jeudi 16 juillet 2009

Beaucoup de sueur et un peu de sang

J’en suis déjà à 2 cours de danse javanaise. Je me sens toujours aussi stupide, mais apparemment c’est mieux. Le groupe des hommes est encore hautement divertissant, mais le progrès phénoménal. On nous a annoncé que nous présentions notre numéro à la soirée d’adieu : les regards horrifiés s’ensuivirent. Visiblement, je n’étais pas la seule à n’avoir pas saisi cette implication. Notre expérience culturelle a un tout autre goût maintenant…

Nous avons visité une panoplie de musées d’une lourdeur absolue. Le musée de l’indépendance encensait le 9ième sultan, héro de cet évènement historique, au point d’exposer les objets de sa vie courante. Comme le sultan était un grand fan de cuisine, les mitaines royales étaient exposées. Avec sa cuillère préférée et son torchon. Sérieux… D’autres musées étaient plus obscurs : je ne comprenais pas l’intérêt du musée de calèches (ceci n’est pas un blague), ni rien à l’exposition du musée d’un fort. Les guides parlant un anglais aussi épais qu’une mélasse, j’ai abandonné. Surtout quand le guide du palais du sultan s’est mis à expliquer que l’excision des jeunes filles avait un sens hygiénique. Mon grognement en disait long, mais devant tant de certitude, je n’ai pas voulu publiquement l’insulter, mon opinion (une femme blanche !) n’aurait certainement eu aucun effet. Mais je n’étais pas la seule à ouvrir grand rond les yeux.

Par contre, le temple de Prambanan était un vrai délice. Le site archéologique était immense, les temples sublimes et le guide fluides et une douzaine de langues il semblait. Nous nous sommes régalés. Moult photos et escalade plus tard (je me suis perchée sur la tête d’un bonhomme qui ressemblait à un Bouddha, mais devrait être autre chose, c’est quand même un temple hindou…) c’était l’heure du « ballet ». Qui n’a du ballet que le nom. Une chance que notre guide au temple nous a expliqué que la culture javanaise encense la lenteur et le doux court du temps (à ce moment des explications, notre groupe a fait un « aaah ! » collectif, signe d’une compréhension soudaine de la lenteur incroyable de nos organisateurs et hôtes, ainsi que des Indonésiens en général), c’était bien la danse la plus lente du monde. Parfois ça s’accélérait un peu, mais on restait dans le mouvement de détail, les petits jeux de mains, les grands masques et costumes et les mouvements lents. J’ai saisi qu’il y avait un prince, une princesse, une histoire de chasse au cerf et une bataille entre le bien et le mal, mais c’est tout. C’était tout de même une expérience incroyable.

J’ai aussi récupéré mon lavage de la laverie du coin : quelle surprise d’avoir des bobettes repassées ! Disons que si je pouvais avoir du linge lavé, séché, repassé et plié pour 50 sous à Montréal, je ferai la grève de ma laveuse…

Et il y a eu le futsal, du football européen sur un terrain pas mal plus petit en fait. Bien que mon équipe se soit faite massacrer, ce fut un après-midi des plus sympathiques et un peu de sport bienheureux, malgré force roulades lors de chutes soudaines dans le terrain synthétique et un incident impliquant mon nez, un ballon et un saignement soudain. Ayant reçu la balle bien en pleine figure, le nez dégoulinant de sang, j’ai promptement essuyé le tout de mes mains pour continuer la partie, et ayant droit à un penalty pour avoir subi le tout, j’ai sublimé mon agressivité dans le seul but que j’aie compté de la journée. Nous étions suants comme jamais, et ce ne fut pas une mince affaire de se décrasser les pieds par la suite, nous jouions pieds nus... mais quelle journée, vraiment.

Sinon la santé générale se porte bien ici. Les problèmes intestinaux sévères sont virtuellement absents, nous sommes en voie de déclarer la nourriture comme bien propre. Je ne me suis pas résolue à manger des abats, ou du poumon je ne suis pas certaine, de bœuf pour déjeuner. Un soir, passe, mais pas à 7h. les déjeuners oscillent entre européens et indonésiens, mes colocs ne semblent pas enchantées de ma demande de nourriture plus indonésienne, donc on est de retour aux expérimentations culinaires pseudo-occidentales. Une vilaine toux touche par contre une bonne part du groupe, il semble que l’air climatisé méga-puissant que l’on a une minute sur deux, combiné à la pollution assez intense (mille milliards de motos qui fument et des déchets qu’on brûle) et beaucoup de cigarettes, ne soit pas bien tolérées par nos gorges…

Les aventures de Geneviève en Asie se continuent donc par ses petites péripéties, beaucoup de sueur et un peu de sang quoi, et des courses en taxi pleines de rebondissements. J’ai de plus en plus de questions sur la vie, mais pas tant de réponses. Le départ pour l’Europe approche, un peu trop vite, je suis bien ici, et je suis aussi déçue de ne pas passer un peu plus de temps en Asie avec les autres, Bali, la Malaisie et le Vietnam attendront.

Adios les galopins, la soirée internationale (des recettes de chacun, mais sans porc, ni alcool, ce que les Polonais ont trouvé difficile il semble) m’attend.