vendredi 9 septembre 2011

Stockholm, la magnifique.

Stockholm est sûrement plus grandiose que Copenhague. Escarpements qui font penser aux dénivellés de Québec, canaux qui lui donnent son surnom de “Venise du nom”, édifices magnifiques et larges rues, les Suédois n’y sont pas allés de main morte. Et les étendues d’eau sont partout, je ne m’en remettais pas. Tu pars jogguer 5min par là et vlan, tu es sur le bord de l’eau, dans la forêt. La folie. Je suis allée courir tous les jours, profitant du grand air, du soleil qui brille jusqu’à minuit et de cette liberté académique qui me donnait la chance de recommencer à bouger… Finalement c’était peut être un peu drastique pour mes genoux, mais ça, je ne l’ai su que pas mal plus tard.

Pablo allait à l’hôpital le martin, moi, je dormais! Frédéric nous a rapidement rejoint en Suède, et à 3 dans une chambre de résidence universitaire, ça fait beaucoup, mais on a aussi eu beaucoup de bon temps. Dormir en cuillère avec Fred sur un matelas sur le plancher rendait ma 2e partie de nuit dans le lit de Pablo une fois qu’il était parti bien meilleure. J’allais courir, je travaillais un peu après, et on pouvait se balader et sortir tous les trois en après-midi et en soirée…

Les bars sont en plein air, les cafés aussi, en Suède comme au Danemark, les gens semblent sentir un impératif de se jeter dehors au moindre rayon de soleil. Mais l’idée d’avoir des couvertures en polar dans les bars pour se mettre sur les genoux et se tenir au chaud à minuit, c’est la meilleure invention depuis le pain tranché. Je souhaite ardemment que Montréal emboîte le pas à ce sujet. On a donc marché la ville, le port, les parcs, … c’était très chouette. Parfois accompagnés de Cecilia, notre amie suédoise.

Il y aussi le meilleur restaurant végétalien (vegan) que j’ai jamais connu à Stockholm: Hermans. Il faut savoir que faire son épicerie à Stockholm, c’est pas vraiment plus cher que Montréal, un peu oui, mais rien de dramatique, et pour la plupart des items de base, ça reste comparable (sauf la viande, même Pablo le chilien trouvait qu’être végé, c’était une bonne idée). Par contre, aller au restaurant, c’est hors de prix. Un hamburger dans un resto très relax en ville, facilement 25-30$. Une bière, facilement 12$, un hot-dog dans la rue 6-7$ facilement… donc pas question d’aller au resto, puisque sous 30-40$, rien n’existe, même pour un repas bas de gamme. Par contre, Hermans, c’est l’exception qui confirme la règle: tous les lundi, c’est 8 euros pour les étudiants, pour un buffet! Et là t’attendnet 10 salades, 4-5 plats chauds, du pain maison, un faux beurre aux herbes, du thé à volonté, … la décadence. Le tout à manger sur le bord du rempart qui donne sur l’eau, dans une couverture du polar, en regardant à l’horizon. Définitevement un fait saillant.

Et après une semaine de bon temps et de soleil à Stockholm, j’ai fait comme les suédois: j’ai acheté un billet en ligne pour l’express pour l’aéroport. C’est que tout est automatisé en Scandinavie, j’en suis encore surprise! On peut acheter un billet du bus en envoyant un message texte, un billet de train sur internet et s’identifier avec sa carte de crédit, payer partout par carte si bien que je n’ai jamais retiré de couronnes suédoises, et j’en passe.

Et pour l’aéroport je suis partie, avec SAS, a compagnie scandinavienne qui fait des prix pour les jeunes, et via Copenhague, je suis allée à Rome, rejoindre ma Maman.

Et Rome, vous l’aurez plus tard!

jeudi 8 septembre 2011

Le départ

Ça fait 3 mois déjà que je suis partie. Mais quelle aventure que ce départ de Montréal. Je suis restée 4 ans et demi, presque 5 ans, dans le même appartement. Quand mes parents ont déménagés, toutes mes choses ont été rapatriées. Il y avait “du stock”, beaucoup de stock à classer, emballer, jeter, mettre dans mes bagages, donner, trier … une tâche dantesque que je redoutais. Et il y a une dizaine de jours, c’est tout, entre mon dernier examen et le grand départ. Avec un bal, deux partys d’adieu, une visite en Ontario, plein de gens à voir, du travail à terminer et j’en passe. Ça a été une dizaines de jours de folie, de boîtes jusqu’au plafond, de crises (“je n’y arriverai jamais”), de fatigue (“je veux dormir…”) et de joie. Joie de revoir tant d’amis avant de partir, de dire aurevoir à ma famille, de les serrer fort dans mes bras, joie de voir l’école se terminer, les examens enfin cesser, et de voir une année que j’attends depuis longtemps arriver.

Alors je suis partie, le 6 juin, avec mes sacs, d’abord pour Charles de Gaulle, puis pour Kastrup, l’aéroport de Copenhague. J’ai été chanceuse, non seulement j’ai eu le droit à une escorte de famille et amis à l’aéoport, mais Marc-André et Anne-Sophie m’ont amené jusqu’à la sécurité. Ils m’ont serrés dans leur bras jusqu’au dernier moment, ils ont trainés mes sacs, ils sont même repartis avec un panier de tous les “cossins” qui ne rentrés dans aucune boîte. Ils m’ont aussi permis de boucler la boucle à temps, en venant m’aider à fermer la maison. Alors qu’on allait embarquer dans la voiture, Marc lance “Gen, tu as vidé ton frigo de ce qui restait, right?”. Oups. Non. Et nous voilà avec un sac plus gros que la poubelle ne peut tenir, après un effort de groupe pour vider tout le plus vite possible.

J’ai appris en route qu’Air Transat vend maintenant les oreillers dans les vols transatlantiques (un “comfort pack” à 5 ou 10$ avec couverture et oreiller…), et que mon sac faisant 2 kilos de trop pour mon vol suivant, Easy Jet jusqu’à Copenhague. J’ai donc éventré mes bagages à Charles de Gaulle, après la course du sicèle pour charger de terminal. J’ai réussi à tomber sur la barre des 20 kilos. Mon sac de cabine devait peser autant: mais EasyJet ne pèse pas les carry-on, et j’ai été sauve.

Le ciel était gris à mon arrivée à Kastrup, mais je n’ai jamais trotté autant en sortant d’un aéroport. J’y étais enfin. Je suis déjà venue au Danemark, mais je n’avais jamais mis les pieds à Copenhague. Et j’avais le comité d’accueil du siècle: Patricia, Benjamin et Martin étaient aux arrivées, munis de drapeaux danois (les drapeaux méritent eux aussi un message en entier, je vous raconterai…) qu’ils agitaient frénétiquement. Ballade de tout un après-midi, souper indien, soirée chez Howraman avec du vin, la journée fut magnifique, un petit interlude danois avant de partir un peu partout en Europe avant de revenir dans mon nouveau chez-moi.

Et donc 24h à peine plus tard, je prennais le train, direction Stockholm, ou mon chilien préféré, Pablito, habitait depuis quelques mois. Faire la Scandinavie en train, c’est la gloire. La pont entre le Danemark et la Suède et magnifique. La campagne suédoise en remontant vers Stockholm, très bucolique. Je suis arrivée dans Stockholm la majestueuse sous un soleil éclatant, qui n’a été ombré qu’une fois ou deux par quelques gouttes. On a rarement vu la Scandinavie sous de plus beaux atours: il a fait beau et chaud pendant une semaine, je n’en revenais pas!

Mais Stockholm, c’est pour la prochaine fois...

mercredi 7 septembre 2011

Jeg er en nykøbenhavner

91 jours déjà. 13 semaines.

0 message sur mon blog vous me direz. Je sais.

Je n’ai pas de bonne excuse. J’étais fatiguée, je manquais de temps, j’avais peu de temps en ligne, j’étais paresseuse, je n’avais pas envie… mais en même temps oui j’avais envie de partager tout ce que je vivais. Je n’ai pas pris le temps, c’est tout. 10, 20, 30 fois j’ai commencer à écrire un message, dans ma tête, puis la vie a pris le dessus, et je laissé filer l’occasion.

13 semaines, c’est quand même un bon moment. C’est tout mon été. C’est le début de mon année. Maintenant que septembre, l’automne et la rentrée sont là, c’est plus clair que jamais que mon année sabbatique est bien entamée. Je ne suis plus nomade en Europe, j’ai un appartment, un cellulaire, un numéro d’identification danois, un bureau, un vélo, … et la liste continue. Je fais le pari de tenter de m’intégrer.

On m’a beaucoup questionnée: pourquoi tant d’efforts? Tu es là pour même pas un an. Je pourrais me voir comme une touriste, de passage, et c’est vrai que moins d’un an, c’est pas si long quelque part. Mais c’est trop long pour ne pas y mettre du sien. Je n’ai pas envie d’être étrangère à Copenhague, visitant une ville comme une autre, je veux en faire ma ville. Et un an, c’est court, mais c’est long, trop long pour être la fille de passage qui comprend rien au Danemark.

Alors j’ai immigré. C’est sensé être que pour un an, mais aux yeux du gouvernement danois et aux miens, je suis une immigrante. J’ai un permis de travail et de résidence, j’ai un médecin de famille (pause pour laisser tomber votre machoire si vous êtes Québécois, ou Canadien en général, c’est pas une blague, j’ai un médecin, ça mérite un message en soi d’ailleur), j’ai accès aux cours de langue et à toutes les mesures d’immigration. Je suis une danoise d’origine étrangère, officiellement, même si mon permis et tous mes privilèges expirent dans un an.

J’ai commencé mes cours de danois. Avec une anglaise, deux indiennes, deux russes, une jamaiquenne, … Les cours commencent pas une conversation, entre le prof et chaque élève, où on se fait poser des questions, avec chaque jour une ou deux nouvelles, pour voir jusqu’où on peut comprendre. “Tu es au Danemark pour quoi?”, c’est la question qui revient. Elles répondent toutes: mon mari est danois, mon mari a été muté au Danemark, mon fiancé vit ici, … il semble que la seule raison que le Danemark attire des étrangers c’est via de beaux, jeunes et brillants danois. Il faut leur accorder qu’ils sont beaux (certains disent que c’est les vikings, qui ont ramené les plus beaux et belles anglaises ici pendant des siècles, faisant une sélection génétique….), très beaux en moyenne. Et éduqués, et polis, et bien des choses, alors ça attire leurs tendres moitiés. Mais les règles d’immigration sont strictes, très très strictes, et ce n’est pas facile de s’intégrer au Danemark, les gens sont tissés serrés, la langue est ridiculement complexe et on te fait quand même savoir que tu es un “foreigner”. Souvent, les couples repartent, choisissent le pays de l’autre tendre moitié, ou un tiers.

Mais je peux comprendre ceux qui restent: Copenhague est merveilleuse. Une belle ville, vraiment belle, vraiment sympathique, des vélos, partout, à n’en plus finir, des lacs au centre-ville, des pars partout, des gens qui promennent leurs enfants à toute heure du jour, des services à proximité, la campagne à 20 minutes, … la liste est longue. Je n’ai jamais vu une ville où les gens sont aussi beaux et aussi en santé. On s’entend que c’est une moyenne, l’enbompoint existe au Danemark aussi. Mais on comprend vite pourquoi ils sont dans une meilleure posture que bien des pays d’Europe: le vélo est partout, le sport est valorisé, les enfants passent leur temps dehors, la nourriture fraiche est abordable, tout le monde a un médecin de famille et j’en passe. Le vélo gagne d’ailleurs dans cette liste: 30 à 35% des gens se lèvent le matin à Copenhague et prennent leur vélo, pluie ou neige, soleil ou vent, avec les enfants, les sacs, le chien s’il le faut, rien n’est une raison de ne pas pédaler. Et on ne choisit pas le vélo par souci d’écologie – certains oui, mais pas la majorité – ou même pour des raisons de santé: tant de gens pédalent parce que c’est le plus simple et rapide moyen d’entrer en ville et d’y circuler. En plus c’est bon pour soi et pour le climat, mais la popularité vient d’une chose: c’est pratique.

D’ailleurs, alors qu’à Montréal on parle de traffic de voitures, ici, on parle de traffic de bicyclettes. Les pistes cyclabes (presque toutes les rues en ont, des deux côtés), qui étaient déjà larges, sont doublées dans la plupart des grandes artères. Certains sont encore en réfection, mais de nouvelles sont finies chaque semaine, et traverser le pont de Nørrebrogade dans une piste aussi large qu’une voie d’autobus, c’est la gloire. Des milliers de gens le font, faisant du petit pont qui enjambe un des lacs de Copenhague le pont le plus traversé d’Europe (ou du monde, je ne me souviens plus) par des bicyclettes. On parle de quelque chose de l’ordre de 8000 vélos par jour.

Alors je prends le pont de Nørrebrogade, comme un bonne petite danois, le matin, entre la maison, le yoga, et le bureau.

Je vous raconterai tout ça, les semaines passées, les semaines qui viennent, le long chemin de l’intégration, ma vie danoise, mon travail, ma sabbatique, … mais au moins la paresse est cassée. Sachez que je vais bien, que je dors plus que depuis des années, que je fais du yoga presque tous les jours en plus du vélo, et que je fais un travail intéressant et stimulant. Le Danemark est tout ce que j'espérais, et bien plus.

Jeg er en nykøbenhavner (je vous laisse deviner la traduction). Et j'en suis heureuse.

mardi 17 mai 2011

Médico-globe-trotter v.2.0

Voici "Geneviève sur la route" version 2.0, en l'honneur de mon année sabbatique, le blog va être relancé et s'intitule maintenant "Geneviève autour du monde" ;) Deux étés plus tard, à quelques semaines d'intervalle... je repars. Et pour pas mal plus de 7 semaines cette fois.

En gros: une année sans étude, un stage à la "Copenhagen School of Global Health", un stage au Chili, plein d'amis, plein de voyage et pas trop de médecine!

Suivez mes aventures (les péripéties pas possibles étant toujours mon lot!) à travers la France, le Danemark, la Suède, l'Italie, les Pays-Bas, le Chili, le Pérou, ... et sûrement d'autres à confirmer!

Le plan: départ pour Paris le 6 juin, brève visite à Copenhague le 7 juin pour laisser mes bagages et voir des amis, quelques jours à Stockholm, hop vers Milan avant de partir autour de la Méditerranée avec ma mère pendant 2 semaines, puis de retourner vers les Pays-Bas... ça c'est pour juin. En juillet, je ne sais pas. En août: l'Assemblée générale d'IFMSA au Danemark, suivi d'une École d'été à la Copenhagen School of Global Health et de mon "emménagement" dans la ville de la petite sirène pour l'automne, où je ferai mon stage (toujours à CSGH). En janvier je pars en Amérique du Sud, d'abord au Pérou, ensuite au Chili, pour un stage d'un mois. Je serai de retour en Europe ensuite!

Au programme pour mes visites à Montréal: une semaine en novembre, 1-2 jours au jour de l'an, peut-être la même chose à mon retour du Chili!