mardi 28 juillet 2009

Bon matin Paris, 1ère partie

J’ai vu un lever de soleil qui n’en finissait plus. L’aéroport est propre et on me parle français. Rebienvenue en France. Je cherche du riz sans en trouver. Mon pouvoir d’achat vient de s’effondrer. Il m’en a coûté 19 euros pour changer d’aéroport, 10 pour me connecter un instant à internet, tout autant pour prendre un dîner rapide. Mon avion pour Bratislava est retardé de deux bonnes heures : j’ai pris ça de façon on ne peut plus stoïque. Au point où j’en suis, 2h de plus ou de moins ! Et mon stratagème de mettre des trucs lourds dans mon bagage à main à fonctionné à merveille pour libérer ma valise des deux kilos qu’elle semble avoir pris malgré moi en Asie (l’expansion naturelle ?).

Quelque part au-dessus du Moyen-Orient et sur les banquettes de Charles de Gaulle, j’ai écrit encore et encore. Personne n’est obligé de lire, mais j’ai décidé qu’il était temps de parler de ces visites à l’hôpital que j’ai faite, des patients qui m’ont bouleversée, de mes réflexions sur ce stage. Ce sera donc mon entrée du jour. Et mes péripéties européennes attendront. J’ai 3 avions sur 4 de fait, le pire est derrière moi, je donnerai des nouvelles de Vienne, quand j’y serai arrivée, Dieu sait comment, de Bratislava…

J’ai beau avoir écrit presque à tous les jours, j’ai en toute connaissance de cause choisi de me limiter aux faits, aux péripéties, aux activités sociales et à des commentaires sur l’Indonésie en général. Rarement, voir pas du tout, ais-je abordé mes réflexions sur mon cours en Indonésie, ou sur le fait que ce cours, avec du travail fait au Québec avant et après mon voyage, était mon stage pour le CASI, le Comité d’action sociale internationale. Plusieurs fois je me suis dit que j’aurai préféré faire un « vrai » stage CASIen, ce qui général veut dire se trouver un village, reculé de préférence, et travailler avec une ONG. Forcée de rester à Montréal pour le mois de juin, et déjà inscrite en Indonésie pour mon cours à l’université, j’aurais pu choisir de reporter mon stage, mais après un an avec plus de 20 autres CASIens, j’avais envie de faire « ça » cette année, c’était le plan depuis longtemps après tout. Et d’un côté, je me sentais rassurée par le fait que je n’avais pas tant à me questionner quant à savoir si mon stage était utile, accepté, compensé dans mon lieu d’accueil : le programme était fait pour ça, les familles et l’université étaient compensés, on ne s’attendait pas à ce que je fasse quoi que ce soit de vaguement médical, je ne suis pas en état d’être utile médicalement donc aussi bien apprendre à l’être était ma logique. Sur ça, je dois dire que ça a très bien fonctionné. Même si j’aurais voulu que mon stage soit plus un stage que cela, je me dis qu’un stage, comme le voyage, est un état d’esprit. Si je termine l’été avec une expérience sociale et culturelle et un paquet de réflexions sur mon utilité relative ou la meilleure façon d’agir sur le monde qui m’entoure, je me dis que j’aurai fait un stage aussi bien que tous les autres que j’aurais pu…

Le point commun qu’un programme organisé ne m’aura pas évité, c’est bien les attentes qui divergent… Le comité qui organisait le programme à Yogya mettait de l’avant les visites à l’hôpital, les grands conférenciers et le travail par APP. Force a été pour moi de constater à l’arrivée que le programme était beaucoup moins soutenu que prévu : les cours étaient au nombre d’un seul par bloc, vraiment, commençaient avec du retard, finissaient à l’avance et étaient donné par des médecins dont l’anglais était tellement limité que le fait qu’ils soient des experts ou des novices ne nous apportait pas grand-chose. Au début cela me frustrait beaucoup : aller à l’autre bout du monde pour se faire dire que la TB est une maladie qui se transmet via des microgouttelettes, c’est un peu fort. J’étais particulièrement empathique envers mes collègues qui étaient là, après 6 ans sur 7 de médecine, espérant devenir des experts des maladies tropicales, et qui se retrouvaient à se faire dire ça. Si, académiquement, je n’ai pas appris grand-chose, imaginez eux…

Les APP offraient peu de choses de plus, mais au moins on pouvait se pousser un peu. Nos tuteurs, encore une fois loin d’être capables de parler anglais, ne nous étaient pas très utiles, et quand personne n’a fait d’APP, ou tous différemment, on n’est pas sortis du bois, mais au moins on apprenait, et beaucoup. Je me sens mal de faire un tel commentaire sur la langue : après tout c’est moi qui était en Indonésie, et mon javanais était déplorable d’inexistence, mais quand on a un programme qui reçoit 75 étrangers depuis plusieurs années et que l’on publicise que c’est en anglais, il faut que les enseignants (et les tuteurs, et le comité, ce qui n’était pas plus le cas) aient un niveau décent, fonctionnel au moins.