est comme si la jauge de peur se remplissait plus vite pour nos guides que nous.
-Polis au point d’utiliser des formulations du genre « We’ll try to move towards the question period ». Et si on faisait juste le faire ? Ou « Let’s prepare for the briefing ». Je cherche encore ce qu’il faut faire quand on est déjà assis dans une salle avant de recevoir des informations.
-Lents. Mignons dans leurs mille détours pour arriver à un point si simple, mais très, très lents. Tout est compliqué : il faut mille règles, mille explications, mille horaires qui changent et ne sont jamais suivis, et pas trop de spontanéité. Mais ça c’est peut-être juste le comité organisateur ici.
5. Les vêtements
-Les femmes se voilent, mais vraiment pas toutes ! Et encore moins en toute occasion. Aninda, mon hôte, met son voile pour à l’université, c’est obligatoire, mais le reste du temps, jamais. Elle porte même du rouge à lèvres, des robes au genou et des talons hauts parfois, les cheveux dans le vent. Et pas un niqab ou une burqa en vue, mes dernières datent de l’aéroport d’Abu Dhabi. Juste un foulard sur la date, généralement joliement coloré ou brodé. Le modèle avec petite casquette intégrée est populaire ici, probablement à cause du soleil. Et quand on sort de la ville, le taux de hijab baisse en flèche. Le statut du la femme reste assez bon, bien meilleur que beaucoup de pays asiatiques non-musulmans d’ailleurs. Foulard ou pas, les femmes sont médecins, guides de montagne, informaticiennes et musiciennes. J’en ai même vu une avec la casquette de son orchestre par-dessus sont hijab…
-Tout le monde s’habille chaudement, et pas seulement à cause de la pudeur collective, les vestes à manches longues à 25 degrés, des gants des fois, les bas dans les sandales (ils en mettent pour la moto aussi), ça se voit.
-Finalement, hors de l'université, j'ai osé la camisole à quelques reprises, rien de très fou, juste un truc sans manche, et le résultat est encourageant: on ne semble pas me trouver plus ou moins hors-normes qu'avant, je reste une blanche, mais je n'ai pas l'air d'être diabolisée à cause d'une épaule, même si pour le moment je n'ai pas tenté l'expérience souvent.
6. Installations
-Encore une putain de toilette turque (on est à l’université et c’est comme ça, seule certaines maisons et le McDo sont épargnés il semble…). Une chose à la fois : d’abord se déshabiller au grand complet, ensuite trouver les réserves de papier de toilette dans son sac, et agir promptement. Puis il faut mettre de l’eau à la petite cuillère dans la cuvette immonde jusqu’à que ça soit l’équivalent d’une chasse d’eau. Et essayer de ne pas boire trop, sans se déshydrater, parce qu’on ne veut par répéter l’expérience trop souvent dans une journée…
-Le « social program » de l’École d’été t’amène à la campagne, on t’as promis « un bel hôtel »… flairez l’arnaque, c’était plutôt un vieux camp de jour (ou ça ressemblait) avec des chambres à deux étages, et 8 matelas sur le sol de chacun et des araignées qui tombent du plafond. Les toilettes, turques, étaient à côté des « douches », une case avec une cruche. L’horaire prévoyait 1h pour « prendre son bain », tout le monde a préféré dormir.
7. Nourriture
-Du riz. Des pâtes de riz. Du poulet. Des crevettes. Légumes et fruits ? Peu, et pas dans les repas.
-Le but de tout voyageur ici est d’augmenter sa diète en fibres : jus de mangues, petites oranges, brocoli chinois dans les sautés, tout ce qui est possible.
-Mais la nourriture est généralement très bonne. Leurs entrées et gâteux sont particulièrement étranges, très gras, ni salés, ni sucrés, au goût imprécis et à la couleur louche (ils aiment bien les colorer…). Mais les plats de riz et de pâtes sont généralement délicieusement assaisonnés.
La fin de semaine à la campagne
À peu près une semaine aujourd’hui, et quand je suis revenue de mes 36h à la campagne, je me suis dit « je rentre chez moi ». « Chez moi » étant chez Aninda. Comme quoi on est bien vite ici. La visite à Kaliurang était pleine de hauts et de « bas », plutôt des pépins. Les installations étaient assez rebutantes et on nous a demandé de faire un spectacle par groupe d’APP (apprentissage par problème), ce qui nous a refroidi (c’est quoi, un camp de jour ?), mais finalement on a converti ça en jeux autour du feu et ça a très bien passé. Pour maintenant l’ambiance de jeunes sous surveillance, la bière du soir s’est bue dans des bouteilles d’eau, le comité ne buvant pas, ils ne croient pas que l’on peut le faire sans les soûler de force. La nuit s’et passée dans le froid et le réveil, à 5h, trop tôt pour rien. De déjeuner il n’y avait toujours pas de trace, et après avoir attendu le déjeuner, le bus, les guides pour la montagne, l’échauffement (un truc humiliant) et encore pour deux ou trois raisons, on a voulu nous faire jouer à des jeux d’enfants encore et beaucoup ont commencé à ronchonner, avec raison. C’est un peu frustrant de payer un billet pour l’Asie, une École d’été, une expédition dans le bois, d’être à 2 minutes d’un volcan et de mille sentiers et de se faire dire : « on jour à la tag et on se trouve des noms d’équipe ! ». Ça a fini par finir et on a continué vers les « stations d’hébertisme », en fait au nombre de deux : une tyrolienne et du rappel en bas d’un pont. Pas mal plus chouette, j’ai fait l’un et l’autre avant de faire les quatre cents coups avec une amie : lancer nos souliers sur les gens en bas, enlever nos souliers et marcher dans la rivière, courir sur les roches, se balancer sur les rambardes, … bien sûr, j’ai fini, toute habillée, à mon baigner dans une piscine naturelle de la rivière. L’eau était bonne. J’ai terminé le voyage endormie sur le sol du bus, encore pleine de sable. Les guides étaient dépassées par la témérité féminine dont nous avons fait preuve. Des filles qui n’ont pas peur en sautant d’un pont en faisant du rappel ? Non…? Ou oui, on appelle ça des Québécoises.
vendredi 10 juillet 2009
Vers Kaliurang me voy...
Je pars vite vers Kaliurang, une station au pied du volcan que l'on a grimpé, pour passer la fin de semaine et faire du arbre en arbre.
Une belle chimie se développe dans le groupe, on sort, on rit et s'amuse comme des petits fous. Avant-hier on est sortis manger et boire (la Bin Tang, bière locale...) et hier on a tranformé un bar en piste de danse endiablé... et découvert une nouvelle Indonésie! Un band indonésien jouait, des chansons américaines, ils étaient si bons! C'était très déconcertant: tourner une rue et voir un bar, avec un band aux filles en shorts courts, et de la musique américaine... Mais on s'est beaucoup amusés. Et on a réussi à faire danser des Danois.
Les Danois: le running gag de la délégation canadienne. Ils sont 5, dont 3 jeunes hommes blonds tellement blonds au yeux bleus tellement bleus. Les filles sont toutes pâmées... et des gars aussi. Bref une source de blagues inestimable! :)
Les cours continuent, on a fini le bloc sur la tuberculose, je n'y ai pas énormement appris, mais c'était quand même intéressant. Et on se met à la fièvre denghe lundi.
Ce sera tout pour aujourd'hui, le temps m'est compté avant de retourner à l'université, mais en gros: je suis bien, je m'habitue à tout, je comprends quelques mots, je négocie mes taxis, je traverse les rues sans feux de circulation sans problème, je mange des pâtes de riz sautées pour déjeuner, ...
Une belle chimie se développe dans le groupe, on sort, on rit et s'amuse comme des petits fous. Avant-hier on est sortis manger et boire (la Bin Tang, bière locale...) et hier on a tranformé un bar en piste de danse endiablé... et découvert une nouvelle Indonésie! Un band indonésien jouait, des chansons américaines, ils étaient si bons! C'était très déconcertant: tourner une rue et voir un bar, avec un band aux filles en shorts courts, et de la musique américaine... Mais on s'est beaucoup amusés. Et on a réussi à faire danser des Danois.
Les Danois: le running gag de la délégation canadienne. Ils sont 5, dont 3 jeunes hommes blonds tellement blonds au yeux bleus tellement bleus. Les filles sont toutes pâmées... et des gars aussi. Bref une source de blagues inestimable! :)
Les cours continuent, on a fini le bloc sur la tuberculose, je n'y ai pas énormement appris, mais c'était quand même intéressant. Et on se met à la fièvre denghe lundi.
Ce sera tout pour aujourd'hui, le temps m'est compté avant de retourner à l'université, mais en gros: je suis bien, je m'habitue à tout, je comprends quelques mots, je négocie mes taxis, je traverse les rues sans feux de circulation sans problème, je mange des pâtes de riz sautées pour déjeuner, ...
mercredi 8 juillet 2009
Ça se corse: Merapi, de noche.
Je suis une loque.
J’ai mis mon plan de fou à exécution ! Finalement, nous étions 29 à embarquer dans le bus pour le volcan (car c’est un volcan, actif de surplus !) Merapi à 22h30, après avoir mangé moult sautés très épicés au souper de bienvenue et vu plusieurs prestations de danse de Bali et Java (quand elles étaient nues des épaules ou du dos, on pouvait prédire que ce n’était pas d’ici !).
La route n’a duré que 2h, que nous étions sensés utiliser pour dormir. Bémol à l’histoire, il n’y avait que 26 places dans ce mini-bus, comme je suis rentrée en dernier pour compter mes moutons, j’ai fini par terre. De toute façon, les Québécois (encore une fois trop nombreux et motivés !) ont fait un pot-pourri de chansons qu’ils déclamaient à tue-tête. Ce doit être la première fois que des Allemands, Tchèques, Slovènes, Indonésiens, Koweïtiens et Britanniques découvrent les chansons des camps de jour québécois…
Vers 1h du matin, toujours sans sommeil, nous avons commencé l’ascension. Les premières 20 minutes étaient traitres : de l’asphalte ! Cela n’a pas duré, nous nous sommes rapidement enfoncés dans la végétation et les roches et ça s’est corsé très rapidement : nous devions progresser dans des petites crevasses, escalader des roches, ne pas débouler sur le sable et les petits cailloux qui formaient le sol et glissaient sous le pied…
De temps en temps, un petit plateau nous permettait de mesurer notre ascension, et la colonne de grimpeurs s’étirait de plus en plus. Nos guides, qui étaient 6 ou 7, s’éparpillaient pour s’assurer que personne n’était seul. Sans guide, et surtout de nuit, ça ne se grimpe pas très bien…
Les heures ont passées, interminables, une fois dans un rythme, ça n’allait pas si mal, mais nous étions mal équipés, il n’y a pas à dire. Mes souliers n’avaient aucune adhérence, je n’avais pas de bonne nuit de sommeil depuis plus d’une semaine, j’étais enrhumée et insuffisamment habillée, etc. J’ai pensé m’arrêter plusieurs fois, tant la fatigue était forte, à plus de 2000 m, sans sommeil, un rhume et un mal de ventre carabinés par la fatigue, ça se traduit pas de vigoureuses nausées et des étourdissements, ce qui n’aide en rien l’équilibre !
Plus ça montait et plus on était dans l’escalade plutôt que la randonnée, grimpant des rochers coupants en pente à près de 45 degrés parfois. Comme je n’avais pas de lampe frontale, je passais ma torche d’une main à l’autre, pour varier mes points d’appuis, mais ce n’était pas idéal.
Puis l’inattendu : sous la main, la roche me paraissait soudainement plus chaude. Moi qui était frigorifiée, tremblante de froid depuis des heures, je me sentais bien. Au début, je me disais que c’était mon imagination, la Tylenol devait faire effet et je me sentais mieux. Mais ça devenait vraiment très chaud, et des colonnes de fumée se sont mises à sortir du sol ! Nous étions à un endroit où du souffre sortait de la pierre, et la lave était plus proche. En complète béatitude, nous nous sommes roulés au sol en attendant, histoire d’arriver en haut vraiment pour le lever du soleil, parce qu’en haut il faisait bien plus froid…
Tout cela valait le coup mille fois : le panorama était sans doute le plus beau qu’il m’a jamais été donné de voir ! Des montagnes semblaient flotter, entourées de brume, les pitons de roche volcanique étaient déchiquetés, du souffre sortait du sol en nuage, un immense cratère s’enfonçait dans les profondeurs du volcan. Finalement, seulement la moitié d’entre nous sont allés jusqu’au sommet.
La descente fut un enfer : tout ce qui glissait sous le pied à la montrée, déboulait à la descente. Et moi de même. Après une vingtaine de chutes sans gloire, ni grâce, j’ai arrêté de compter. Par moment, je dévalais, sur le postérieur, dans le sable et la roche, sans arriver à contrôler ma descente, m’accrochant vigoureusement aux herbes pour tenter de m’arrêter. J’ai eu beau essayer tous les trucs, j’avais perpétuellement l’air d’une idiote, tombant aux trois pas, et parfois trois fois de suite, fonçant des les arbres, déclenchant des avalanches. Même notre guide, complètement impassible et qui n’adressait jamais un mot a éclaté de rire sans pouvoir se contrôler, avant de m’indiquer que de mémoire d’homme, personne ne descendait une montagne aussi mal que moi.
Après avoir mis presque autant de temps à descendre qu’à monter (3h50 versus 4h15) nous sommes arrivées à la base, après une nuit blanche dans la montagne. Mes rotules ne répondent plus à mes commandes, je n’arrive plus à monter ou descendre un escalier et mes orteils souffraient tant qu’ils étaient devenus croyants, comme le disait Sarah. Et quand tes orteils se mettent à avoir la foi de leur propre chef, tu sais que tu es dépassé par la situation.
Le reste de la journée fut consacré à rentrer chez moi (j’avais perdu l’adresse, c’était donc une aventure, surtout que les chauffeurs ne parlent pas anglais, j’étais donc en plein mime du chemin, avec des résultats mitigés, mais je suis arrivée !) au lavage de mes plaies (les égratignures compétitionant la peau saine en superficie sur mes mollets, sans compter mes mains) et à une expédition particulière. Sarah et moi avons découvert qu’au centre commercial pas loin, l’on peut se faire masser pour 50 000 rupeeas, donc 6$, pendant 1 h ! Courbaturées comme jamais, nous en avons profité. Ils sont très vigoureux dans leurs massages ici, et à la première tape, tu sursautes, avant de réaliser que c’est assez délassant. Le massage du mollet raqué était un supplice, mais je sais que demain je béatifierai cette masseuse pour ses miracles.
J’ai mis mon plan de fou à exécution ! Finalement, nous étions 29 à embarquer dans le bus pour le volcan (car c’est un volcan, actif de surplus !) Merapi à 22h30, après avoir mangé moult sautés très épicés au souper de bienvenue et vu plusieurs prestations de danse de Bali et Java (quand elles étaient nues des épaules ou du dos, on pouvait prédire que ce n’était pas d’ici !).
La route n’a duré que 2h, que nous étions sensés utiliser pour dormir. Bémol à l’histoire, il n’y avait que 26 places dans ce mini-bus, comme je suis rentrée en dernier pour compter mes moutons, j’ai fini par terre. De toute façon, les Québécois (encore une fois trop nombreux et motivés !) ont fait un pot-pourri de chansons qu’ils déclamaient à tue-tête. Ce doit être la première fois que des Allemands, Tchèques, Slovènes, Indonésiens, Koweïtiens et Britanniques découvrent les chansons des camps de jour québécois…
Vers 1h du matin, toujours sans sommeil, nous avons commencé l’ascension. Les premières 20 minutes étaient traitres : de l’asphalte ! Cela n’a pas duré, nous nous sommes rapidement enfoncés dans la végétation et les roches et ça s’est corsé très rapidement : nous devions progresser dans des petites crevasses, escalader des roches, ne pas débouler sur le sable et les petits cailloux qui formaient le sol et glissaient sous le pied…
De temps en temps, un petit plateau nous permettait de mesurer notre ascension, et la colonne de grimpeurs s’étirait de plus en plus. Nos guides, qui étaient 6 ou 7, s’éparpillaient pour s’assurer que personne n’était seul. Sans guide, et surtout de nuit, ça ne se grimpe pas très bien…
Les heures ont passées, interminables, une fois dans un rythme, ça n’allait pas si mal, mais nous étions mal équipés, il n’y a pas à dire. Mes souliers n’avaient aucune adhérence, je n’avais pas de bonne nuit de sommeil depuis plus d’une semaine, j’étais enrhumée et insuffisamment habillée, etc. J’ai pensé m’arrêter plusieurs fois, tant la fatigue était forte, à plus de 2000 m, sans sommeil, un rhume et un mal de ventre carabinés par la fatigue, ça se traduit pas de vigoureuses nausées et des étourdissements, ce qui n’aide en rien l’équilibre !
Plus ça montait et plus on était dans l’escalade plutôt que la randonnée, grimpant des rochers coupants en pente à près de 45 degrés parfois. Comme je n’avais pas de lampe frontale, je passais ma torche d’une main à l’autre, pour varier mes points d’appuis, mais ce n’était pas idéal.
Puis l’inattendu : sous la main, la roche me paraissait soudainement plus chaude. Moi qui était frigorifiée, tremblante de froid depuis des heures, je me sentais bien. Au début, je me disais que c’était mon imagination, la Tylenol devait faire effet et je me sentais mieux. Mais ça devenait vraiment très chaud, et des colonnes de fumée se sont mises à sortir du sol ! Nous étions à un endroit où du souffre sortait de la pierre, et la lave était plus proche. En complète béatitude, nous nous sommes roulés au sol en attendant, histoire d’arriver en haut vraiment pour le lever du soleil, parce qu’en haut il faisait bien plus froid…
Tout cela valait le coup mille fois : le panorama était sans doute le plus beau qu’il m’a jamais été donné de voir ! Des montagnes semblaient flotter, entourées de brume, les pitons de roche volcanique étaient déchiquetés, du souffre sortait du sol en nuage, un immense cratère s’enfonçait dans les profondeurs du volcan. Finalement, seulement la moitié d’entre nous sont allés jusqu’au sommet.
La descente fut un enfer : tout ce qui glissait sous le pied à la montrée, déboulait à la descente. Et moi de même. Après une vingtaine de chutes sans gloire, ni grâce, j’ai arrêté de compter. Par moment, je dévalais, sur le postérieur, dans le sable et la roche, sans arriver à contrôler ma descente, m’accrochant vigoureusement aux herbes pour tenter de m’arrêter. J’ai eu beau essayer tous les trucs, j’avais perpétuellement l’air d’une idiote, tombant aux trois pas, et parfois trois fois de suite, fonçant des les arbres, déclenchant des avalanches. Même notre guide, complètement impassible et qui n’adressait jamais un mot a éclaté de rire sans pouvoir se contrôler, avant de m’indiquer que de mémoire d’homme, personne ne descendait une montagne aussi mal que moi.
Après avoir mis presque autant de temps à descendre qu’à monter (3h50 versus 4h15) nous sommes arrivées à la base, après une nuit blanche dans la montagne. Mes rotules ne répondent plus à mes commandes, je n’arrive plus à monter ou descendre un escalier et mes orteils souffraient tant qu’ils étaient devenus croyants, comme le disait Sarah. Et quand tes orteils se mettent à avoir la foi de leur propre chef, tu sais que tu es dépassé par la situation.
Le reste de la journée fut consacré à rentrer chez moi (j’avais perdu l’adresse, c’était donc une aventure, surtout que les chauffeurs ne parlent pas anglais, j’étais donc en plein mime du chemin, avec des résultats mitigés, mais je suis arrivée !) au lavage de mes plaies (les égratignures compétitionant la peau saine en superficie sur mes mollets, sans compter mes mains) et à une expédition particulière. Sarah et moi avons découvert qu’au centre commercial pas loin, l’on peut se faire masser pour 50 000 rupeeas, donc 6$, pendant 1 h ! Courbaturées comme jamais, nous en avons profité. Ils sont très vigoureux dans leurs massages ici, et à la première tape, tu sursautes, avant de réaliser que c’est assez délassant. Le massage du mollet raqué était un supplice, mais je sais que demain je béatifierai cette masseuse pour ses miracles.
Ça continue
La folie continue. Chaque heure qui passe me confirme ce que je n’attendais pas : j’ai beau être une inconditionnelle de l’Amérique latine, considérer comme une erreur ma naissance au Nord du Rio Grande et vouloir travailler dans la Sierra sud-américaine, je suis en train de développer un sérieux béguin pour l’Asie. Il y a un truc, et c’est dur de point le doigt au bon endroit, mais il y a un truc, et ça marche avec moi.
Mon premier cours était très médiocre. Le niveau de la matière était bas et le professeur parlait un anglais avec un accent si épais qu’il fallait vraiment vouloir, et encore, on en manquait des bouts. Il était bien gentil, mais il lisait ses diapos. Reste plus qu’à espérer que les autres soient de meilleurs communicateurs, et sachent que l’on a déjà lu une intro aux maladies infectieuses quelque part dans le cursus !
Je jouis pleinement de mon nouveau pouvoir d’achat. Vive les taxis à 22 000 rupeeas, et les expéditions dans les volcans à 150 000. Ça c’est ma dernière idée folle, dans laquelle j’ai par contre réussi à embarquer une vingtaine de personnes. On quitte ce soir vers 22h30, après le souper de bienvenue de la faculté, on troque nos beaux souliers pour des chaussures de marche et on part en bus au pied de la montagne. A 1h on devrait commencer à grimper. A 5h on y sera, et on verra le lever du soleil ! Puis retour en bas et plage pour l’après-midi, demain on a congé de cours car c’est l’élection présidentielle…
Mes capacités à utiliser des toilettes turques, comprendre l’accent et les mœurs, négocier mes prix et me promener dans la ville montent en flèche, bref, je m’intègre !
Mon premier cours était très médiocre. Le niveau de la matière était bas et le professeur parlait un anglais avec un accent si épais qu’il fallait vraiment vouloir, et encore, on en manquait des bouts. Il était bien gentil, mais il lisait ses diapos. Reste plus qu’à espérer que les autres soient de meilleurs communicateurs, et sachent que l’on a déjà lu une intro aux maladies infectieuses quelque part dans le cursus !
Je jouis pleinement de mon nouveau pouvoir d’achat. Vive les taxis à 22 000 rupeeas, et les expéditions dans les volcans à 150 000. Ça c’est ma dernière idée folle, dans laquelle j’ai par contre réussi à embarquer une vingtaine de personnes. On quitte ce soir vers 22h30, après le souper de bienvenue de la faculté, on troque nos beaux souliers pour des chaussures de marche et on part en bus au pied de la montagne. A 1h on devrait commencer à grimper. A 5h on y sera, et on verra le lever du soleil ! Puis retour en bas et plage pour l’après-midi, demain on a congé de cours car c’est l’élection présidentielle…
Mes capacités à utiliser des toilettes turques, comprendre l’accent et les mœurs, négocier mes prix et me promener dans la ville montent en flèche, bref, je m’intègre !
lundi 6 juillet 2009
Selamat pagi! (bon matin)
Ce matin, le soleil s’est levé au-dessus d’une rizière, à deux pas de ma tête. Pas de doute, j’y suis pour de vrai.
Dans la même veine que le premier vol, mon vol entre Abu Dhabi et Jakarta était d’un grand confort. Je crois clairement avoir trouvé la voie de la moindre souffrance vers l’Asie du Sud-Est : prendre un vol pour l’Europe, puis Etihad via Abu Dhabi jusqu’à destination.
L’aéroport de Jakarta est un vrai désastre, plein de points de sécurité incompréhensibles et absolument non-nécessaires et mille accès qui devraient être surveillés qui ne le sont pas. J’ai réussi à obtenir mon « Visa on arrival » sans trop de problèmes, en payant en dollars américains et en demandant du change en rupeeas, ce qui m’a permis de gérer sans retirer d’argent local.
Preuve que j’étais bien arrivée, on m’a immédiatement sautée dessus à ma sortie des douanes, on voulait m’aider, mon montrer le chemin, et puis je me suis fâchée, signifiant clairement que je ne paierais pas pour me faire escorter à une porte d’embarquement. A la seconde que j’ai mentionné que je n’étais pas disposée à allonger mes quelques rupeeas, on m’a laissée tranquille et j’ai trouvé en 5 minutes qu’il y avait en fin une navette gratuite vers le terminal où j’allais (Sokerto-Hata est un immense aéroport…) et que le taxi était clairement une escroquerie !
Mais les Indonésiens à l’aéroport étaient gentils comme tout, m’ont fait imprimer mon billet dont je n’avais qu’une facture, m’ont indiqué où aller au terminal 2 pour internet et tout le tintouin. J’ai finalement trouvée Caroline, qui étudie avec moi et s’en allait aussi à l’École d’été à Yogyakarta, et on a passé l’après-midi à se rendre au terminal 2, pour envoyer 3 courriels, et revenir au terminal 3 pour s’enregistrer et manger. A la porte d’embarquement nous avons facilement repéré d’autres petits blancs (des Autrichiens) qui attendaient, signe visible qu’ils étaient sans doute nos compatriotes pour le prochain mois. Ils ont eu l’air vaguement traumatisé quand je les ai abordés en demandant : « êtes-vous Matthias, Stefanie et Julia ? », mais bien content de trouver deux autres galopins.
Soulagement, notre hôte était à l’aéroport pour nous récolter à la sortie de l’avion et Stefanie (ils disent plutôt Chtefie) habitait avec moi, et une Slovène du nom de Bilka. Bilka était arrivée plus tôt, nous lui avons donc posé les pressantes questions : comment est la maison ? mais surtout, qu’en est-il des toilettes ? Ça a d’ailleurs donné lieu au premier quiproquo interculturel : Bilka nous ayant dit qu’il y avait une vraie toilette, mais sans chasse d’eau, nous nous sommes enquéries à notre hôte du mode de fonctionnement de la chose. Elle nous a regardé d’un regard complètement désabusé et c’est assis sur le bol de toilette en disant d’un air décidé : « you sit ! ». Moment de flottement : « and then you go… ». Mortifiées, nous avons rapidement clarifié que le mode d’utilisation de la cuvette nous paraissait familier, mais que la chasse d’eau moins. A peine moins confuse, elle a bougé un couvercle et actionner la chasse d’eau, comme partout en Amérique du Nord et en Europe. Complètement ridiculisées, nous avons du tenter d’expliquer que, oui, nos toilettes sont comme ça, qu’il y avait eu confusion, avec un succès mitigé par contre.
J’ai réussi l’exploit de la douche avec un pommeau à un mètre du sous-sol en plein milieu de la salle de bain (garder sa serviette sèche y est un combat de tous les instants !) et du retrait des verres de contact de façon à peu près sanitaire : l’eau ici est propre, mais absolument non potable, même les Indonésiens n’en boivent strictement jamais et quand nous avons questionné Aninda à ce sujet elle s’est vigoureusement écriée dans son anglais hésitant, mais soudainement plus fluide : « Don’t drink ! Never ! ». Nous nous sommes tenu cela pour dit. Même si cela impliquer de se rincer les mains à l’eau bouillie avant de se toucher les yeux, ou de faire de même pour se brosser les dents.
Notre premier avant-midi pseudo-scolaire était risible : l’équipe de la logistique ne savait pas trop où donner de la tête et l’anglais de tous les organisateurs était tellement minimaliste que nous avions peine à nous concentrer un instant. Au moins, tout le monde était arrivés sains et saufs et semblaient avoir respecté le code vestimentaire universitaire suffisamment pour ne pas soulever l’ire du personnel (les filles avec qui nous vivons, qui semblent rarement porter le voile à la maison ou en sortant, le mettent toutes à l’université, qui est fortement religieuse).
Les 75 étudiants inscrits de 8 pays ont rapidement trouvé le sujet de conversation universel sur lequel tout le monde à quelque chose à dire autour de notre pause café : les installations sanitaires de nos familles respectives ! L’un expliquait la rudimentarité de sa toilette turque et l’autre le mode de fonctionnement de sa pseudo-douche, pendant qu’un sondage ad hoc se faisait par soi-même sur l’utilisation du papier de toilettes dans nos demeures. Fort divertissant.
Cela étant tout pour la journée à l’université, pas de quoi se fouler un neurone, nous sommes partis vivre notre vie en déambulant des les rues en grappe de quelques uns, alors que déjà les gens activaient pour quelques sous des téléphones cellulaires et s’envoyait des hordes de messages textes pour faire des plans pour la soirée ! On ne se déconnecte pas facilement !
Mon après-midi en ville fut délicieux : rues charmantes, pousses-pousses partout, étals colorés, des enfants aux bouilles fripouilles (j’ai joué à la cachette avec deux petits qui semblaient dépassés par le fait que la madame blanche aux longs cheveux fasse une telle chose ! j’ai eu droit à 5 bonnes minutes d’au revoir enthousiastes !), des jus et des repas sur le gril. Même si j’ai mangé à des endroits plutôt décents, il semble que la nourriture dans la rue soit habituellement sécuritaire, tant que le respecte la règle de base : « peel it, boil it, or just forget it ». bien que nous ayons tous transgressé cette règle en mangeant des tranches de tomates non-pelées, nous sommes encore tous sains d’intestins ! Côté finance, tout cela coûte trois fois rien : 10 000 rupeeas pas ci, 6 000 rupeeas par là, 30 000 par là encore… à 9 000 rupeeas pour 1 dollars canadien, on se dit qu’on peut se payer le luxe du taxi (20 à 30 000 !), d’un sac en batik (15 000 !), d’une bière (22 000 !) ou d’un repas de bonne qualité (cher, donc 35 000 !)…
Les autres étudiants sont charmants, vraiment, bien qu’avec une vingtaine de Québécois (21, dont 18 de l’Université de Montréal et 16 de la même classe !), nous soyons largement les plus représentés ici ! Nous avons donc scellés notre amitié naissante autour d’une bière (miracle en cette terre d’islam à un mois du ramadan…) et de plats typiques qui ont mis près de 2h à arriver, mais en valaient le coup.
Conclusions du jour : primo avec 16 ex-prémeds ensemble, arriver ici est se retrouver entouré d’amis, ce qui d’autant plus étrange, et agréable, à l’autre bout du monde ! Je me sens déjà à la maison, tellement je suis entourée, même si mon lit sans drap demande un peu plus d’adaptation. Secundo, mes cours ne m’apprendront sûrement pas grand-chose, mais l’Indonésie tout un tas.
Dans la même veine que le premier vol, mon vol entre Abu Dhabi et Jakarta était d’un grand confort. Je crois clairement avoir trouvé la voie de la moindre souffrance vers l’Asie du Sud-Est : prendre un vol pour l’Europe, puis Etihad via Abu Dhabi jusqu’à destination.
L’aéroport de Jakarta est un vrai désastre, plein de points de sécurité incompréhensibles et absolument non-nécessaires et mille accès qui devraient être surveillés qui ne le sont pas. J’ai réussi à obtenir mon « Visa on arrival » sans trop de problèmes, en payant en dollars américains et en demandant du change en rupeeas, ce qui m’a permis de gérer sans retirer d’argent local.
Preuve que j’étais bien arrivée, on m’a immédiatement sautée dessus à ma sortie des douanes, on voulait m’aider, mon montrer le chemin, et puis je me suis fâchée, signifiant clairement que je ne paierais pas pour me faire escorter à une porte d’embarquement. A la seconde que j’ai mentionné que je n’étais pas disposée à allonger mes quelques rupeeas, on m’a laissée tranquille et j’ai trouvé en 5 minutes qu’il y avait en fin une navette gratuite vers le terminal où j’allais (Sokerto-Hata est un immense aéroport…) et que le taxi était clairement une escroquerie !
Mais les Indonésiens à l’aéroport étaient gentils comme tout, m’ont fait imprimer mon billet dont je n’avais qu’une facture, m’ont indiqué où aller au terminal 2 pour internet et tout le tintouin. J’ai finalement trouvée Caroline, qui étudie avec moi et s’en allait aussi à l’École d’été à Yogyakarta, et on a passé l’après-midi à se rendre au terminal 2, pour envoyer 3 courriels, et revenir au terminal 3 pour s’enregistrer et manger. A la porte d’embarquement nous avons facilement repéré d’autres petits blancs (des Autrichiens) qui attendaient, signe visible qu’ils étaient sans doute nos compatriotes pour le prochain mois. Ils ont eu l’air vaguement traumatisé quand je les ai abordés en demandant : « êtes-vous Matthias, Stefanie et Julia ? », mais bien content de trouver deux autres galopins.
Soulagement, notre hôte était à l’aéroport pour nous récolter à la sortie de l’avion et Stefanie (ils disent plutôt Chtefie) habitait avec moi, et une Slovène du nom de Bilka. Bilka était arrivée plus tôt, nous lui avons donc posé les pressantes questions : comment est la maison ? mais surtout, qu’en est-il des toilettes ? Ça a d’ailleurs donné lieu au premier quiproquo interculturel : Bilka nous ayant dit qu’il y avait une vraie toilette, mais sans chasse d’eau, nous nous sommes enquéries à notre hôte du mode de fonctionnement de la chose. Elle nous a regardé d’un regard complètement désabusé et c’est assis sur le bol de toilette en disant d’un air décidé : « you sit ! ». Moment de flottement : « and then you go… ». Mortifiées, nous avons rapidement clarifié que le mode d’utilisation de la cuvette nous paraissait familier, mais que la chasse d’eau moins. A peine moins confuse, elle a bougé un couvercle et actionner la chasse d’eau, comme partout en Amérique du Nord et en Europe. Complètement ridiculisées, nous avons du tenter d’expliquer que, oui, nos toilettes sont comme ça, qu’il y avait eu confusion, avec un succès mitigé par contre.
J’ai réussi l’exploit de la douche avec un pommeau à un mètre du sous-sol en plein milieu de la salle de bain (garder sa serviette sèche y est un combat de tous les instants !) et du retrait des verres de contact de façon à peu près sanitaire : l’eau ici est propre, mais absolument non potable, même les Indonésiens n’en boivent strictement jamais et quand nous avons questionné Aninda à ce sujet elle s’est vigoureusement écriée dans son anglais hésitant, mais soudainement plus fluide : « Don’t drink ! Never ! ». Nous nous sommes tenu cela pour dit. Même si cela impliquer de se rincer les mains à l’eau bouillie avant de se toucher les yeux, ou de faire de même pour se brosser les dents.
Notre premier avant-midi pseudo-scolaire était risible : l’équipe de la logistique ne savait pas trop où donner de la tête et l’anglais de tous les organisateurs était tellement minimaliste que nous avions peine à nous concentrer un instant. Au moins, tout le monde était arrivés sains et saufs et semblaient avoir respecté le code vestimentaire universitaire suffisamment pour ne pas soulever l’ire du personnel (les filles avec qui nous vivons, qui semblent rarement porter le voile à la maison ou en sortant, le mettent toutes à l’université, qui est fortement religieuse).
Les 75 étudiants inscrits de 8 pays ont rapidement trouvé le sujet de conversation universel sur lequel tout le monde à quelque chose à dire autour de notre pause café : les installations sanitaires de nos familles respectives ! L’un expliquait la rudimentarité de sa toilette turque et l’autre le mode de fonctionnement de sa pseudo-douche, pendant qu’un sondage ad hoc se faisait par soi-même sur l’utilisation du papier de toilettes dans nos demeures. Fort divertissant.
Cela étant tout pour la journée à l’université, pas de quoi se fouler un neurone, nous sommes partis vivre notre vie en déambulant des les rues en grappe de quelques uns, alors que déjà les gens activaient pour quelques sous des téléphones cellulaires et s’envoyait des hordes de messages textes pour faire des plans pour la soirée ! On ne se déconnecte pas facilement !
Mon après-midi en ville fut délicieux : rues charmantes, pousses-pousses partout, étals colorés, des enfants aux bouilles fripouilles (j’ai joué à la cachette avec deux petits qui semblaient dépassés par le fait que la madame blanche aux longs cheveux fasse une telle chose ! j’ai eu droit à 5 bonnes minutes d’au revoir enthousiastes !), des jus et des repas sur le gril. Même si j’ai mangé à des endroits plutôt décents, il semble que la nourriture dans la rue soit habituellement sécuritaire, tant que le respecte la règle de base : « peel it, boil it, or just forget it ». bien que nous ayons tous transgressé cette règle en mangeant des tranches de tomates non-pelées, nous sommes encore tous sains d’intestins ! Côté finance, tout cela coûte trois fois rien : 10 000 rupeeas pas ci, 6 000 rupeeas par là, 30 000 par là encore… à 9 000 rupeeas pour 1 dollars canadien, on se dit qu’on peut se payer le luxe du taxi (20 à 30 000 !), d’un sac en batik (15 000 !), d’une bière (22 000 !) ou d’un repas de bonne qualité (cher, donc 35 000 !)…
Les autres étudiants sont charmants, vraiment, bien qu’avec une vingtaine de Québécois (21, dont 18 de l’Université de Montréal et 16 de la même classe !), nous soyons largement les plus représentés ici ! Nous avons donc scellés notre amitié naissante autour d’une bière (miracle en cette terre d’islam à un mois du ramadan…) et de plats typiques qui ont mis près de 2h à arriver, mais en valaient le coup.
Conclusions du jour : primo avec 16 ex-prémeds ensemble, arriver ici est se retrouver entouré d’amis, ce qui d’autant plus étrange, et agréable, à l’autre bout du monde ! Je me sens déjà à la maison, tellement je suis entourée, même si mon lit sans drap demande un peu plus d’adaptation. Secundo, mes cours ne m’apprendront sûrement pas grand-chose, mais l’Indonésie tout un tas.
Jakarta, enfin!
Enfin, mais pas encore tout à fait là! Il reste un vol, pour Yogyakarta, dans quelques heures. Mais je vais peut-être tomber en silence radio, donc voici les brèves nouvelles de ce soir: toujours vivante, un peu de sommeil, les Indonésiens sont charmants, j'ai compris comment me rendre à l'autre terminal. Voilà!
samedi 4 juillet 2009
De Bretonnie, à Paris, à Abu Dhabi!
Me voilà confortablement installée sur le sol de l'aéroport d'Abu Dhabi, je me suis fait un petit bivouac et je suis fin prête à faire le récit des péripéties des deux derniers jours, quoi que je ne suis plus certaine de ce qu'est un jour, perdue comme je suis dans les fuseaux horaire. Comme Sarah, qui a passé de l'Équateur à la Colombie en 72h, le disait: je me sens comme un jeu de Boogle qu'on brasse. Et énergiquement.
Je n'ai pas sérieusement dormi depuis 48h, j'ai l'impression que l'espace-temps se contract et s'étire aléatoirement, je ne sais plus si j'ai faim ou pas, soif ou pas, ou ce que je devrais manger, je n'ai aucune idée de quand dormir, l'heure n'est qu'une formalité pour mes avions, je ne sais plus quelle langue parler, autour de moi les Asiatiques, les Arabes, les Indiens se mélangent et c'est le festival du turban wild et des variations du hijab à la burqa en passant par bien des accoutrement occidentaux étranges... Pour ma part je suis dénuée de toute classe: je suis en tailleurs sur le sol d'un aéroport, drapée dans une couverture d'avion marron, chaussée de bas d'avions d'un beige seyants commet tout, ... vraiment joli. Une chance que personne ne voit ça.
Je suis partie de Bretagne vendredi, après une visite express à la plage, pour que Jérémie (le Belge national, tellement Belge qu'on le dit Belgo-Belge) et Alex disent adieu aux vauges. On a ensuite dîner avec la famille bretonne dont on n'usurpait la maison (les parents de Marie-Laure et Maël) et comme Jérémie est Jérémie on n'est parti que vers 16h... bien sûr, nous avons subséquemment fait une panne sèche sur l'autoroute. Arrivés à Paris à une heure par possible, notre statut de Québécois nous a permis de citer Céline pour convaincre un restaurateur de faire rester le cusinier pour nous un peu plus longtemps. Nous sommes ensuite allés chez une ami d'amis d'un ami pour une fête, quelle curieuse chose que cette nuit à Paris à courrir partout, chanter dans la rue et boire beaucoup de rosé avant de parti pour l'aéroport. Il ne faudrait quand même pas omettre que Jérémie a réussi à se faire remorquer sa voiture et que nous avons fait un tour à la fourrière vers 4h du matin où le pauvre pougre n'avait aucun papiers: ni les siens, ni ceux de la voiture. On a sorti la carte-soleil d'Alex en guise de pièce d'identité et la policière a soulevé un sourcil et accepté le subterfuge. Étrangement les policiers nous avaient d'abord apellé un taxi super gentiment pour aller à la fourrière, s'assurant que ce n'était pas un faux et nous faisant la jasette, à notre plus grande surprise.
Ce matin, je me disais que libérée du mauvais sort belge, mon parcours devrait se dérouler sans heurts: le RER, c'est enfantin. Je me gourrais bien comme il faut: le métro, tout allait, mais le RER était sans dessus dessous à cause de l'agression d'un conducteur et les trains étaient remplacés par d'autres trains de surface, méga-bondés et qui prenaient des siècles à partir. Comme mon billet d'avion n'indiquait pas mon terminal, je suis sortie à la station pour les terminals 1 et 3, déjà stressée du retard monstre, pour découvrir que j'étais en fait au terminal 2A, le plus perdu. Heureusement ma seconde découverte était que mon vol était en fait 75min plus tard que je croyais! Après m'être perdu 3 fois et attendu une éternité, je me suis retrouvée dans mon avion, exténuée comme jamais, parce que le corrollaire de cette nuit folle à Paris, c'est que j'avais fait nuit blanche...
Etihad Airlines, avec qui j'allais à Abu Dhabi et dans quelques heures vers Jakarta, s'est révélé être une merveille! Vraiment à garder en tête comme ligne aérienne (il y a beaucoup de vols vers l'Asie et l'Europe de l'Est). T'as vraiment plein de place, la bouffe est succulente et il y a genre 25 choix (mêm un MENU!), ils te donnent de gros écouteurs très confortables, l'écran individuel est énorme et il y 75 films et 35 jeux et mille autres petits divertissements, ils te servent à boire tout le temps, ils te donnent des petits bas, une super moelleuse couverte, un machin pour les yeux, sont super attentionés, ... la gloire! Ça a aidé après mon non-sommeil.
Je me retrouve donc perdue dans un aéroport du Moyen-Orient, complétement désorienté, et commençant enfin à réaliser l'étendue du choc culturel et du dépaysement qui seront miens d'ici demain soir. La Bretagne, c'était de la petite bière. L'Indonésie, ça va se corser... je vous tiendrai au courant!
Ce qui est certain c'est le virus de l'aventure se multiplie à vue d'oeil, je suis partie de Montréal contente de partir, mais assez peu excitée selon mon échelle d'excéssivité habituelle, je commence à compenser et l'excitations, la curiosité et l'apréhension se mélagent dans mon esprit encore un peu embué, me préparent à sauter dans le festival de sons et de couleurs que sera mon prochain mois.
Prochaines nouvelles de l'Indonésie!
Je n'ai pas sérieusement dormi depuis 48h, j'ai l'impression que l'espace-temps se contract et s'étire aléatoirement, je ne sais plus si j'ai faim ou pas, soif ou pas, ou ce que je devrais manger, je n'ai aucune idée de quand dormir, l'heure n'est qu'une formalité pour mes avions, je ne sais plus quelle langue parler, autour de moi les Asiatiques, les Arabes, les Indiens se mélangent et c'est le festival du turban wild et des variations du hijab à la burqa en passant par bien des accoutrement occidentaux étranges... Pour ma part je suis dénuée de toute classe: je suis en tailleurs sur le sol d'un aéroport, drapée dans une couverture d'avion marron, chaussée de bas d'avions d'un beige seyants commet tout, ... vraiment joli. Une chance que personne ne voit ça.
Je suis partie de Bretagne vendredi, après une visite express à la plage, pour que Jérémie (le Belge national, tellement Belge qu'on le dit Belgo-Belge) et Alex disent adieu aux vauges. On a ensuite dîner avec la famille bretonne dont on n'usurpait la maison (les parents de Marie-Laure et Maël) et comme Jérémie est Jérémie on n'est parti que vers 16h... bien sûr, nous avons subséquemment fait une panne sèche sur l'autoroute. Arrivés à Paris à une heure par possible, notre statut de Québécois nous a permis de citer Céline pour convaincre un restaurateur de faire rester le cusinier pour nous un peu plus longtemps. Nous sommes ensuite allés chez une ami d'amis d'un ami pour une fête, quelle curieuse chose que cette nuit à Paris à courrir partout, chanter dans la rue et boire beaucoup de rosé avant de parti pour l'aéroport. Il ne faudrait quand même pas omettre que Jérémie a réussi à se faire remorquer sa voiture et que nous avons fait un tour à la fourrière vers 4h du matin où le pauvre pougre n'avait aucun papiers: ni les siens, ni ceux de la voiture. On a sorti la carte-soleil d'Alex en guise de pièce d'identité et la policière a soulevé un sourcil et accepté le subterfuge. Étrangement les policiers nous avaient d'abord apellé un taxi super gentiment pour aller à la fourrière, s'assurant que ce n'était pas un faux et nous faisant la jasette, à notre plus grande surprise.
Ce matin, je me disais que libérée du mauvais sort belge, mon parcours devrait se dérouler sans heurts: le RER, c'est enfantin. Je me gourrais bien comme il faut: le métro, tout allait, mais le RER était sans dessus dessous à cause de l'agression d'un conducteur et les trains étaient remplacés par d'autres trains de surface, méga-bondés et qui prenaient des siècles à partir. Comme mon billet d'avion n'indiquait pas mon terminal, je suis sortie à la station pour les terminals 1 et 3, déjà stressée du retard monstre, pour découvrir que j'étais en fait au terminal 2A, le plus perdu. Heureusement ma seconde découverte était que mon vol était en fait 75min plus tard que je croyais! Après m'être perdu 3 fois et attendu une éternité, je me suis retrouvée dans mon avion, exténuée comme jamais, parce que le corrollaire de cette nuit folle à Paris, c'est que j'avais fait nuit blanche...
Etihad Airlines, avec qui j'allais à Abu Dhabi et dans quelques heures vers Jakarta, s'est révélé être une merveille! Vraiment à garder en tête comme ligne aérienne (il y a beaucoup de vols vers l'Asie et l'Europe de l'Est). T'as vraiment plein de place, la bouffe est succulente et il y a genre 25 choix (mêm un MENU!), ils te donnent de gros écouteurs très confortables, l'écran individuel est énorme et il y 75 films et 35 jeux et mille autres petits divertissements, ils te servent à boire tout le temps, ils te donnent des petits bas, une super moelleuse couverte, un machin pour les yeux, sont super attentionés, ... la gloire! Ça a aidé après mon non-sommeil.
Je me retrouve donc perdue dans un aéroport du Moyen-Orient, complétement désorienté, et commençant enfin à réaliser l'étendue du choc culturel et du dépaysement qui seront miens d'ici demain soir. La Bretagne, c'était de la petite bière. L'Indonésie, ça va se corser... je vous tiendrai au courant!
Ce qui est certain c'est le virus de l'aventure se multiplie à vue d'oeil, je suis partie de Montréal contente de partir, mais assez peu excitée selon mon échelle d'excéssivité habituelle, je commence à compenser et l'excitations, la curiosité et l'apréhension se mélagent dans mon esprit encore un peu embué, me préparent à sauter dans le festival de sons et de couleurs que sera mon prochain mois.
Prochaines nouvelles de l'Indonésie!
jeudi 2 juillet 2009
Répit et... presque la fin
La Bretagne m'a donné un répit: une journée à température décente. Merci, merci, enfin. Il pleuvait ce matin, mais ce genre de chose ne décourage pas un vrai Breton! Le temps de bruncher, la pluie avait cessé, et on filait vers la plage, où même s'il faisait assez froid et venteux, nombre de petits roux jouaient dans le sable et nombre de jeunes hommes se lançaient dans les vagues, armés de leur planche de surf. Roulée en boule dans le sable, on a tous fait une bonne sieste. La température m'a peut-être donné un répit, les moustiques, moins... mes piqûres ne disparaissent pas, mais d'autres s'y joignent, c'est la fiesta.
On, c'est maintenant Jérémie en plus d'Alex et des nos Bretons nationaux, Marie-Laure et Maël. C'est un Belge complètement fou, mais aussi terriblement drôle et imparablement attachant.
Conclusion du jour, les Bretons sont un peu fous. Pas seulement parce qu'ils fument comme des cheminées (ok, j'exagère peut-être, mais au pif, le tabagisme est pas mal plus répandu qu'au Québec...), mais à cause d'un tas de trucs marrants. Par exemple, j'ouvre le journal ce matin, déterminée à m'instruire sur l'actualité Ouest-française... je trouve une page avec l'horoscope, la météo (jusque là ça va!), une carte de la Bretagne avec la disposition des radars policiers du jour (non, mais! sérieux?) et, summum de la bonne blague, le menu national! J'explique: la Bretagne a une cuisine centrale, un lieu qui fait la bouffe pour tous les écoliers et petits vieux en "maison de repos" et qui l'envoie tous les matins, et dans le bus de, je présume, avertir le publics, tous les Bretons savent qu'aujourd'hui c'était poulet et taboulé, avec petit pain et abricot, dans les différentes institutions! En plus de cela, les Bretons ont du papier de toilette rose, si si, rose. Preuve de leur étrangeté, c'est pour dire. Non, mais rose? C'est trop pas sérieux, pourquoi pas bleu à pois tant qu'à y être...
Alors c'est le début de la fin pour moi et la Bretagne, nos hamburgers avaient un goût d'adieu à cette semaine de vacances (on a essayé d'expliquer aux Français et au Belge que du fromage de chèvre, c'est délicieux dans un burger, sans succès aucun, ils ont accepté notre exentricité, mais n'ont pas voulu essayer...) et demain en après-midi, Jérémie nous amène à Paris. On y passe la soirée et samedi je m'envole sur Etihad Airlines, d'abord vers Abu Dhabi, puis vers Jakarta, puis vers Yogyakarta. Ça ça fait 8h50 de vol, 4h d'escale, 8h25 de vol, 4h20 d'escale, 1h de vol, et une famille au bout, j'espère. Ça a l'air particulièrement pénible, sans blague je vais être à Charles de Gaulle à 8h du mat samedi et je ne serai pas dans ma famille avant dimanche soir en Indo, 21h au mieux. Ce n'est (que) 5h de décallage de plus par contre, de la petite bière!
Sur ce, je vous file quelques photos de mon album "Bretonneries" et je pars reboucler la valise, pour ceux qui trouvent que j'écris trop, ça devrait se calmer avec le transit et l'Asie...
Bon baisers bretons!

Ma photo concept! "Bretagne" écrit en galet sur la plage de Larmor...

La plage de Pléneuf-Val-André. C'était vraiment, vraiement magnifique. Comme c'est en Nord-Bretagne, l'eau, c'est la Manche, et du coup, c'est très froid.

Alexandre, dans toute sa grâce et son style...

Maël, négociant fermement le prix du restaurant où il servira son vin d'honneur après son mariage avec Marie-Laure, en septembre...

"Petite" maison bretonne...
Un drapeau tibétaine là... inusité!
option a) c'est l'ambassade
option b) c'est une famille tibétaine riche
option c) ce sont des Français qui aiment foutre le bordel...
l'option c) est retenue...

Ancrage de Pléneuf-Val-André, on ne voit pas sur la photo combien l'eau est belle et bleue...

Boutons d'or en contre-plongée.

Vers l'horizon.

Bronzer debout ou "La petite vie" bretonne...

Méduse écrapoutie.

Petits Bretons.
On, c'est maintenant Jérémie en plus d'Alex et des nos Bretons nationaux, Marie-Laure et Maël. C'est un Belge complètement fou, mais aussi terriblement drôle et imparablement attachant.
Conclusion du jour, les Bretons sont un peu fous. Pas seulement parce qu'ils fument comme des cheminées (ok, j'exagère peut-être, mais au pif, le tabagisme est pas mal plus répandu qu'au Québec...), mais à cause d'un tas de trucs marrants. Par exemple, j'ouvre le journal ce matin, déterminée à m'instruire sur l'actualité Ouest-française... je trouve une page avec l'horoscope, la météo (jusque là ça va!), une carte de la Bretagne avec la disposition des radars policiers du jour (non, mais! sérieux?) et, summum de la bonne blague, le menu national! J'explique: la Bretagne a une cuisine centrale, un lieu qui fait la bouffe pour tous les écoliers et petits vieux en "maison de repos" et qui l'envoie tous les matins, et dans le bus de, je présume, avertir le publics, tous les Bretons savent qu'aujourd'hui c'était poulet et taboulé, avec petit pain et abricot, dans les différentes institutions! En plus de cela, les Bretons ont du papier de toilette rose, si si, rose. Preuve de leur étrangeté, c'est pour dire. Non, mais rose? C'est trop pas sérieux, pourquoi pas bleu à pois tant qu'à y être...
Alors c'est le début de la fin pour moi et la Bretagne, nos hamburgers avaient un goût d'adieu à cette semaine de vacances (on a essayé d'expliquer aux Français et au Belge que du fromage de chèvre, c'est délicieux dans un burger, sans succès aucun, ils ont accepté notre exentricité, mais n'ont pas voulu essayer...) et demain en après-midi, Jérémie nous amène à Paris. On y passe la soirée et samedi je m'envole sur Etihad Airlines, d'abord vers Abu Dhabi, puis vers Jakarta, puis vers Yogyakarta. Ça ça fait 8h50 de vol, 4h d'escale, 8h25 de vol, 4h20 d'escale, 1h de vol, et une famille au bout, j'espère. Ça a l'air particulièrement pénible, sans blague je vais être à Charles de Gaulle à 8h du mat samedi et je ne serai pas dans ma famille avant dimanche soir en Indo, 21h au mieux. Ce n'est (que) 5h de décallage de plus par contre, de la petite bière!
Sur ce, je vous file quelques photos de mon album "Bretonneries" et je pars reboucler la valise, pour ceux qui trouvent que j'écris trop, ça devrait se calmer avec le transit et l'Asie...
Bon baisers bretons!

Ma photo concept! "Bretagne" écrit en galet sur la plage de Larmor...

La plage de Pléneuf-Val-André. C'était vraiment, vraiement magnifique. Comme c'est en Nord-Bretagne, l'eau, c'est la Manche, et du coup, c'est très froid.

Alexandre, dans toute sa grâce et son style...

Maël, négociant fermement le prix du restaurant où il servira son vin d'honneur après son mariage avec Marie-Laure, en septembre...

"Petite" maison bretonne...
Un drapeau tibétaine là... inusité!option a) c'est l'ambassade
option b) c'est une famille tibétaine riche
option c) ce sont des Français qui aiment foutre le bordel...
l'option c) est retenue...

Ancrage de Pléneuf-Val-André, on ne voit pas sur la photo combien l'eau est belle et bleue...

Boutons d'or en contre-plongée.

Vers l'horizon.

Bronzer debout ou "La petite vie" bretonne...

Méduse écrapoutie.

Petits Bretons.
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