mercredi 22 juillet 2009

Le temps file

Épisode 2...

Et puis il y a eu Kukup. La plage. Enfin. Dire qu’on est sur une île et qu’on n’y était toujours pas allés. On nous avait averti que l’on ne pouvait pas vraiment se baigner, mais, téméraires, nous avions mis cette mise en garde sur l’indice de peur des Indonésiens, qui considèrent un rien une aventure terrifiante… Finalement, ils n’avaient pas si tort cette fois. On pouvait entrer dans l’eau, difficilement c’était des roches et des coraux couverts d’oursins et de coquilles coupantes, mais y rester était une autre histoire. En fait, se baigner consistait à se trouver un coin de corail pas trop plein d’oursins, s’accrocher à deux mains et se laisser écrabouiller par les vagues sur les dits coraux. Quelques aventureux ensemble, on a trouvé un microscopique coin d’une petite anfractuosité où le fond était en sable. Heureux comme des larrons, nous n’avons pas réalisé combien la contre-vague était forte et ce qui devrait arriver arriva : Andréanne et moi nous sommes fait emportés par le retrait d’une grosse vague, entre deux cris et des regards paniqués, nous nous sommes attrapées in extremis au bout du corail et avons passé un trop long moment à se faire lancer contre les roches, perdant prise et filant dans le courant sans cesse. Une fois sorties du bois, on s’est dit que ça suffirait pour l’eau. J’ai fêté ma survie par une grande noix de coco.

Puis c’était la fête d’un copino, et nous avons tous fini dans un bar a shisha, après 30 min à 7 dans un taxi (et moi sur le dessus, bien sûr). C’était sublime. Nous étions morts de faim et crevés et plusieurs plats et deux shishas plus tard nous étions tous bienheureux, couchés sur les bancs de bois. Une pure merveille et une douzaine de corps bronzés ou brûlés enfin détendus après trop d’heures de bus, des amitiés internationales autour d’une table.

Parce que ces évènements internationaux sont un couteau à double tranchant. On se fait dans amis dans 12 pays. On découvre ce qui universel, ce qui l’est moins. On en apprend sur soi et les autres. Mais on réalise surtout qu’on se ressemble tant que si la vie l’aurait voulu autrement, on aurait pu être autre chose. Que tout ça est un peu n’importe quoi : où on est, qui on rencontre, qui nous entoure, … Qu’en Écosse, Hollande, Danemark, Koweït et Allemagne, il y a des gens avec qui j’aurais pu vivre. Et qui maintenant vont me manquer.

La vie poursuivant son cours, entre nos tutos (séances d’APP : apprentissage par problèmes) et nos cours, il y a eu le 4e et avant dernier cours de danse. Oh là là. Après 3 cours à ne rien faire ou presque, les profs nous ont sorti 1min30 de chorégraphie, et n’arrêtent pas de la changer. Leur pédagogie avoisinne zéro : pas de temps sur lesquels compter, pas d’explication, on s’en tient au mîmes, pas de progression constant et logique, … juste un paquet de mouvement de mains et de pieds absolument pas naturels trop vite pour nos petites têtes. Et dire que samedi je fais ça sur une scène. Je prédis un désastre…

Et puis il y a eu le spa. Le plan était d’aller faire un truc, un traitement quelconque, qui impliquait un bain de lait et Dieu sait quoi d’autre. Enthousiasmées par l’idée de jouer à Cléopâtre, nous sommes allées. Finalement après s’êtres faites crémées, exfoliées (sans tendresse) on nous a enduit d’un genre de lait pseudo-caillé (au pinceau !), de la tête au pied. D’un côté de la cloison à l’autre on questionnait l’autre : « ils te font quoi ? », « moi ils me badigeonnent ! », « je me sens comme une dinde à Noël ! », « ensuite ils nous foutent au four ou quoi ? ». En fait oui : on nous a mis au sauna, vêtues de robes de chambre roses en rétine. 4 filles, deux Danoises et deux Québécoises, à demi-nues, ne sachant pas ce qu’elles font là. On nous a ensuite mises dans des bains, où notre lait caillé se liquéfiait, et l’on se baignait alors vraiment danse du lait… Comme leur logistique n’est pas impec, ils ont mis Andréanne dans une douche, puis dit à la Danoise : « vas là ». elle ouvre le rideau, trouve Andréanne nue qui pousse un cri, pousse elle-même un cri, je sors dans le couloir. Bref tout le monde qui crie, nu, dans le couloir. Surréaliste et hilarant.

Le reste demain ou après-demain. Je vais me rattraper.