mercredi 22 juillet 2009

Sur la rivière

Salut les galopins ! Je crois que je tente de vivre mes derniers moments en Indonésie avec frénésie, parce que ça n’arrête plus. Comme ça fait plusieurs jours, mes récentes aventures seront relatées en quelques parties, que vous pouvez lire séparément, parce que sinon c’est un bon moton. C’est parti.

J’avais donc terminé mon dernier épisode sur mon départ pour le karaoké, un truc très prisé par les Indonésiens il semble. C’est un fait un grand édifice plein de petites salles insonorisées de capacités diverses, dans lesquelles l’on peut se ridiculiser en paix. On s’est donc ramassés là, une bonne demi-douzaine de pays, incluant une trâlée d’Indonésiens. À mon grand désespoir, partagé par mes colocs, nous avons appris qu’Aninda a été chanteuse dans un groupe pendant des années. Elle a une voix sublime. Nous avons du coup déclaré que nous ne chanterions pas sans quelques bières.

L’épisode du karaoké en tant que tel s’étant somme toute bien déroulé, nous sommes partis en ville galopiner dans les bars, et nous sommes retrouvés dans notre lieu de prédilection, le bar Lucifer, ou joue toujours un band live. Avant de poursuivre cette péripétie, je tiens à mentionner que je ne chante pas. Je ne chante pas, et surtout pas en public. Mais l’Indonésie a décidé de remédier à ça : une fois dans le bar, le chanteur a vu que je connaissais les paroles et m’a sans donner le choix mis un micro dans les mains. Terrorisée, j’ai entamé le refrain, mais n’ait pas pu me souvenir du reste. L’humiliation du siècle. Mis à part Catherine, mon Albertaine préférée, qui était là pour voir la chose arriver, les autres, qui étaient à la mezzanine, n’ont rien remarqué. Ne lâchant pas le morceau, quand j’ai fait une demande spéciale plus tard, le dit chanteur a réitéré, mais en pire : il m’a avoué ne pas connaître les paroles, m’a soulevé du sol et fichue sur la scène, a donné l’autre micro a un rastamen soul qui semblait connaître les chanson et m’a intimé de chanter, et là là. Trop confuse pour protester j’ai fait l’improbable : j’ai chanté, qui plus est une chanson de Bob Marley, moi la petite Québécoise, dans un band indonésien dans le sud de Java. Une chanson au complet. Seigneur. Fort heureusement aucun film ne prouve cette histoire.

Cette soirée a été suivie d’une journée en rafting. Un pur délice sur la rivière. Par standard québécoise, cette rivière manquait sérieusement d’eau, et les Européens d’entrain à la pagaie, mais je dois avouer que de se laisse dériver dans l’eau chaude des îles, palmiers et jungle au-dessus de la tête, en sautant occasionnellement d’une falaise dans la douce rivière. Nous étions des enfants de premier ordre : chaque fois que nous apercevions un autre raft, nous faisions un abordage sanglant et le but était de foutre tout le monde à l’eau. Comme l’eau était bonne, ce n’était pas bien grave, après un moment, je m’y lançais moi-même si ça ne venait pas assez vite. Et on a eu droit à une glorieuse noix de coco fraîche à la mi-chemin dans la rivière. Sans aucune grâce, je me suis mis la tête dans le noix et j’ai bu le lait et j’ai ensuite attaqué le reste sans vergogne.

On a tout remis le lendemain pour le tourisme, s’enfilant successivement le Palais d’eau, le marché des oiseaux (qui est un marché à animaux en général en fait), la fabrique de batik, le marché à argent (et autres machins précieux).

Le palais d’eau était beau, mais pas renversant. Le marché était un bordel d’immondices déconcertant et excitant à la fois. Serpents, oiseaux, chiens, scorpions et singes s’y trouvaient. Et mes photos vous en montreront plus. J’ai quand même tenu un singe dans mes mains. Il m’a ensuite chié dessus. Le malin. Et joué avec des chiots. Ouvert des grand yeux devant les méga-chauve-souris, plissé le nez face à l’odeur, sourcillé devant les conditions et ai utilisé mon désinfectant sans arrière-pensée ensuite…

Fin de l'épisode 1!