jeudi 13 août 2009

Vers Montréal en 2010...

Le temps a filé et j’ai coupé sur les écrits. Quand on ne dort plus vraiment, on bloggue moins ! Je vais y aller dans l’ordre, mais en priorité : je suis maintenant en Albanie, à Berat, et si mon statut Facebook ne s’est pas rendu jusqu’à vous, les nouvelles sont bonnes pour Montréal AM2010… on a gagné ! Et bien comme il faut: 38 voix contre 15.

Je n’ai jamais autant souris de ma vie. Jamais autant battu des yeux, expliqué gentiment, donné des cossins, flirté même. Tous les moyens sont bons quand la cause est bonne ? Des jours de promo pour une année de travail... pour savoir si tout cela était pour rien ! Une chance que ça a marché.

Le rythme ne s’est pas amélioré dans les derniers jours : l’horaire incessant de 8h jusqu’à 22h, au moins. Et ça, c’est quand je n'allais pas aux plénières. Les plénières, c’est infernal. Ou du moins, c’est long, et là c’était infernal parce que la pièce n’était pas climatisée, ou même aérée, et que l’équipement audio-visuel était merdique. Le son grinchait tout le temps, le bruit était vraiment épuisant. Grosso modo, ça avait l’air de ça : les présidents et leurs VPs étaient assis autour de longues tables concentriques, en ordre alphabétique, avec des petits cartons avec le nom de leur association et des cartons de parole/vote avec le drapeau. Bref, une grosse assemblée de l’Organisation des nations unies. On a une centaine de membres en tout, mais parfois plus d’un par pays (par exemple nous avons deux membres au Canada, CFMS fait les facultés anglophones et IFMSA-Québec les francophones), et certains pays n’ont pas de droit de vote encore (ils sont des membres « applicants ») et tout un paquet de pays n’est pas toujours présent. Cette fois-ci, nous avions 58 votants. Pour imaginer le tout, il faut visualiser un vieil hôtel soviétique avec des nappes vertes et 120 personnes assises à de longues tables, sans compter les centaines qui se massaient derrière. J'étais juste à côté du Chili et de la Croatie, mais il y avait toujours mes copains les Péruviens et les Panaméens assis à la table derrière pour rigoler aussi. L’ordre crée des ironies : Israël à côté de l’Iran par exemple. On découvre des choses... Les Néerlandais sont compulsifs sur les questions, sans blague ils sont toujours la main en l’air. Et on ne comprend jamais ce que Taïwan raconte. Jamais. Les Balkans sont d'un chiant : ils demandent le vote sur tout.

Des fois le temps devenait tellement long dans les plénières que les gens partaient des sondages bidons sur un bout de papier et le faisaient circuler. « À quelle heure pensez-vous que finira la plénière ? » par exemple, et on voit dessous un paquet de conneries écrites : « quand l’enfer gèlera », « demain matin », « juste à temps pour l’assemblée de mars prochain ». On a aussi eu droit à « quelle température pensez-vous qu’il fera dans la pièce à la fin ? » et « combien de fois le grognon de président aura-t-il hurlé dans son micro pour demander le silence ? ». On se divertit comme on peut.

Théoriquement les plénières finissent à 22h, mais ça c’est l’horaire. Lorsqu’on présentait (enfin!) la candidature de Montréal pourtant on est passés passé une heure du matin. La tension était indécente. Quand l’Indonésie a présenté, on est sortis, c'est la règle... c’était 20 min d’une longueur infinie! Notre présentation de 15 min est passé en un clin d’œil après par contre !

La plénière du lendemain était encore plus tendue. Le vote se faisait de façon électronique et en bloc : tous les officiers, quelques motions et l’hôte de la prochaine assemblée. Et tout au long du vote, les portes étaient fermées. Comme il y avait 58 votants et seulement 4 stations de vote, ça a duré une éternité. Tous les présidents se sont alignés, cartons en main, et sont passés à la station. Pendant ce temps, le reste de la salle était en liesse : chansons à répondre, danses spontanées, séances de photos, vidéos en boucle sur l’écran, etc. Les présidents ne voulant pas être en reste, mais devant rester en file, s’en sont donnés à cœur joie : ils se sont mis à faire des danses en ligne en agitant leurs drapeaux de façon synchrone ! Très divertissants. Quand le vote est sorti, nous avons hurlé de liesse et pleuré de joie, ou presque seulement, diront certains. Avant de sentir le poids de la responsabilité, nous nous sommes permis une nuit de fête. Les Libanais offraient des verres, la musique était forte, et nous avons lâchés notre fou plus que de raison.

C’est un sujet sur lequel je ne m’étais pas étendu, mais il faut savoir qu’après les plénières, la nuit ne fait que commencé dans un GA. Un soir, c’est le « National Food and Drink party ». Un tour du monde en 70 tables. Un grave danger de perdre les pédales entre les verres de toutes sortes et les spécialités culinaires parfois douteuses. Un de nos délégués avait eu la brillante idée de nous affubler de petites verres autour du cou. Les gens avaient tendance à trop les remplir, même si, ainsi, nous étions plus écolo. Leslie, ma sympathique coloc de la semaine, et moi avion réussi l’improbable pari de s’habiller avec nos drapeaux respectifs, du Québec et du Canada. Cette créativité n’était le fruit que d’une seule pensée : ne pas mettre encore ce chandail rouge aux armoiries de AM2010 que nous avion sur le dos sans cesse depuis le début. Ça a marché, et nous sommes allés faire le tour du monde avec nos petits verres. Les Danois étaient très populaires à cause de leurs chapeaux de vikings (j’en ai d’ailleurs subtilisé un pendant une part de la soirée et tout plein de déléguées ont maintenant des photos de moi en pensant que c’est une photo d’eux avec une authentique Danoise !) et les Israéliens ont déclenché une série de baisers langoureux dans le cou les uns des autres en distribuant tout un tas de colliers en bonbons qui n’avaient le droit que d’être mangés sans les mains. C’était vraiment hilarant.

Il y a aussi eu le « PAMSA party ». PAMSA, c’est IFMSA des Amériques, notre région. Un soir, les latinos, désespérés par la mauvaise musique, ont lancés l’appel : tous dans le hall du bâtiment nord. En quelques minutes, l’un avait trouvé un ordinateur, l’autre des speakers du tonnerre et un autre, une bouteille de tequila. Les gens ont voté avec leurs pieds : en 10 min le hall était rempli, plus seulement des latinos, mais de gens de partout. Un concours de limbo international s’est ensuivi. À la surprise de tous, deux Québécois (dont moi), faisions partie des 3 finalistes. Notre ami Chilien nous a battus au dernier tour.

Ayant trop festoyé après notre victoire, je suis allée me coucher « tôt » le dernier soir, soit vers 2h du matin. Les adieux, ce soir là et le lendemain à l’aurore, étaient déchirants. J’en reverrai certains en Thaïlande pour l’Assemblée de mars, si par miracle je suis de la délégation, d’autres en août prochain à Montréal… la plupart sans doute jamais. Mais j’ai plusieurs dizaines de nouveaux contacts dans autant de pays, la joie !