C'est la folie. 800 personnes. Mon cerveau surchauffe. On est pas fait pour se souvenir, 800 fois, du nom de quelqu'un, de son pays d'origine, du comité auquel il appartient, de son opinion sur la candidature de Montréal, du nombre de GA auquel il a participé, etc.
Jusqu'à hier, nous étions à peine 200, le pre-GA c'était terminé le 4 au soir et hier, c'était farniente. Ce devait, mais les Macédoniens on décidé que l'on devrait changer de chambre, et on a du faire ça pour 9h, alors que nous nouvelles chambres n'étaient pas prêtes avant 13h. On m'a dit que je devais changer d'hôtel, et j'étais à deux poils d'assommer le président du comité organisateur, jusqu'à ce qu'il me dise que, non, en fait, on nous donnait un bungalow. Passé proche.
On a ensuite dépensé la folle somme de 100 denars pour avoir une chaise au soleil, et passé quelques heures tranquilles, entre les copains du pre-GA, avant l'arrivée déferlante des centaines d'autres délégués. L'eau était magnifique, le soleil brûlant, après 3 jours à l'intérieur, c'était divin. Le repos n'a pas duré, dès que le reste de notre délégation est arrivé, le boulot commencait: on avait un kiosque à monter, de la promotion à faire, des dizaines de kilos de matériel à classer. Dans 4 jours, à peine, un vote décidera qui de l'Indonésie (Bali), ou du Canada (Montréal), sera l'hôte de la prochaine assemblée d'août. Comme ça fait un an qu'on bosse là-dessus, pas question de perdre. Il a été décidé que 3h par nuit était un maximum et ce matin, à 7h, j'étais au stand pour mon quart. Les prochains jours seront rudes.
Dans la plus pure suite du désastre logistique macédonien, nous sommes arrivés avec 2h de retard, ou presque, à la cérémonie d'ouverture. Les bus qui devaient nous y transporter n'arrivaient pas, et c'était loin, et ça n'en finissait plus. Le "spectacle" était d'une lourdeur incroyable: mis à part un bon numéro de violon, la panoplie de discours était infinie (je dormais paisiblement sur l'épaule de Shawn, un des délégués ontariens qui vient d'arriver). On a aussi eu droit à une danse folklorique définie comme "difficile et douloureuse". Ce qu'ils ne disaient pas, c'est que c'était douloureux pour l'audience aussi... Sans blague, je croyais que j'avais vu la danse la plus lente du monde en Indonésie, ça c'était pas mal non plus. À la fin, on a eu droit à quelques pliés rapides et c'était tout. On est rentrés soulagés et déçus.
Je ne m'attends donc pas à du sommeil d'ici la fin du GA. Se succèdent des présentations surprises ("Gen, tu ne savais pas que c'était toi qui faisait l'atelier sur ça? Ah ben! C'est pas grave, improvise!"), des réunions, des courses contre la montre et, quelques verres. Moi qui ne sors jamais, ou presque, je trouve pas ça fait beaucoup de bière, d'ouzzo et de metaxa (Grèce!), de vin, ... Et dire que ce n'est que demain que se tient le "International food and drink party", un ramassis indécent de nourriture et de boisons de tous les pays.
C'est un immense tas d'information à la fois: des stats sur l'accès aux médicaments, le fait que les Balkanais semblent agressifs quand ils parlent même s'ils sont contents, un horaire changeant, des Suisses très sympathiques dont il faut se souvenir qui parle allemand/français/anglais, qui a déjà décidé de voter pour Montréal et qui reste à convaincre.
Bref, je cours, je vais bien, je perds déjà ma voix, j'ai bronzé un peu, je serre 300 mains par jour, je fais des tatoos de notre logo à tout le monde qui passe à côté du kiosque, avec ou sans consentement, ... et j'ai trouvé des Grecs pour m'amener à Thessaloniki après, mon plan en Grèce est complètement indéfini, mais le train qui mène à Thessaloniki et le même que celui qui vient de Belgrade, et après mon expérience là, une voiture pour la Grèce me semble mieux. En plus, Dr Benos, notre super confériencier du pre-GA, habite là, et a décidé que je devais souper avec ses étudiants si possible.
Bon bisous de Macédoine à tous, n'oubliez pas que j'aime recevoir vos messages...
