Me voilà confortablement installée sur le sol de l'aéroport d'Abu Dhabi, je me suis fait un petit bivouac et je suis fin prête à faire le récit des péripéties des deux derniers jours, quoi que je ne suis plus certaine de ce qu'est un jour, perdue comme je suis dans les fuseaux horaire. Comme Sarah, qui a passé de l'Équateur à la Colombie en 72h, le disait: je me sens comme un jeu de Boogle qu'on brasse. Et énergiquement.
Je n'ai pas sérieusement dormi depuis 48h, j'ai l'impression que l'espace-temps se contract et s'étire aléatoirement, je ne sais plus si j'ai faim ou pas, soif ou pas, ou ce que je devrais manger, je n'ai aucune idée de quand dormir, l'heure n'est qu'une formalité pour mes avions, je ne sais plus quelle langue parler, autour de moi les Asiatiques, les Arabes, les Indiens se mélangent et c'est le festival du turban wild et des variations du hijab à la burqa en passant par bien des accoutrement occidentaux étranges... Pour ma part je suis dénuée de toute classe: je suis en tailleurs sur le sol d'un aéroport, drapée dans une couverture d'avion marron, chaussée de bas d'avions d'un beige seyants commet tout, ... vraiment joli. Une chance que personne ne voit ça.
Je suis partie de Bretagne vendredi, après une visite express à la plage, pour que Jérémie (le Belge national, tellement Belge qu'on le dit Belgo-Belge) et Alex disent adieu aux vauges. On a ensuite dîner avec la famille bretonne dont on n'usurpait la maison (les parents de Marie-Laure et Maël) et comme Jérémie est Jérémie on n'est parti que vers 16h... bien sûr, nous avons subséquemment fait une panne sèche sur l'autoroute. Arrivés à Paris à une heure par possible, notre statut de Québécois nous a permis de citer Céline pour convaincre un restaurateur de faire rester le cusinier pour nous un peu plus longtemps. Nous sommes ensuite allés chez une ami d'amis d'un ami pour une fête, quelle curieuse chose que cette nuit à Paris à courrir partout, chanter dans la rue et boire beaucoup de rosé avant de parti pour l'aéroport. Il ne faudrait quand même pas omettre que Jérémie a réussi à se faire remorquer sa voiture et que nous avons fait un tour à la fourrière vers 4h du matin où le pauvre pougre n'avait aucun papiers: ni les siens, ni ceux de la voiture. On a sorti la carte-soleil d'Alex en guise de pièce d'identité et la policière a soulevé un sourcil et accepté le subterfuge. Étrangement les policiers nous avaient d'abord apellé un taxi super gentiment pour aller à la fourrière, s'assurant que ce n'était pas un faux et nous faisant la jasette, à notre plus grande surprise.
Ce matin, je me disais que libérée du mauvais sort belge, mon parcours devrait se dérouler sans heurts: le RER, c'est enfantin. Je me gourrais bien comme il faut: le métro, tout allait, mais le RER était sans dessus dessous à cause de l'agression d'un conducteur et les trains étaient remplacés par d'autres trains de surface, méga-bondés et qui prenaient des siècles à partir. Comme mon billet d'avion n'indiquait pas mon terminal, je suis sortie à la station pour les terminals 1 et 3, déjà stressée du retard monstre, pour découvrir que j'étais en fait au terminal 2A, le plus perdu. Heureusement ma seconde découverte était que mon vol était en fait 75min plus tard que je croyais! Après m'être perdu 3 fois et attendu une éternité, je me suis retrouvée dans mon avion, exténuée comme jamais, parce que le corrollaire de cette nuit folle à Paris, c'est que j'avais fait nuit blanche...
Etihad Airlines, avec qui j'allais à Abu Dhabi et dans quelques heures vers Jakarta, s'est révélé être une merveille! Vraiment à garder en tête comme ligne aérienne (il y a beaucoup de vols vers l'Asie et l'Europe de l'Est). T'as vraiment plein de place, la bouffe est succulente et il y a genre 25 choix (mêm un MENU!), ils te donnent de gros écouteurs très confortables, l'écran individuel est énorme et il y 75 films et 35 jeux et mille autres petits divertissements, ils te servent à boire tout le temps, ils te donnent des petits bas, une super moelleuse couverte, un machin pour les yeux, sont super attentionés, ... la gloire! Ça a aidé après mon non-sommeil.
Je me retrouve donc perdue dans un aéroport du Moyen-Orient, complétement désorienté, et commençant enfin à réaliser l'étendue du choc culturel et du dépaysement qui seront miens d'ici demain soir. La Bretagne, c'était de la petite bière. L'Indonésie, ça va se corser... je vous tiendrai au courant!
Ce qui est certain c'est le virus de l'aventure se multiplie à vue d'oeil, je suis partie de Montréal contente de partir, mais assez peu excitée selon mon échelle d'excéssivité habituelle, je commence à compenser et l'excitations, la curiosité et l'apréhension se mélagent dans mon esprit encore un peu embué, me préparent à sauter dans le festival de sons et de couleurs que sera mon prochain mois.
Prochaines nouvelles de l'Indonésie!
