dimanche 12 juillet 2009

Quelques réflexions...

Et mes quelques réflexions accumulées depuis l’arrivée…

1. Insectes et animaux
-Une coquerelle dans la cuisine? No big deal, c’est seulement la cuisine, et puis souviens-toi de feu ta vie aux Antilles, c’en était plein.
-Un lézard sur le mur de ton lit ? Un peu de bruit et il s’en ira, il aime la lumière, donc tu dis que la nuit ta chambre ne sera pas son endroit de prédilection…
-Une araignée sur ton oreiller ? On retire l’importune, on vérifie s’il était en famille et on se dit « non, non et non, mon matelas n’en est pas infesté ».
-Une fourmi flotte gaiement dans ta bouteille d’eau : transvases encore et encore entre deux bouteilles, jusqu’à attraper la bestiole.

2. La ville
-Tu piles dans une flaque d’eau douteuse en ville ? Ton meilleur ami le déni est là : « c’était de l’eau de pluie, je suis certaine ». Ouais, ouais, c’est ça.
-Les routes sont magnifiques, mais les trottoirs, pas toujours là… et puis pour traverser on apprend à se lancer devant les véhicules, sinon ça ne vient jamais.
-Motos à profusion. Quand je dis à profusion, c’est que c’est peut-être 60 à 70% des véhicules sur la route, avec généralement 2, 3, voir 4 personnes sur une… sans compter ceux qui transportent des marchandises comme ça : deux gros paniers de chaque côté, emplis de pastèques, casseroles, fourrage pour les animaux, etc.
-Les voies sont souvent séparées par un terre-plein, ce qui fait qu’il faut souvent aller plus loin, jusqu’au prochain « trou » dans le terre-plein, pour sortir. Ces « trous » sont là spécifiquement pour faire des « u-turns ». Gare à la voie de gauche, aussi séparée par un terre-plein : c’est pour les motos, ou pour les voitures qui prennent la prochaine sortie.

3. Les taxis
-Tu comprends que dalle de ce que le chauffeur de taxi demande pour la course : dans le doute, tu lui demande d’écrire le prix pour que ce soit bien le bon nombre de zéros (entre 20 000 et 200 000, une erreur est si vite faite !).
-Les chauffeurs de taxis (ici « taksi ») ne parlent généralement pas anglais, et ils aiment bien rendre le mauvais change, et puis ils ne savent pas toujours c’est où chez toi… Il faut comprendre, ici les rues ne sont pas indiquées, et les adresses sont données en fonction de la grosse artère la plus proche. Par exemple, j’habite officiellement sur Gedong Kuning, mais dans les faits, je suis deux ruelles miteuses plus loin. Le positif dans tout ça : maintenant je connais mon cartier, j’arrive à savoir quand les chauffeurs vont n’importe où et à marcher jusque chez moi d’un peu partout autour. Et le plus important : à savoir expliquer où j’habite, parce que Gedong Kuning c’est une rue et un cartier et j’habite sur cette rue, mais dans le cartier de Karangsari, et quand ça ne fait toujours pas, je sais maintenant que le resto à côté de chez moi est très connu, le Suharti.
-Un chauffeur veut te charger 30 000 pour rentrer chez toi : tu quittes le lieu et dit au chauffeur suivant qu’on t’a offert 15 000. Vous vous entendez sur 20 000 et la vie est belle…


4. Les gens
-On te questionne sur ta religion et celle de ton groupe… moment de flottement, répondre fermement et définitivement : « nous sommes tous Chrétiens, mais je respecte beaucoup l’islam, d’ailleurs je vis chez des musulmans ».
-Hyper gentils, vraiment, mais un peu enfantins (les jeunes adultes par exemple) et assez craintifs, dans le sens de socialement conformés. Par exemples les jeunes du comité organisateur ici s’extasient devant des jeux que des enfants au camp de jour à 10 ans commencent à trouver ringard. On peine à suivre. Et tout le monde est si sage et poli, que toute action un peu aventureuses est considérée comme dangereuse et grave. A la campagne, se mettre les pieds de l’eau était intense, s’asseoir avec les jambes dans le vide sur un pont, un danger, grimper les cailloux trop difficile, … c’est comme si la jauge de peur se remplissait plus vite pour nos guides que nous.
-Polis au point d’utiliser des formulations du genre « We’ll try to move towards the question period ». Et si on faisait juste le faire ? Ou « Let’s prepare for the briefing ». Je cherche encore ce qu’il faut faire quand on est déjà assis dans une salle avant de recevoir des informations.
-Lents. Mignons dans leurs mille détours pour arriver à un point si simple, mais très, très lents. Tout est compliqué : il faut mille règles, mille explications, mille horaires qui changent et ne sont jamais suivis, et pas trop de spontanéité. Mais ça c’est peut-être juste le comité organisateur ici.

5. Les vêtements
-Les femmes se voilent, mais vraiment pas toutes ! Et encore moins en toute occasion. Aninda, mon hôte, met son voile pour à l’université, c’est obligatoire, mais le reste du temps, jamais. Elle porte même du rouge à lèvres, des robes au genou et des talons hauts parfois, les cheveux dans le vent. Et pas un niqab ou une burqa en vue, mes dernières datent de l’aéroport d’Abu Dhabi. Juste un foulard sur la date, généralement joliement coloré ou brodé. Le modèle avec petite casquette intégrée est populaire ici, probablement à cause du soleil. Et quand on sort de la ville, le taux de hijab baisse en flèche. Le statut du la femme reste assez bon, bien meilleur que beaucoup de pays asiatiques non-musulmans d’ailleurs. Foulard ou pas, les femmes sont médecins, guides de montagne, informaticiennes et musiciennes. J’en ai même vu une avec la casquette de son orchestre par-dessus sont hijab
-Tout le monde s’habille chaudement, et pas seulement à cause de la pudeur collective, les vestes à manches longues à 25 degrés, des gants des fois, les bas dans les sandales (ils en mettent pour la moto aussi), ça se voit.
-Finalement, hors de l'université, j'ai osé la camisole à quelques reprises, rien de très fou, juste un truc sans manche, et le résultat est encourageant: on ne semble pas me trouver plus ou moins hors-normes qu'avant, je reste une blanche, mais je n'ai pas l'air d'être diabolisée à cause d'une épaule, même si pour le moment je n'ai pas tenté l'expérience souvent.

6. Installations
-Encore une putain de toilette turque (on est à l’université et c’est comme ça, seule certaines maisons et le McDo sont épargnés il semble…). Une chose à la fois : d’abord se déshabiller au grand complet, ensuite trouver les réserves de papier de toilette dans son sac, et agir promptement. Puis il faut mettre de l’eau à la petite cuillère dans la cuvette immonde jusqu’à que ça soit l’équivalent d’une chasse d’eau. Et essayer de ne pas boire trop, sans se déshydrater, parce qu’on ne veut par répéter l’expérience trop souvent dans une journée…
-Le « social program » de l’École d’été t’amène à la campagne, on t’as promis « un bel hôtel »… flairez l’arnaque, c’était plutôt un vieux camp de jour (ou ça ressemblait) avec des chambres à deux étages, et 8 matelas sur le sol de chacun et des araignées qui tombent du plafond. Les toilettes, turques, étaient à côté des « douches », une case avec une cruche. L’horaire prévoyait 1h pour « prendre son bain », tout le monde a préféré dormir.

7. Nourriture
-Du riz. Des pâtes de riz. Du poulet. Des crevettes. Légumes et fruits ? Peu, et pas dans les repas.
-Le but de tout voyageur ici est d’augmenter sa diète en fibres : jus de mangues, petites oranges, brocoli chinois dans les sautés, tout ce qui est possible.
-Mais la nourriture est généralement très bonne. Leurs entrées et gâteux sont particulièrement étranges, très gras, ni salés, ni sucrés, au goût imprécis et à la couleur louche (ils aiment bien les colorer…). Mais les plats de riz et de pâtes sont généralement délicieusement assaisonnés.