jeudi 23 juillet 2009

Java Java Java

Je suis dans un état lamentable selon les standards indonésiens, ce qui est normal selon les miens. On m’a dit que je semblais faire un cours de sport extrêmes plutôt que de médecine, et c’est semi-vrai. Au sens où c’est pas le cours, ou l’Indo, c’est moi et mes idées de nager là où il faut pas, de grimper les statues de Bouddha, de me lancer des falaises pour saborder d’autres rafts et cetera ! Conséquence : mes jambes sont une masse de bleus, de coupures (les coraux de Kukup), de brûlures (les chutes de raft), de piqûres (on sait de quoi) et aussi de trous d’épines d’oursin. Eh bien oui, c’est ma dernière : en voulant sauver ma vie dans les remous de Kukup, je me suis foutue un pic d’oursin dans le talon. J’ai essayé de l’enlever, sans succès, je me suis donc résignée: il y restera, que je me disais. Mais le lendemain j’ai lâché un cri en posant mon pied par terre : mon corps avait fait une chouette inflammation. Mes 3 colocs, riant gaiement alors que je grimaçais, se sont donc armées de pinces à épiler, coupe-ongles et d’antiseptique, ce sont mises à trois, et en pleine table à déjeuner m’ont fait une mini-pseudo-chirurgie-simili-stérile. Un grand succès je dois dire.

Je me suis risquée à faire du lavage une 2e fois. Le retour de mes vêtements devrait être demain. On verra si le signe géant « NE PAS REPASSER » en javanais les a découragé de passer mes vêtements en synthétique super-séchage au fer…
On se gâte : on est allés manger du sushi en quantité démente pour pas grand-chose. Première fois que je mélange bière (la bonne Bintang locale) et sushis. Pas si mal. Et on est même retournés au karaoké : on s’indonésifie il faut croire !

Notre dernière pratique de danse javanaise était aujourd’hui. Ça ne ressemble pas encore tout à fait à une danse qui a de l’allure, mais bon. Pour terminer à temps, on a eu recours a une technique drastique : il manquait aux hommes la moitié de la chorégraphie, alors on les fait sortir à la moitié de la musique. Et ensuite on se démerde seules. Les petits mouvements de mains, ça craint, mais je maitrise bien mon éventail, avant de l’envoyait promener. Des photos de mon humiliation en costume traditionnel suivront (le « spectacle » est samedi soir…).

Je suis allée voir un tailleur, en fait une couturière, pour me faire faire une robe avec mes 3 mètres de batik sublime achetés 3 fois rien. C’était quelque chose de me voir expliquer que mes vêtements seraient « non musulmans » et préciser que oui je voulais que ça soit cintré, non pas juste à moitié sous le buste, vraiment cintré. Et quand mon amie a expliqué qu’elle voulait une robe sans dos, l’incompréhension a atteint son comble. Une chance que des Indonésiens traduisaient et expliquaient « que chez nous c’est pas pareil ». Conclusion : selon les standards locaux, je vais en enfer.

Et aujourd’hui j’ai bu un vrai café. Et non pas le machin immonde pompeusement appelé mochaccino qui n’est si un chocolat, ni en café et simplement trop sucré. C’était divin.

Je suis toujours hautement traumatisée à l’idée de quitter l’Indo. Encore 3 jours puis l’Europe de nouveau.

Mes réflexions plus philosophico-éthiques suivront, probablement écrites dans mes 2000h d’avion à venir.