jeudi 13 août 2009

Tirana la belle

Avec le GA qui se terminait, il fallait vraiment que je décide ce que je faisais. C’est une chose d’être relax, mais à un moment il faut décider, quand on est la veille ! Finalement, j’ai choisi l’Albanie plutôt que la Grèce. Des copinos s’en allaient par là, ça me semblait assez exotique et l’opportunité était belle : quand est-ce que je vais aller en Albanie sinon ? La Grèce, c’est plus facile. On a commencé par une journée à Ohrid même, on était dans le coin depuis une semaine, mais coincés à Prestani, à 30 min, dans notre hôtel miteux. Parenthèse sur l’hôtel : les Macédoniens disaient que c’était du 4 étoiles… ben oui, c’est ça, et on a tous une poignée dans le dos ? Les serveurs étaient immondes, il fallait les chasser pour avoir notre bouillie quotidienne (généralement des nouilles trop cuites et froides avec un moton de feta passé date sur le dessus), et finalement tout le monde mangeait au restaurant à la fin. Je me plains rarement de la nourriture, mais là c’était simplement immonde, et ça se détériorait tous les jours ! Pour ajouter au charme de l’endroit : les toilettes étaient bouchées et inondées en permanence, les lampes nous tombaient dessus (celle de ma chambre est tombée du plafond un jour, comme ça, sans intervention extérieure !) et les murs étaient en carton (quand il y avait des murs, souvent c’était des cloisons qui n’allaient même pas jusqu’au sol).

Donc, on a quitté pour une charmante auberge de jeunesse à Ohrid. La ville était enchanteresse. Super pittoresque, des petites églises partout, des toits en tuiles rouges, des rues escarpées, et le lac, toujours sublime sous tous les angles, surtout du haut des falaises. Je suis allée marcher seule quelques heures, c’était le bonheur. Je m’arrêtais quand j’avais envie, mangeais un peu de ma miche de pain, sommeillait un peu sur une pierre, lisait un peu, marchais encore un peu, … Après 800 personnes et un horaire sans cesse, c’était bienheureux comme moment. Un bon souper, du gelato, de la rigolade sur les balcons de l’auberge. On était une bonne douzaine du GA, alors le « post-GA blues » n’a pas embarqué trop…

Ensuite, l’Albanie. Je me suis réveillée encore toute confuse vers 10h pour me faire dire que l’on partait « là là » ! Oh… ok. 4 Danois partaient en Albanie d’un côté, 2 Britanniques de l’autre. J’ai choisi de suivre les Brits et en moins de deux je me trouvais à courir avec Johny l’Irlandais et à grimper les clôtures barbelées pour qu’on se rende au village vite acheter de quoi se nourrir pendant les 8h de bus. Le bus était terriblement chaud, et nous avons été chanceux d’avoir des sièges. La frontière a pris des heures a passé, très typique des Balkans. Mais on est arrivés charmés (même si suants et crevés) à Tirana. Sans blague, jamais je ne suis arrivée dans un pays en en sachant si peu. J’ai lu la section du « Lonely planet » de quelqu’un d’autre passé la frontière. En fait, quand je suis rentrée en Albanie, je ne connaissais que deux choses : le nom de la capitale et de la monnaie. C’est peu ! Le « Lonely planet » était très instructif, et m’a fait voir Tirana d’une toute autre perspective : la capitale et le pays entier n’ont émergés du communisme il y a à peine plus de 15 ans. Les premiers touristes ne sont arrivés il y a quelques années. La ville a été transformée si rapidement, je ne sais pas comment les gens ont suivi. La population a eu une façon très créative de rendre plus agréable les bâtiments gris hérités du régime : ils ont peinturés sans craindre le ridicule. On voit ainsi un bâtiment à bois, un immeuble à rayures, un autre tout mauve, l’autre vert et orange. C’est trop sympathique. Tirana est sale, bondée, bigarrée… et terriblement attachante. On a eu un super souper très albanais : bruschetta et un fergese, un truc typiquement de la ville, très riche et délicieux, genre de ragoût plein de fromage, d’œufs de viande et d’autres choses non identifiées, le tout cuit dans un plat au four.

Il n’y a malgré tout pas grand-chose à voir à Tirana : après avoir marché, vu le musée, pris une photo de la statue de Mère Teresa, admiré l’opéra et la combinaison de minarets de clochers, … on a pris le bus pour Berat. La religion ici mérite qu’on la mentionne : en Albanie, on retrouve des musulmans, des orthodoxes et des catholiques qui cohabitent dans la plus grande paix. Apparemment, c’était déjà comme ça, mais le régime communiste a déclaré la nation athée et a banni la religion, du coup, tout le monde est très relax sur le sujet. Et on voit vraiment des minarets à côté de clochers, des prêtres et des femmes voilées. Un bel exemple.

Berat a été une surprise délicieuse au sortir d’un autre bus albanais sale et chaud (même si moins sale et moins chaud) : la ville est vraiment une ville musée. Chaque angle semble appeler la photo. Les rues sont pleines de vignes et pavées de petites pierres. Une forteresse, des églises, tout un tas de maisons, tout est d’époque et magnifiquement conservé. L’auberge de jeunesse est une révélation : je n’ai jamais vu d’auberge aussi belle, propre et accueillante. Des raisins et des figues qui pendent, des chambres impeccables et fraichement carrelées, une cuisine top, un jardin éblouissant. Le genre de lieu où les backpackers sans horaire peuvent rester accrochés pour longtemps, très longtemps. J’étais conquise, je ne l’étais que plus quand on a m’a appris que je pouvais manger tous les raisins que je voulais, et toutes les figues. Une orgie de fruits s’est ensuivie.

On s’est immédiatement mis à l’ascension vers le château, un des plus vieux habités en Europe. Ici on est loin des bénévoles chiants de Borobudur : « grimpez partout ! » semble être le moto, on vit dans les ruines ici, on ne les garde pas comme une musée. Je me suis donnée : en 30 sec j’étais sur une tourelle, en train de me hisser au sommet. La vue sur les vallées et les montagnes albanaises était sublime. Le château est vraiment une pure merveille, tout comme les petits églises et musées, pleins de peintures sur bois qui datent de centaines d’années.

Une autre attraction de Berat, qu’on ne trouve pas dans les livres, et créée par ses habitants même : ils marchent. Vous me direz que ce n’est rien de particulier. Mais en fait, ils marchent sur un tronçon de rue particulier : ils le marchent en faisant des aller-retour ! Littéralement, ils arrivent au bout et font un virage à 180 degrés et reprennent dans l’autre sens ! C’est excessivement divertissant. On s’est achetés des maïs grillés et on a regardé la parade, hilares. Puis, pour 2,50$, on a acheté des kilos de légumes, un melon et des pâtes et on est rentrés cuisiner. Un plat fait à la main, le premier en 6 semaines. Ça fait du bien.

Demain, on file vers le sud, à Sarandë. Apparemment, c’est suberpe, et la plage est là. Enfin ! Le plan est d’y rester jusqu’à ce que Johny et moi devions partir vers Thessaloniki pour attraper nos vols respectifs. Elly continuera seule vers le Kosovo. Mon retour vers Paris a été arrangé… ce soir. À moins d’une semaine de mon vol de retour vers Montréal. Même si je vais devoir traverser la Grèce pour me rendre à Thessaloniki, c’était le vol de moins chers à 250 km à la ronde. Lundi je vais donc partir en journée vers la frontière, puis prendre un second bus. Il était temps que je m’arrange un itinéraire ! Je suis bien chanceuse, à travers ces longues heures de bus, j’aurais un Irlandais sac à blague comme voisin de siège.

Bonne nuit, sur ce, je vais aller toucher mon lit

Bisous albaniens.